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Le web montréalais en toute convivialité

Nicolas Ritoux
La Presse

Une nouvelle génération d'entrepreneurs web émerge à Montréal, avec pour mot d'ordre la collaboration et l'échange d'idées.

Loin de la compétitivité des grandes entreprises du secteur des TI (technologies de l'information), ces créateurs n'hésitent pas à discuter ensemble de leurs projets individuels, pour favoriser collectivement l'innovation.

«Il y a à Montréal un nombre grandissant d'entrepreneurs indépendants qui créent des projets excitants pour le web, et commencent à attirer les investisseurs. Beaucoup n'en sont qu'à leurs débuts, mais on assiste réellement à un processus de maturation, qui crée de plus en plus d'intérêt», témoigne Austin Hill, entrepreneur de longue date dans les technologies et président de la firme Brudder Ventures, qui a notamment investi dans le site de recrutement StandOutJobs.com.

Ces entrepreneurs, pour la plupart travailleurs autonomes ou chefs de micro-entreprises, ont en commun une culture de soutien mutuel qui rompt avec les stratégies traditionnelles du milieu des technologies.

«On voit beaucoup de jeunes entrepreneurs talentueux qui n'hésitent pas à échanger des conseils et du soutien technique, et à se réunir pour discuter de leurs enjeux communs», dit M. Hill. «C'est une culture importée de la Silicon Valley, où il y a une forte concentration d'entreprises Web en démarrage qui partagent la même culture.»

Les déconférences

Terminées les congrès onéreux et leurs conférenciers-vedettes. Brûlé le costume-cravate. Désertées les salles de conférence des hôtels du centre-ville. Pour cette nouvelle génération d'entrepreneurs web, les apparences d'entreprise n'ont aucune importance, ce qui ne les empêche pas d'avoir le flair pour les projets prometteurs.

BarCamp, DemoCamp, FacebookCamp, RoCoCo, Yulbiz... Tels sont les noms exotiques des «déconférences» (unconferences) qui font fureur dans l'industrie montréalaise du web depuis environ deux ans. Dans ces rencontres, organisées bénévolement par différents groupes de professionnels avec des budgets rikiki, on entre et mange gratuitement, on parle à bâtons rompus de tous les enjeux du métier, et on écoute des conférenciers bénévoles qui se sont inscrits eux-mêmes au programme.

Malgré cette désorganisation apparente, le contenu est au rendez-vous, et le public aussi, composé de tous les métiers du web, du designer à l'investisseur.

«Le principe de la déconférence, c'est de ne conserver que l'aspect informel des congrès traditionnels de l'industrie, où les discussions les plus intéressantes ont lieu dans les couloirs», explique Simon Law, programmeur qui a organisé le troisième BarCamp Montréal le samedi 3 novembre -une journée de 23 conférences-express à la Société des arts technologiques, à laquelle ont participé une centaine de professionnels.

«À BarCamp, les présentations sont courtes alors on ne s'ennuie pas, et l'espace est disposé de manière à favoriser les discussions spontanées», poursuit M. Law. «Les conférenciers peuvent aborder n'importe quel sujet, tant qu'ils ne font pas leur propre publicité. Les gens viennent pour apprendre et dialoguer avec des personnes passionnées et motivées comme eux.»

Camping techno

À DemoCamp, autre événement récurrent organisé par M. Law, les présentateurs doivent montrer un projet fonctionnel qu'ils ont créé, qu'il s'agisse d'un plugiciel pour le BlackBerry réalisé par une entreprise d'Ottawa (iotum.com), ou d'un site web qui cherche à faciliter le covoiturage à Montréal (MyCarPoolStation.com).

On offre une présentation de 15 minutes aux cinq premiers inscrits, et aucun n'a droit aux diapositives: ils doivent montrer un projet fonctionnel. Pour eux, c'est l'occasion de soumettre leurs problématiques et incertitudes à leurs pairs, à un stade avancé de leur projet -c'est-à-dire trop tard pour qu'on leur vole leur idée.

«Tout a commencé en 2003 avec Foo Camp, pour Friends of O'Reilly. Il s'agissait d'un week-end de camping et de conférences, sur le ranch de Tim O'Reilly, important éditeur de manuels informatiques de la région de San Francisco. Par la suite, le concept s'est multiplié un peu partout», explique Simon Law.

«La seule chose qui doit être structurée, c'est de trouver l'endroit où se réunir, mais tout le reste peut être fait informellement», ajoute Sébastien Provencher, cofondateur de Praized Media, entreprise spécialisée dans la recherche d'informations locales sur le web. «On trouve quelques petits commanditaires pour couvrir les coûts et payer un en-cas, mais le but, c'est que ce soit toujours gratuit et ouvert à tous. Ça n'empêche pas d'avoir un contenu aussi instructif que dans les congrès à 500$ le billet.»

Les 23 conférenciers bénévoles du troisième BarCamp de Montréal, qui a eu lieu le samedi 3 novembre à la Société des arts technologiques, ont parlé par exemple du travail en équipe virtuel, de la gestion du temps grâce à la messagerie instantanée, de la recherche de «capitaux providentiels» (angel financing), et de diverses méthodes d'optimisation en programmation.




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