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L'univers tentaculaire des TIC

Michel Marsolais
La Presse

Lorsqu'on veut travailler en aéronautique, on envoie son curriculum vitæ chez Bombardier, chez Pratt & Whitney ou, encore, chez Bell Hélicoptères. Le nombre d'employeurs est assez limité et bien défini. Mais lorsqu'on veut travailler en technologies de l'information, la chose est passablement plus complexe.

On recense officiellement plus de 6000 entreprises au Québec liées à ce domaine. Généralement, les entreprises comme Nortel ou IBM, qui produisent du matériel informatique, sont associées aux TIC; les entreprises utilisatrices (ministères, entreprises de services-conseils, etc.), aux TI. C'est dans ce deuxième volet, qui fourmille d'entreprises de toutes tailles, qu'on retrouve le plus de dynamisme dans l'emploi.

Des analystes informatiques aux techniciens en câblodistribution, plus d'une quarantaine d'appellations sont affichées sur les sites web de recherche d'emploi. Il s'agit de professions souvent très spécialisées répondant à des besoins très pointus, généralement regroupées sous trois grands thèmes : d'abord, les professions liées à la recherche et au développement (R&D); ensuite les professions touchant la fabrication du matériel informatique; finalement, les professions liées aux opérations qui mettent l'accent sur l'utilisation des systèmes.

À noter que les analystes constituent le contingent le plus important parmi les professions de l'informatique et celui dont la progression a été la plus forte au cours des dernières années.

Les programmeurs et développeurs en médias interactifs constituent l'autre groupe connaissant la plus forte évolution. Mais il n'est pas facile de donner une nomenclature précise de l'univers complexe et fluctuant des TIC, qui regroupe des métiers aussi divers que des gestionnaires de système, des concepteurs de page web, des graphistes, des évaluateurs de logiciels ou des ingénieurs en informatique.

De même, des activités de R&D en technologies de l'information se trouvent autant chez les joueurs du secteur financier que chez les manufacturiers de télécommunication.

De plus, les emplois gravitant autour des technologies de l'information transcendent maintenant la plupart des secteurs. Une foule de métiers traditionnels exigent désormais l'apprentissage de certaines technologies pour la saisie ou la prise de données. Des fonctionnaires, des médecins, des vendeurs, voire des travailleurs forestiers et des agriculteurs doivent souvent manipuler des données numériques dans le cadre de leurs fonctions quotidiennes.

De nouveaux secteurs, tels que la biométrie et la protection contre le vol d'identité, ou encore le virage HD (haute définition) de la télévision, la place grandissante de la vidéo sur le web et la baladodiffusion sont autant de changements dans le paysage des communications qui nécessiteront des spécialistes en TI.

Que cherchent les employeurs en TIC?

«Les employeurs ne cherchent pas seulement des surdoués de la programmation», rappelle Huguette Camirand, directrice Finances au Conseil des technologies de l'information et des communications. Les entreprises recherchent souvent des gens ayant des aptitudes générales dans différents domaines, telles les affaires et la gestion de projet. Le leadership, la créativité et la capacité de travailler en équipe sont également recherchés.

L'anglais est presque incontournable et l'usage d'autres langues est un atout dans plusieurs entreprises à vocation internationale.

Normand Roy, directeur du Centre d'études sur l'emploi et la technologie d'Emploi-Québec, note aussi que les travailleurs des TI doivent être prêts à travailler dans des milieux où la concurrence est aussi forte que la pression au rendement. «Ce sont des métiers très exigeants», souligne-t-il.

Dans le secteur des TI, l'entrée initiale sur le marché du travail continue de représenter un grand défi pour les finissants qui sortent des écoles. Les employeurs continuent souvent de privilégier l'expérience. Ils affichent aussi une nette préférence pour les études complètes et les certifications reconnues.

Ceci ne les empêche pas de se plaindre fréquemment de la formation offerte dans le milieu de l'enseignement et qui ne convient pas toujours à leurs besoins particuliers. Le comité sectoriel TECHNOCompétences souligne d'ailleurs que les entreprises les plus satisfaites de leur main-d'oeuvre sont celles qui s'impliquent en amont dans la formation.




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