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Santé : le Québec tarde à se brancher

Le Québec a été la dernière province, en 2006, à adhérer au programme visant l'implantation d'un dossier de santé électronique pour les patients. Mais cette fois, ca y est ! D'ici 2010, le Québec sera doté d'un dossier de santé électronique.

Peu importe l'hôpital ou la clinique, le médecin aura accès à des informations cruciales qui concernent son patient. Mais de vives inquiétudes se font entendre. Le colloque sur l'informatisation du réseau de la santé organisé par l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux cette semaine est l'occasion, pour La Presse, de faire le point.

L'obligation de demander à tous les patients s'ils veulent ou non que leur dossier de santé soit informatisé est une aberration, dénoncent les médecins. Au point de mettre en péril le Dossier de santé du Québec, un projet de 547 millions.

Avec le Dossier de santé du Québec, les médecins, pharmaciens et infirmiers auront accès à certaines données informatisées. Ils sauront quels médicaments prend leur patient, quels sont les résultats d'un examen d'imagerie médicale ou encore, le bilan de ses plus récentes analyses sanguines.

Dans le réseau de la santé, tous les professionnels s'entendent pour dire que l'informatisation est essentielle. Le Québec accuse un retard à ce chapitre.

Mais à quelques mois du lancement d'un projet-pilote visant l'implantation d'un dossier de santé électronique dans la région de Québec, la notion d'adhésion volontaire du patient (opting in) constitue un frein considérable, estiment plusieurs.

«L'opting in pose de nombreux problèmes. La différence entre l'opting in (adhésion volontaire) et l'opting out (demander d'être non participant) fera en sorte que ce projet sera un éléphant blanc ou non», lance le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette.

L'adhésion volontaire est source de vives inquiétudes, renchérit le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Renald Dutil. Les médecins de famille sont les premiers concernés dans le projet. Ce sont eux qui, dans leur cabinet privé, devront expliquer aux patients en quoi consiste le dossier santé.

«Nous souhaitons réussir l'implantation du projet, mais tel que le dossier est conduit actuellement, nous craignons d'avoir des échecs importants», lance le Dr Dutil, rappelant que le médecin est déjà surchargé.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on est conscient des réserves émises par plusieurs professionnels de la santé. Mais la notion d'adhésion volontaire a fait l'objet d'un consensus lors d'une commission parlementaire, il y a deux ans. Elle précédait le projet de loi qui a donné naissance au Dossier de santé du Québec, rappelle le directeur des projets pour ce programme, le Dr André Simard.

«Dans le cadre du projet-pilote, nous allons travailler pour voir comment faire de l'opting in un succès. Nous allons regarder les possibilités pour que le consentement puisse se faire simplement et ne pas faire en sorte qu'on mette en péril le succès», dit le Dr Simard. Les médecins devront être des «ambassadeurs» du projet. Mais ce n'est pas nécessairement eux qui devront expliquer le projet aux patients, ajoute-t-il.

Les médecins ne sont pourtant pas les seuls à tirer la sonnette d'alarme. Les pharmaciens aussi s'inquiètent. Lorsque le régime public d'assurance médicaments a été implanté, il y a 10 ans, ce sont eux qui ont dû répondre aux nombreuses questions des patients. Ils ne veulent pas recommencer.

Le colloque organisé par l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) cette semaine est une belle occasion de faire le point sur l'informatisation du réseau de la santé.

Sur cette question, le Québec est en retard, note la directrice générale de l'AQESSS, Lise Denis. Le Dossier de santé du Québec est un incontournable. Il permettra une communication à l'échelle provinciale.

«Mais il y a des inquiétudes dans nos établissements», dit-elle. Ce projet d'envergure entraînera des coûts supplémentaires pour les établissements. Et là aussi, la question de l'adhésion volontaire inquiète. «Il serait beaucoup moins onéreux en termes de ressources humaines et financières d'avoir un opting out», croit d'ailleurs Mme Denis.

À ce jour, la plupart des hôpitaux et CLSC possèdent certains systèmes informatisés, notamment pour la radiologie et le laboratoire. Mais seulement une dizaine sur 144 établissements ont un système informatique qui permet à tous les intervenants d'un établissement de communiquer entre eux des informations sur le patient.

Un québec branché sur ses malades

Projet totalisant 547 millions au Québec, l'implantation d'un dossier de santé électronique pour les patients est un programme commun entre les provinces et le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire d'Inforoute Santé du Canada.

Le Dossier de santé du Québec comprend plusieurs volets: la médication du patient, les examens d'imagerie médicale comme les radiographies et les scans ainsi que les tests en laboratoire comme les analyses sanguines.

Pour l'instant, ce programme ne fera pas disparaître les dossiers papier. Il permettra aux professionnels de la santé d'avoir accès aux données les plus pertinentes pour connaître rapidement l'état de santé d'un patient qui se présente à l'hôpital, peu importe que cette personne soit suivie ou non dans cet établissement.

L'implantation sera progressive dans l'ensemble de la province. L'informatisation en ce qui concerne l'imagerie médicale est en cours dans certaines régions, dont Montréal et Québec. Elle sera achevée dans l'ensemble de la province en 2009.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux travaille actuellement à développer les deux autres volets, à savoir les tests de laboratoire et la pharmacologie du patient.

Un premier projet-pilote doit débuter en avril 2008 dans la région de Québec. Cette expérience sera l'occasion de faire la preuve que le Dossier de santé du Québec est utile et sûr pour la confidentialité du patient.

«Nous allons voir comment la population va réagir et sur quels aspects elle a besoin d'être rassurée», indique le Dr André Simard, directeur des projets pour le Dossier de santé du Québec au ministère.

En 2010, le projet devrait être implanté dans toute la province, pour tous les volets.




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