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Les DRM: casse-tête de l'industrie musicale

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AFP
Cannes

Entre protection des droits et liberté du consommateur, le débat sur les DRM, verrous de sécurité installés sur les fichiers numériques, agite l'industrie musicale, réunie au Midem à Cannes.

L'une des conférences de dimanche s'intitulait «A-t-on vraiment besoin des DRM ?», signe que ces trois lettres soulèvent bien des questions.

Les DRM («Digital Rights Management») servent à vérifier si le consommateur a le droit d'écouter un morceau acheté sur internet, de fixer le nombre de copies qu'il lui est permis de faire et de surveiller les transferts vers les différents appareils numériques (baladeurs, ordinateurs...).

Les «majors» du disque considèrent les DRM comme un moyen efficace de protéger leurs morceaux et d'éviter qu'ils soient «piratés» et rendus disponibles sur les réseaux d'échanges gratuits P2P.

Mais les anti-DRM dénoncent les conditions d'utilisation restreintes que ceux-ci imposent aux consommateurs : nombre de copies limité, impossibilité d'écouter sur plusieurs appareils des fichiers pourtant achetés légalement et absence d'interopérabilité (compatibilité entre différents types de matériel).

Ainsi, un possesseur de baladeur iPod d'Apple, qui écrase le marché mondial, ne peut acheter de la musique protégée que sur le site de la firme à la pomme, iTunes.

Pour certains, les DRM freinent donc l'explosion du marché de la musique numérique. Car le seul format lisible sans limitation sur tous les appareils est le MP3, celui qu'on trouve sur les réseaux gratuits P2P.

«Nous n'avons pas de position philosophique sur les DRM. Mais l'interopérabilité est notre préoccupation : vendre des MP3 est un gros avantage car notre musique peut être lue partout», a souligné dimanche David Pakman, président du site américain eMusic.

eMusic revendique la place de deuxième plate-forme au monde derrière iTunes grâce à la vente de fichiers MP3 issus du catalogue de labels indépendants.

En France, Virginmega et Fnacmusic (numéros 2 et 3 du marché derrière iTunes) viennent de lancer un pavé dans la mare en annonçant qu'ils mettaient en vente quelque 200 000 titres en MP3. Des titres là aussi fournis par des labels indépendants puisque pour l'heure, les «majors» ne semblent pas prêtes à renoncer aux DRM.

«L'industrie musicale doit protéger ses droits, sinon on en arrive à un point où il n'y a plus de respect de la propriété intellectuelle», a lancé Mitch Bainwol, responsable de la RIAA (association des producteurs américains) lors d'un débat houleux avec son compatriote Gary Shapiro, de la CEA (association des industriels de l'électronique grand public).

Le point de vue inflexible des «majors» vis-à-vis des DRM pourrait cependant évoluer dans un avenir plus ou moins proche. Fin 2006, EMI a testé la vente d'une chanson de Norah Jones en MP3 sur le site Yahoo!Music.

En France, les DRM figurent dans la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins (DADVSI) d'août 2006.

Le débat a aussi des résonances européennes. En 2006, le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, avait émis une recommandation visant à éliminer la rémunération pour copie privée, redevance accordée aux auteurs sur les supports vierges (CD, DVD, lecteurs MP3).

Les industriels de l'électronique militaient pour cette suppression en invoquant l'essor des DRM (et donc la limitation de la copie).

Mais cette recommandation a été reportée sine die mi-décembre par la Commission devant l'opposition des artistes et d'une douzaine d'Etats membres, dont la France.




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