Le baiser soufflé

Mis à jour le 30 janv. 2019

Du petit bec innocent au french-kiss langoureux, il existe toutes sortes de baisers qui ont une signification forte. D'un continent à l'autre, il s'exprime différemment, reflétant bien les comportements sociaux des habitants. Petit lexique pour les amoureux de la langue.

Le baiser soufflé

Paume vers le ciel, main devant la bouche, soufflez et c'est parti ! Qu'il soit utilisé en raison de l'éloignement physique du destinataire ou pour exprimer de façon différente notre attachement, le bisou soufflé se distingue joliment des autres baisers. Le destinataire peut même l'attraper au vol, s'il le veut.

Le baise-main

En référence à l'amour courtois du Moyen-Âge, le baise-main est à la mode au 19e siècle. Tour à tour signe de respect, de courtoisie ou de dévouement, il s'agit ici surtout de rendre hommage. D'ailleurs, les lèvres ne touchent jamais la main; le geste prend toute son ampleur dans l'inclination du corps, démontrant plus d'humilité que de sensualité.

Le french-kiss

Son nom viendrait des soldats américains et remonterait à la Première Guerre mondiale. Les moeurs libérées des Français(es) en auraient choqué plus d'un au point de baptiser ainsi ce baiser profond et lascif. Tout le monde le connaît : il commence par une grande complicité, un regard, une approche...et puis les langues s'emmêlent. Signe d'une grande attirance physique, préliminaire exquis et prometteur d'autres voluptés, il est sensuel et érotique, un don naturel de soi.

Le baiser russe

Tombé en désuétude, le baiser russe consistait en un échange de trois baisers sur les joues suivi d'un autre très franc sur la bouche. Purement protocolaire et totalement asexué, il démontrait simplement l'amitié et la fraternité. Il a été remplacé par une poignée de main, les dirigeants soviétiques y voyant un gain de temps ainsi qu'un respect de la nouvelle loi anti-homosexuelle de 2013. Dommage, voilà un beau signe de la diversité culturelle qui s'envole.

La bise

Signe de salutation ou d'affection, la bise consiste à apposer sa joue sur celle de l'autre durant un court instant. Si ce rituel peut vous paraître très commun, il en existe une variété innombrable. Par quelle joue commencer ? Doit-elle être sonore ou silencieuse ? Combien faut-il en donner et à qui ? Peut-on l'accompagner d'une poignée de main ou d'une accolade ? Autant de variantes qui rendent cette pratique pourtant familière si complexe.

Le baiser papillon

D'origine encore inconnue, le baiser papillon serait une autre façon de s'échanger tendrement un signe d'affection. En s'approchant très près du visage de l'autre jusqu'à ce que nos cils se touchent, on bat très rapidement des paupières, ce qui donnerait l'impression d'être caressé par les ailes délicates d'un papillon.

Le baiser esquimau

Mignon comme tout et instinctivement adopté par certains parents auprès de leurs tout-petits, le baiser esquimau consiste à se frotter le bout du nez mutuellement. Il est très différent du bisou inuit, appelé kunik. Celui-ci fait habituellement office de salutation entre membres d'une même famille : en appuyant son nez et sa lèvre supérieure sur la joue ou le front de l'autre et en inspirant, on exprime l'affection qu'on a pour l'autre.

Le baiser du lézard

On innove ! Ils'agit d'un baiser à forte connotation sexuelle. Il ne faut pas être trop prude pour le pratiquer en public : les langues, dans une danse frénétique et plus ou moins syncopée, se rencontrent à l'extérieur de la bouche. Pourquoi pas ? Après tout, le kamasutra, écrit aux environs du 5e siècle et qui comporte pas moins de 16 façons de s'embrasser, mérite bien une petite mise à jour !