Inspirée par d'autres athlètes comme Clara Hughes et Chandra Crawford, la double médaillée olympique Jennifer Heil désire maintenant en inciter d'autres à l'imiter et à s'impliquer activement pour améliorer le sort de ceux que la vie a moins gâtés.

Mis à jour le 24 févr. 2010
Marc Delbès LA PRESSE CANADIENNE

Elle n'a pas eu à chercher trop loin puisque son coéquipier Alexandre Bilodeau, le premier médaillé d'or canadien aux Jeux de Vancouver, a décidé de lui emboîter le pas.

Ces deux athlètes ont annoncé, mercredi matin, qu'ils lançaient des campagnes de financement pour deux organismes qui leur tiennent à coeur. Ils ont d'ailleurs fait un don personnel respectif de 25 000 $, au programme «Because I am a Girl» de Plan Canada pour Heil, et à l'Association canadienne des centres de santé pédiatrique pour la recherche sur la paralysie cérébrale, dans le cas de Bilodeau.

«Quand je me suis rendue en Afrique en 2008 dans le cadre d'un programme de Plan Canada, j'ai vu des jeunes filles fréquenter l'école grâce aux bourses de l'organisme, a expliqué Heil, médaillée d'argent dans l'épreuve des bosses à Vancouver.

«Une fille de 13 ans m'a dit que parce qu'elle pouvait aller à l'école, elle devenait une citoyenne à part entière. Ça m'a touchée et fait réaliser combien j'étais chanceuse d'être Canadienne, de pouvoir vivre mes rêves ici à Vancouver.»

Plan Canada est un organisme qui vise la mobilisation pour assurer la justice sociale aux enfants dans les pays en développement.

Depuis trois ans, la Montréalaise d'adoption s'efforce de transmettre ce message sur toutes les tribunes.

«Je crois qu'il est important que les gens puissent croire et réaliser leur rêve.» Et elle profite maintenant de la tribune olympique pour encourager tous et chacun à faire la différence.

Au village des athlètes, Heil et Bilodeau ont eu l'occasion de croiser le hockeyeur Scott Niedermayer, qui a décidé de faire sa part dans leurs campagnes de financement.

Bilodeau, couronné champion olympique des bosses, a expliqué qu'il s'est présenté aux Jeux de Vancouver avec deux missions. Il espérait d'abord inspirer au moins un jeune Canadien à faire du sport et à aller au bout de ses rêves et, ensuite, de redonner à ceux qui lui ont permis de se rendre là où il en est.

«Tout le monde sait maintenant que mon frère Frédéric est atteint de paralysie cérébrale. La première cause qui m'est venue en tête, c'est donc celle de mon frère.

«Personne ne peut prétendre qu'il est devenu champion olympique tout seul. Il faut beaucoup d'aide. Mes parents m'ont donné tout ce dont j'avais besoin. Ces derniers jours, j'ai ressenti le besoin profond de redonner. Le mot que Jenn et moi lançons aujourd'hui à tous, c'est donner à votre manière, que ce soit votre temps, votre argent ou du matériel. Ces fondations peuvent faire la différence. C'est peut-être le début de quelque chose de grand. On l'espère du plus profond de notre coeur.»

Bilodeau a l'intention de mettre à contribution les autres joueurs de l'équipe canadienne de hockey et il tente également de contacter Phil Mickelson pour qu'il passe le mot sur le circuit de la PGA.

La victoire de Bilodeau a déjà beaucoup fait pour la cause des personnes souffrant de paralysie cérébrale. L'image des deux frères s'étreignant au bas de la piste à l'issue de la performance historique a démystifié la maladie, qui regroupe l'ensemble des infirmités affectant le mouvement du corps et la coordination.