Jennifer Heil a peut-être cédé son titre olympique des bosses, samedi soir, mais elle est toujours la championne des Canadiens.

Mis à jour le 14 févr. 2010
Michel Delbès LA PRESSE CANADIENNE

Au lendemain de sa médaille d'argent acquise sous une pluie froide à Cypress Mountain, la Montréalaise d'adoption préférait célébrer sa performance plutôt que de s'apitoyer sur son sort.

«Il ne fait aucun doute que j'avais la médaille d'or dans ma mire. J'y pense à tous les jours depuis quatre ans, a avoué Heil, accueillie par des applaudissements chaleureux quand elle s'est présentée avec ses deux autres coéquipières de l'équipe canadienne au centre international des médias de la Colombie-Britannique.

«C'est pour ça que j'ai travaillé si dur avec mon équipe au cours des quatre dernières années. J'ai vraiment le sentiment d'avoir gagné cette médaille d'argent. Ce matin, je réalise un petit peu plus et je suis vraiment fière d'être Canadienne. Ma médaille est celle du Canada et de tous les Canadiens.»

Les athlètes canadiens qui avaient à offrir leur performance dès la première journée de compétitions aux Jeux de Vancouver avaient beaucoup de pression, surtout que le Canada cherche à mettre fin à sa disette de médaille d'or lorsque les jeux sont présentés au pays. Ce facteur n'a jamais incommodé Heil.

«En terme de pression, je ne vois pas la différence sur la valeur de gagner une médaille d'or que ce soit la première journée des jeux ou au jour 10. Le Canada récoltera plusieurs médailles d'or à ces jeux. Je pense qu'il faut célébrer toutes nos performances.

«Le train des médailles du Canada a quitté la station», a-t-elle ajouté avec humour.

Témoignage d'affection

Heil a eu droit à un incroyable témoignage d'affection et de soutien des spectateurs samedi. Quand l'Américaine Hannah Kearney, la dernière concurrente en piste, lui a soufflé la victoire, elle a été ovationnée.

«D'être au sommet de la piste et d'entendre les cris d'encouragement de la foule, c'est un moment que je n'oublierai jamais.

«Hannah a réalisé la descente de sa vie aux Olympiques. C'est une réalisation incroyable car elle a connu de grosses déceptions à ses précédents jeux, ratant la finale en 2006 alors qu'elle faisait figure de favorite. Cette finale nous a offert ce qu'il y a de plus beau dans le sport.»

Les Jeux en 2014?

Heil, âgé de 26 ans, n'a ménagé aucun effort pour se présenter à Vancouver au meilleur de sa forme. Après une saison 2006-07 couronnée de succès, elle a pris une pause de 18 mois du ski acrobatique pour compléter ses études universitaires mais surtout pour régler un problème récurrent au genou droit.

«Je n'ai jamais été aussi bien préparée pour les Jeux, a reconnu celle qui avait terminé 4e à Salt Lake City en 2002. J'aime la compétition. C'est pourquoi je suis ici et que j'ai persévéré après Turin. Je voulais voir à quel point je pouvais élever mon niveau de compétition.»

Et la quadruple championne de la Coupe du monde n'entend pas en rester là.

«Nous avons encore cinq Coupes du monde à disputer cette année. Il y a encore beaucoup à faire.»

Et qu'en est-il des prochains Jeux à Sotchi en 2014?

«Moi, je voudrais participer à des Jeux olympiques toute ma vie.»