La patineuse de vitesse courte piste Marianne St-Gelais a tout ce qu'il faut pour devenir la coqueluche de l'équipe olympique canadienne à Vancouver.

Mis à jour le 18 févr. 2010
Marc Delbès LA PRESSE CANADIENNE

Spontanée, attachante, amusante, tout le monde est tombé sous le charme de la jeune femme de St-Félicien, jeudi, au lendemain de la conquête de sa médaille d'argent au 500 mètres.

Son histoire a tout pour plaire. Ce n'est pas tous les jours qu'on s'offre une médaille d'argent aux Jeux olympiques le jour de ses 20 ans en présence de ses parents et, surtout, de son copain, Charles Hamelin, qui est aussi son coéquipier et chef de file de l'équipe canadienne de courte piste.

La blonde patineuse a avoué qu'elle avait encore du mal à réaliser ce qui lui arrive. Mais elle assure qu'elle n'a pas l'intention de changer.

«Une deuxième place, c'est plus qu'un rêve, a-t-elle reconnu. Oui, j'en prends conscience car je revois la reprise de ma course aux 10 minutes à la télévision. Mais quand je vais tenir la médaille dans mes mains ce soir - les remises de médailles ont lieu au B.C. Place - et que je vais sentir toute l'énergie des encouragements dans le stade, je vais sans doute le réaliser pleinement.»

Charles Hamelin, qui a suivi sa course avec grand intérêt la veille, se plaît à répéter que l'image que Marianne dégage en public est fidèle avec ce qu'elle est réellement dans la vie.

Maintenant qu'elle est propulsée à l'avant-scène, comment va-t-elle composer avec la situation?

«Je veux rester la fille simple et souriante que je suis. Ca m'a toujours rapporté dans la vie. Si je change, ce ne sera plus la Marianne que les gens connaissaient.»

Et elle a bien faire rire tout le monde quand elle a raconté que sa notoriété nouvelle a même retenu l'attention des hockeyeurs professionnels, qui habitent le village olympique pendant les Jeux.

«Marc-André Fleury m'a serré la main aujourd'hui dans l'ascenseur. Wow! Il m'a dit félicitation, tu as fait une belle course. C'est le fun de se faire reconnaître.»

Et comment voit-elle le fait d'avoir gagné une médaille avant Charles, qui était pressenti comme l'un des premiers médaillés du Canada aux Jeux mais qui a échoué à faire la finale au 1500 mètres, samedi dernier?

«En fait, ce n'était pas un défi entre nous. Mais tout compte fait, j'aurais dû parier là-dessus, j'aurais pu me faire un peu d'argent.»

Et plus sérieusement, elle a ajouté: «Charles est extrêmement stressé quand je patine. Maintenant qu'il sait que j'ai ma médaille, il peut se concentrer sur ce qu'il a à faire. Je pense qu'il est prêt à en mettre plein la vue.»

Progression rapide

Depuis son arrivée à Montréal il y a environ trois ans, St-Gelais a fait des pas de géant. En janvier 2009, elle était couronnée championne du monde junior sur 500 mètres, améliorant au passage le record du monde chez les juniors. Aujourd'hui, elle est médaillée olympique.

«Tous les mérites vont à mon entraîneur Sébastien Cros, a reconnu St-Gelais modestement. Quand je suis arrivée à Montréal, il devait se demander ce qu'il allait faire avec la petite fille du Lac (Saint-Jean), une énervée. Il a réussi à faire des miracles. Il a appris à me connaître et il a adapté mes entraînements avec ma personnalité.»

N'empêche qu'il lui a fallu y mettre les efforts et elle le reconnaît.

«J'ai travaillé super fort. Je sors d'un petit coin de pays. Le monde disait que je n'avais pas de potentiel. J'ai toujours travaillé fort pour parvenir à mes fins. Mes parents m'ont inculqué ça.»

A l'assaut de Wang

Face à l'intouchable Chinoise Wang Meng, qui a poursuivi sa domination sur 500 mètres, mercredi, St-Gelais n'a jamais été en mesure d'inquiéter la championne mais elle ne désespère pas de se rapprocher dans l'avenir.

«La stratégie en finale, c'était de rester le plus près de Wang, a-t-elle analysé. Mais elle est extrêmement rapide. J'avais beau patiner dans des temps que j'atteins rarement, elle gardait l'avance.

«Quand j'ai vu qu'elle se détachait et qu'elle prenait l'avance, mon objectif c'était de regarder ses fesses et je me disais: "Va la chercher". Ca m'a motivé à continuer à foncer.»

Et à la question d'un journaliste si elle avait l'intention de se rapprocher des fesses de Wang, elle a répondu du tac au tac: «J'y compte bien».

Comme ses Jeux ne sont pas encore terminés - elle prendra part au relais et peut-être même au 1000m - elle devra patienter au 28 février pour fêter pleinement ses 20 ans.