La date est la même : le 18 février. Mais Martin Brodeur espère que quatre années plus tard, le résultat sera différent.

Mis à jour le 18 févr. 2010
François Gagnon LA PRESSE

Il y a quatre ans, jour pour jour, le Canada s'est fait blanchir 2-0 par la Suisse aux Jeux de Turin semant ainsi la frénésie dans le petit pays européen et consternation dans la grande nation du hockey.«Ce fut une journée horrible. Plusieurs facteurs ont contribué à ce revers. De fait, nous avons vécu une complète débandade ce jour-là», a indiqué Chris Pronger.

Pronger pourra se reprendre. Tout comme Martin Brodeur qui sera devant le filet après avoir cédé le but à Roberto Luongo lors de la rencontre initiale face à la Norvège.

Rencontre que le Canada a gagnée 8-0.

«Cette défaite nous avait grandement affectés. C'est difficile de perdre un match quand tu obtiens 52 tirs. Mais c'est oublié et il ne faut pas en faire une fixation», a indiqué le gardien québécois qui aura l'occasion de se reprendre aujourd'hui.

«Je suis convaincu que les gars s'en rappellent et que les coachs vont avoir de bons mots pour s'assurer qu'on s'en souviennent.»

Entraîneur-chef du Canada, Mike Babcock donnera raison à Brodeur.

«Nous avons bien regardé leur premier match (défaite de 3-1 aux mains des Américains). Ne me demandez pas de vous nommer tous les gars de cette équipe, mais un de leurs quatre trios a obtenu neuf occasions de marquer lors du premier match contre les États-Unis. Ils ont remis la rondelle en zone adverse 33 fois pour ensuite forcer le jeu avec un échec-avant soutenu. Ils ont un très bon gardien en Jonas Hiller. Un gardien que certains de nos gars - Ryan Getzlaf et Corey Perry - connaissent bien. Nous utiliserons donc leurs petites notes avant le match. N'ayez crainte : notre équipe sera prête. Ce sont les Jeux olympiques. Tous les athlètes, dans toutes les disciplines viennent ici pour leur moment de gloire. Ils veulent gagner autant que nous», a indiqué Babcock.

«Junkies à l'adrénaline»

Cela dit, l'entraîneur-chef ne croit pas qu'il aura besoin de trop insister. Le désir de vaincre, le désir de vengeance des joueurs qui ont vécu cette défaite gênante, devrait canaliser assez d'émotion pour que le Canada ne soit pas pris les patins dans le ciment.

«Les athlètes sont des «junkies» à l'adrénaline. Vous ne pouvez savoir à quel point ils jouent pour cette sensation grisante. Et cette quête d'adrénaline ne se perd pas avec l'âge. J'ai eu la chance au cours de ma carrière d'entraîneur de diriger des vétérans au passé fabuleux dans la LNH. Des gars comme Chris Chelios ou Nicklas Lidstrom par exemple. Ces gars pouvaient être très moyens ou carrément mauvais en cours de saison régulière, mais une fois en finale de la coupe Stanley, ils me donnaient le meilleur hockey qu'ils pouvaient me donner. C'est ce que j'attends de nos vétérans comme Niedermayer, Pronger, Iginla et Martin Brodeur», a lancé Babcock à la veille de l'affrontement contre la Suisse.

Cette déclaration donne plus de poids encore à la prétention générale, ici à Vancouver, selon laquelle le filet du Canada appartient à Martin Brodeur.

Pourvu qu'il ne l'échappe pas.

«Nous avions décidé de partager le travail lors des deux premiers matchs. Pour le reste, on verra», a simplement indiqué Babcock en ce qui a trait à ses gardiens.

Cela dit, il a été clair quant au fait que Marc-André Fleury ne verra pas de match au niveau de la glace, même comme adjoint, à moins d'une blessure à l'un des deux premiers gardiens.

Entre les lignes

La défaite d'il y a quatre ans aux mains de la Suisse était la première en sept affrontements...

Paul DiPietro, un ancien du Canadien, avait hanté son pays d'origine en marquant les deux buts...

Il sera intéressant de voir si Hnat Domenichelli, natif d'Edmonton, pourra jouer le même tour au Canada. Domenichelli a joué son hockey junior à Kamloops dans la Ligue de l'Ouest. Il était coéquipier avec Jarome Iginla. Les deux ont gagné la coupe Memorial en plus de remporter l'or, en 1996, au Championnat du monde de hockey junior. José Théodore était alors le gardien du Canada...

En dépit de la défaite de 2-0 encaissée à Turin, le Canada a marqué 78 buts et en a accordé seulement sept aux Suisses en huit duels entre les deux pays...

Il faut dire qu'à Chamonix, en 1924, le Canada a battu la Suisse 33-0 dans ce qui est encore aujourd'hui la victoire la plus décisive de l'histoire du hockey aux JO...

Lors de l'entraînement d'Équipe-Canada, mercredi, les entraîneurs ont insisté sur le travail en désavantage numérique et aux systèmes à implanter. «On n'a eu qu'une journée pour rappeler aux joueurs de quelle façon nous voulons disputer nos matchs. Notre enseignement doit donc être rigide afin que tous comprennent leur rôle. Le calendrier nous favorise, car nous croisons des équipes moins fortes en commençant. Cela nous permettra de faire nous erreur et de compléter l'apprentissage avant de passer aux matchs plus serrés.

Dix-sept des joueurs du Canada ont récolté au moins un point dans la victoire de 8-0 aux dépens de la Norgège.

Après révision officielle, Jarome Iginla a été crédité du 8e et dernier but de son équipe. Un but qui a été accordé initialement à son compagnon de trio Rick Nash...

Le trio de Crosby, Iginla et Nash a récolté trois buts et cinq passes pour un total de huit points. Crosby a récolté trois passes...

Le match débute à 16 h 30 heure du Pacifique. À 19 h 30 à l'heure de l'Est...