Médaillée d'or des derniers Jeux olympiques, la Suède a amorcé timidement la défense de son titre avec une victoire de 2-0 aux dépens de l'Allemagne.

Mis à jour le 18 févr. 2010
François Gagnon LA PRESSE

Mais au-delà du pointage final, le premier match de la Suède retenait surtout l'attention en raison du retour sur la scène mondiale de Peter Forsberg.

Forsberg évoluait en compagnie d'Henrik Zetterberg et Patric Hornqvist. Blanchi de la feuille de pointage, il a effectué 17 présences sur la patinoire totalisant 12:57 de temps d'utilisation.

Même s'il a été blanchi de la feuille de pointage et n'a pas obtenu de tir au but, Forsberg, malgré ses 36 ans et du fait qu'il n'a disputé que 58 matchs lors des quatre dernières saisons, a démontré de belles aptitudes sur la patinoire.

«Je suis ravi d'être de retour. Je me sens bien. J'étais pas mal nerveux avant la partie et il me faudra quelques matchs pour m'habituer à la petite superficie de la patinoire. Mais avec tout ce qui m'est arrivé depuis 2006, avec tous les retours que j'ai tentés et qui ont échoué, je suis simplement heureux d'être là», a mentionné Forsberg.

Auteur de 249 buts et 885 points en 706 matchs disputés au cours de ses 13 saisons passées dans la LNH - une moyenne de 54 parties seulement par saison - Forsberg a quitté la LNH après la saison 2007-2008 en raison de blessures récurrentes à un pied.

Il a aussi été victime d'une perforation de la rate alors qu'il évoluait au Colorado. Plusieurs blessures en cascade ont miné ses dix dernières saisons.

Cette année, il a dû composer avec une blessure aux côtes.

LNH: retour peu probable

Si les blessures l'épargnaient un peu et que le tournoi de Vancouver lui permettait de réaliser qu'il est encore capable de rivaliser avec les meilleurs, Peter Forsberg pourrait-il revenir dans la LNH l'an prochain?

«J'en doute fortement. Comprenez-moi bien, j'aimerais jouer à nouveau dans la LNH. Mais je ne suis pas convaincu que cela est réaliste. Je ne suis même pas certain de comprendre ce que je fais ici. Au moins, je ne suis pas le plus vieux. Nicklas Lidstrom me bat par quelques années. J'ai disputé mes premiers Jeux en 1994. Ça fait un bout de temps. Les gars autour de moi ont rajeuni. Cela me sert de source de motivation, mais le jeu se déroule pas mal plus vite autour de moi. Je me dis que quelque part, l'expérience acquise au fil de ma carrière me permettra de compenser. On le verra au cours de ce tournoi alors que j'espère être en mesure de disputer six ou sept matchs et de gagner la médaille d'or», a indiqué Forsberg.

Héros de la conquête de 1994, à Lillehammer, où il avait déjoué le gardien Cory Hirsch en tir de barrage, Forsberg a hoché la tête lorsque des journalistes lui ont demandé s'il pourrait marquer un but similaire - on a créé un timbre pour immortaliser sa feinte aux dépens du gardien canadien - à Vancouver.

«Je ne suis pas convaincu que je serais encore capable. Mon rôle a changé. Je vais simplement faire tout mon possible pour aider notre équipe», a conclu Forsberg qui a marqué 9 buts et récolté 20 points en 17 rencontres disputées avec le Modo dans la Ligue élite de Suède.

«C'était plaisant de le revoir avec nous. Il a toujours le même talent et je suis convaincu qu'en dépit de tout ce qui lui est arrivé il a encore beaucoup d'excellent hockey à offrir», a pour sa part commenté Daniel Alfredsson.

Forte opposition allemande

Mieux nantis en fait de joueurs de la LNH - Marco Sturm, Marcel Goc, Jochen Hecht, Christian Ehrhoff et Dennis Seidenberg - plus organisés sur la patinoire que les autres «petits pays» du tournoi olympique, les Allemands ont vraiment donné des ennuis aux Suédois.

Après les victoires de 8-0 du Canada contre la Norvège, de 8-2 des Russes aux dépens des Lettons, de 5-1 des États-Unis face à la Suisse et de 5-1 de la Finlande face au Bélarus, la victoire timide des Suédois pourrait venir les hanter plus tard dans le tournoi puisque le différentiel des buts marqués et accordés entrera en ligne de compte en cas d'égalité au classement à la fin de la ronde préliminaire.

Mais une victoire demeure une victoire et le capitaine des Sénateurs d'Ottawa refusait de donner raison à ceux qui minimisaient la portée du gain que son pays venait de remporter.

«Les Allemands sont beaucoup plus forts et plus dangereux que vous pouvez le croire. Ils sont solides, ils ferment le jeu et sont très combatifs. Une fois en avant, nous avons pu calmer le jeu un peu. Nous n'avons pas multiplié les buts comme l'ont fait le Canada et la Russie, mais c'est très bien ainsi. Ça nous garde dans l'ombre. Surtout qu'au-delà du pointage, je trouve que nous avons disputé une très bonne première partie», a indiqué Alfredsson qui évolue en compagnie de Nicklas Backstrom et Loui Eriksson.

«Je suis toujours renversé par le talent et la qualité des mains de Nicklas. En début de match, je voulais me rendre près de lui pour l'appuyer lorsqu'il avait la rondelle. C'est toutefois le contraire qu'on doit faire. On doit lui laisser toute la place et batailler pour une position afin de lui offrir une cible pour obtenir une passe», a indiqué Alfredsson qui a préparé le but d'Eriksson, le deuxième des Suédois, même s'il n'a pas obtenu de passe sur le jeu.

Mattias Ohlund, avec un tir de la pointe lors d'une attaque à cinq, a marqué le premier but des Suédois. Daniel Sedin a toutefois fait une grande partie du travail alors qu'il voilait complètement la vue du gardien allemand, Thomas Greiss.

Le gardien allemand a accordé deux buts sur 25 tirs alors que Henrik Lundqvist a stoppé les 21 tirs dirigés sur son filet.

Les Suédois affronteront maintenant le Bélarus, vendredi, alors que les Allemands croiseront la Finlande.