Le triple champion du Tour de France Alberto Contador affirme qu'il est assez coriace mentalement pour défendre son titre malgré la pression importante qu'il subira à cause d'une affaire de dopage toujours en cours.

Jerome Pugmire ASSOCIATED PRESS

L'Espagnol amorcera ce samedi sa quête pour un quatrième triomphe, la Fédération de cyclisme d'Espagne l'ayant blanchi après qu'il eut subi un test positif au clenbuterol pendant la course de l'an dernier.

L'Union cycliste internationale et l'Agence mondiale antidopage ont déposé depuis un appel auprès du Tribunal arbitral du sport. Si on leur donne raison, Contador pourrait se retrouver dans une situation étrange: perdre son titre 2010 quelques jours seulement après en avoir remporté un autre.

«Il n'y aura pas seulement de la pression sur la route mais aussi en dehors. Il y en a de plus en plus et j'en suis conscient, a déclaré Contador. Mais je n'aurai aucun problème à me concentrer sur la course, c'est ce que je fais depuis des années. Je n'ai aucun problème à ce niveau.»

Le cycliste de 28 ans n'est pas facile à déranger, peu importe le scénario. Il a ce côté féroce qui est l'essence même de bien des champions.

Il a fait partie de l'équipe de Lance Armstrong lors du Tour de 2009, et avait dû vivre avec la pression de tenter de battre l'Américain et de rafler un deuxième titre en France.

L'an dernier, Contador s'est retrouvé dans un duel intrigant avec le Luxembourgeois Andy Schleck. Le suspense a duré tout au long des étapes en montagne et Contador a pris le dessus à la suite d'affrontements spectaculaires.

Contador a choisi de ne pas attendre quand Schleck a éprouvé des problèmes mécaniques avec son vélo durant une montée importante. On l'a critiqué pour avoir manqué de fair-play, mais il a fini

par régler l'issue de la course par la suite.

L'ivresse de la victoire a toutefois été de courte durée puisque les soupçons de dopage ont vite plané au-dessus de Contador.

Flanqué du patron de l'équipe Saxo Bank Bjarne Riis et de ses coéquipiers en conférence de presse, jeudi, Contador a sèchement répondu à une question concernant les soupçons de dopage et la pertinence de le laisser courir.

«J'ai toujours dit très clairement que je suis contre le dopage, zéro tolérance, mais vous pouvez penser ce que vous voulez», a-t-il dit.

Le directeur du Tour Christian Prudhomme trouve «difficile à comprendre qu'un an plus tard, nous n'avons toujours pas la réponse», tandis que que l'UCI a déploré les procédures «excessivement longues» dans l'affaire Contador.

La cause devait être entendue en juin, mais le TAS a repoussé le tout au mois d'août, acceptant la requête à l'effet que les avocats de Contador avaient besoin de plus de temps pour se préparer. Ce qui a eu pour effet de lui donner le feu vert pour se présenter au départ du Passage du Gois La Barre-de-Monts, samedi.

Riis afirme que Contador est une victime dans cette affaire.

«Le système fonctionne de cette manière et je crois que nous devons respecter cela, a-t-il dit. Alberto a reçu le feu vert et il a tous les droits de courir. Si vous n'acceptez pas qu'Alberto participe au Tour, vous devez remettre le système en question, pas nous.»