(Los Angeles) La vedette du soccer féminin Megan Rapinoe a promis que les athlètes ne seraient « pas réduits au silence », vendredi après la mise en garde par le Comité international olympique contre toute forme de manifestation politique aux Jeux de Tokyo.

Agence France-Presse

« On en fait tellement sur les manifestations. On en fait si peu sur ce contre quoi nous protestons. Nous ne serons pas réduits au silence », a écrit la joueuse élue Ballon d’or féminin 2019, après avoir remporté la Coupe du monde avec les États-Unis.

Dans son message, Rapinoe a ajouté une image montrant des poings levés à travers les cinq anneaux olympiques et ces mots barrés : « genou à terre », « gestes de la main », « signes ».

La sportive de 34 ans, également militante féministe, réagissait au propos du président du CIO, Thomas Bach, rappelant que toute manifestation politique de la part des athlètes, entraîneurs et officiels était interdite durant les Jeux olympiques.

« Les JO sont pas et ne devront jamais être une plateforme de revendications politiques ou de tout discours de division », a-t-il argué en ouverture de la 135e session du CIO à Lausanne, soulignant « l’importance » d’une série de directives récemment adoptées et destinées à « clarifier » les interdits et les sanctions en cas d’infraction au principe de neutralité.

Il reste ainsi interdit aux sportifs participant aux JO d’exprimer une opinion politique « sur le terrain de compétition, au Village olympique, pendant les cérémonies d’ouverture ou de clôture ou sur un podium ».

Les directives rendues publiques jeudi permettent cependant aux sportifs de le faire « dans le respect de la législation locale pendant les conférences de presse et interviews, en zone mixte et au centre de presse ».

L’un des gestes les plus célèbres est le poing ganté de noir et brandi par les Américains Tommie Smith, champion olympique du 200 m, et John Carlos, médaillé de bronze, sur le podium aux JO de Mexico-1968, pour protester contre les discriminations dont les noirs étaient victimes aux États-Unis. Les deux athlètes avaient été suspendus par le CIO et bannis du Village olympique.

La championne du monde de football, qui milite pour l’égalité des sexes et contre le racisme, avait suivi le mouvement de protestation lancé en 2016 par l’ex-quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick, qui avait mis un genou à terre pendant l’hymne national pour protester contre les violences policières contre les noirs aux États-Unis.