(Bruxelles) Trois ans après avoir opté pour les courses sur route, la vedette de l’athlétisme britannique Mo Farah effectue vendredi à Bruxelles son grand retour sur la piste et veut frapper fort d’entrée en s’attaquant au record de l’heure de Haile Gebreselassie.

Keyvan NARAGHI
Agence France-Presse

Le quadruple champion olympique (5000 m et 10 000 m en 2012 et 2016) avait annoncé l’année dernière qu’il souhaitait reprendre du service sur le tartan avec l’objectif de disputer les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 sur 10 000 m. Les JO ont certes été repoussés d’un an pour cause de coronavirus, mais le coureur d’origine somalienne (37 ans) est resté fidèle à son idée et le voilà de passage au stade du Roi-Baudoin pour tenter d’ajouter une ligne de plus à un palmarès déjà bien fourni, mais où les records sont rares.

L’objectif sera de faire mieux que les 21 285 km parcourus par la légende éthiopienne Haile Gebreselassie le 27 juin 2007.

« Je suis très excité, comme un enfant, la piste m’a beaucoup manqué et c’est génial d’être de nouveau dans un stade. Le record de Haile a beaucoup de signification pour moi […] C’est chouette de pouvoir marquer l’histoire. Ce ne sont pas les JO, mais avoir un record du monde c’est quelque chose de phénoménal », a déclaré le sextuple champion du monde, qui s’est préparé en France à Font-Romeu et sera notamment accompagné à Bruxelles par son compagnon d’entraînement le Belge Bashir Abdi, 2e performeur européen de tous les temps sur marathon (2 h 4 min 49 s en mars à Tokyo).

Farah n’a pas chômé depuis 2017 avec un succès sur le marathon de Chicago (2018) avec le record d’Europe à la clé (2 h 5 min 11 s, chrono battu par le Turc Kaan Kigen Özbilen en 2019) et une 3e place à Londres (2018). Il n’a toutefois jamais réellement pu contester la supériorité du maître de la distance Eliud Kipchoge. Le Britannique retrouvera d’ailleurs le bitume sur 42 195 km le 4 octobre à Londres, mais seulement en tant que lièvre de luxe du Kényan et de l’Ethiopien Kenenisa Bekele, les deux marathoniens les plus rapides de l’histoire dont le duel fait saliver d’avance.

Attention à Duplantis

La parenthèse marathon quasiment refermée, Farah a désormais les yeux rivés sur Tokyo.  

« C’est une année étrange avec notamment le report des JO, a-t-il expliqué. C’est peut-être une bonne chose pour moi, j’aurai le temps de faire des courses, de gagner en confiance ».

Pour Farah, il s’agit également de redorer son blason alors que son image a été ternie par la suspension pour « incitation » au dopage en septembre 2019 d’Alberto Salazar, son mentor et entraîneur de 2011 à 2017.  

Farah ne sera pas le seul à courir après un record à Bruxelles puisque la Néerlandaise Sifan Hassan et la Kényane Brigid Kosgei essaieront de l’imiter chez les dames et d’aller plus loin que l’Éthiopienne Dire Tune Arissi (18 517 km en une heure en 2008) tandis que la Kényane Faith Kipyegon espère effacer des tablettes la Russe Svetlana Masterkova sur 1000 m (2 min 28 s 98 en 1996).

COVID-19 oblige, la soirée se déroulera à huis clos, mais les athlètes bénéficieront, comme à Oslo et à Monaco cette saison, d’un signal lumineux projeté au bord de la piste qui leur indiquera exactement à quelle vitesse courir pour rester dans le bon tempo des records.

Pour pimenter encore un peu plus cette compétition, les organisateurs peuvent aussi compter sur le prodige suédois de la perche Armand Duplantis (20 ans). Le recordman du monde (6,18 m, le 15 février en salle) est dans une forme éclatante et vient tout juste de réussir une performance de tout premier plan avec un saut à 6,07 m mercredi à Lausanne, son meilleur résultat en plein air. Il pourrait très bien voler la vedette à Mo Farah.