(Montréal) Il n’y a pas que les athlètes canadiens qui doivent relever le défi du report des Jeux olympiques de Tokyo à l’an prochain en raison de la pandémie de coronavirus. Le Comité olympique canadien a également dû se retrousser les manches ces derniers mois pour réorganiser toute la logistique en prévision du grand rendez-vous sportif.

Marc Delbès
La Presse canadienne

L’Olympienne Marie-Andrée Lessard en sait quelque chose. Directrice des Jeux au COC, elle n’a pas chômé depuis que la nouvelle du report est tombée, le 24 mars. Elle avoue qu’il s’agit d’un exercice de planification très complexe pour s’assurer que tout se déroule pour le mieux pour l’équipe canadienne à Tokyo l’été prochain.

Et pas question pour elle de s’attarder sur l’éventualité de l’annulation pure et simple des jeux si la situation sanitaire mondiale ne s’améliore pas ou si un vaccin n’est pas disponible, comme cela a été évoqué cette semaine au Japon.

PHOTO D'ARCHIVES DAVE MARTIN, AP

Marie-Andrée Lessard (au centre) retournant un ballon lors d’un match contre le Royaume-Uni lors des JO de Londres, le 29 juillet 2012. Sa coéquipière était Annie Martin.

« L’annulation ne fait pas partie des scénarios sur lesquels nous travaillons au COC », a expliqué celle qui a participé aux Jeux de Londres en 2012 aux épreuves de volleyball de plage en compagnie d’Annie Martin.

Pour l’instant, elle revoit avec un groupe de travail d’une dizaine de personnes les plans logistiques de la délégation canadienne.

« Mon rôle –et celui de mon équipe– est de m’assurer de créer un environnement sécuritaire pour nos athlètes et de prendre toutes les mesures afin de leur permettre de performer à leur mieux, a décrit Lessard.

« Il nous faut couvrir tous les angles, établir les dates d’arrivée et de départ de l’équipe, conclure une nouvelle entente avec le transporteur aérien (Air Canada), travailler avec le chef des services médicaux pour tenir compte des protocoles sanitaires, prévoir comment nous allons mettre en place tous nos services. »

Plusieurs décisions seront finalisées d’ici la fin septembre, même si le comité des Jeux de Tokyo envisage de dévoiler en décembre un plan de 200 mesures pour simplifier l’organisation de l’évènement. Le report de l’évènement entraînera inévitablement des dépenses supplémentaires et, comme les contribuables japonais devront en éponger l’essentiel, on cherchera à couper le superflu.

Pour compliquer la tâche de Lessard et de son équipe, les Jeux d’hiver de Pékin seront présentés six mois après ceux de Tokyo.

« C’est un travail colossal d’organiser tout ça. Nous avons profité du répit de cet été pour examiner ce qui doit être fait pour relever le défi. Et nous avons établi que trois personnes de l’équipe seront dédiées exclusivement à la préparation des Jeux de Pékin. »

Compte tenu du rythme accéléré en 2021, le COC a ainsi commencé à plancher sur un plan qui prévoit qu’on enverra certains équipements directement de Tokyo vers Pékin.

Quand elle voit le travail déjà accompli et ce qui reste encore à faire, Lessard estime que son parcours d’athlète la sert bien.

« Ça m’aide à me concentrer sur l’essentiel » a-t-elle conclu.