Le judoka Antoine Valois-Fortier attendait cette confirmation avec impatience : les Jeux olympiques de Tokyo n’auront pas lieu sans lui et le reste de l'équipe olympique canadienne l’été prochain.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

À la demande du Japon, le Comité international olympique (CIO) a accepté de reporter les Jeux à l’an prochain en raison de la pandémie de la COVID-19, a-t-il annoncé par communiqué mardi.

« C’est un énorme soulagement », a réagi Valois quelques minutes après avoir appris la nouvelle.

PHOTO KIM KYUNG-HOON, REUTERS

Antoine Valois-Fortier après son combat victorieux pour la médaille de bronze contre l’Égyptien Mohamed Abdelaal aux Championnats mondiaux de judo 2019, le 28 août dernier à Tokyo.

« Je viens juste de voir ça, ma petite notification de La Presse a sonné et une pluie de messages commence à entrer. C’est sûr que je suis super content. Juste de voir comment l’initiative du Comité olympique canadien a payé. »

Le CIO a décidé d’écouter ses athlètes, ses fédérations et les pays. Soulagé, c’est le mot.

Le judoka Antoine Valois-Fortier, médaillé olympique à Londres

Dimanche soir, le COC avait annoncé son choix de ne pas envoyer ses athlètes au Japon si les Jeux étaient tenus aux dates prévues du 24 juillet au 9 août. Pendant ce temps, le CIO se donnait quatre semaines pour évaluer ses options, ouvrant timidement la porte à report.

Fin de l'incertitude

« Ça aurait été tannant que les gens aient à spéculer à gauche et à droite », a souligné Valois-Fortier.

Le médaillé de bronze aux JO de Londres en 2012 a senti le vent tourner définitivement quand le Comité olympique américain a recommandé lundi soir au CIO de repousser la présentation des Jeux.

« Je commençais à me douter que ça allait débouler. Les États-Unis, c’est comme 30 % des médailles aux Jeux d’été. C’est trop gros. Une fois que les États-Unis ont parlé, ça a donné le dernier élan.

Le président du CIO Thomas Bach et le premier ministre se sont entretenus par téléconférence mardi matin. Ils ont convenu de remettre les JO à l’an prochain, au plus tard à l’été.

« La propagation sans précédent et imprévisible de l’épidémie a entraîné une détérioration de la situation dans le reste du monde, a écrit le CIO dans un communiqué. Hier, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que la pandémie de la COVID-19 « s’accélérait ». Il y a maintenant plus de 375 000 cas enregistrés dans le monde et dans presque tous les pays, et leur nombre augmente d’heure en heure. »

« Dans les circonstances actuelles et sur la base des informations fournies par l’OMS aujourd’hui, le président du CIO et le premier ministre du Japon ont conclu que les Jeux de la XXXIIe Olympiade à Tokyo doivent être reportés à une date postérieure à 2020, mais au plus tard à l’été 2021, pour protéger la santé des athlètes, de toutes les personnes impliquées dans les Jeux olympiques et de la communauté internationale. »

Pause dans l'entraînement

Valois-Fortier, qui vient d’avoir 30 ans, se donnera une pause dans les prochaines en attendant la suite.

« Même s’ils reportent les Jeux à l’année prochaine, il reste encore de petites incertitudes autour de plein de choses. On n’a aucune idée à quel moment le calendrier de judo va recommencer, à quel moment les qualifications vont reprendre. La meilleure chose pour moi est de me reposer, m’entraîner un peu pour garder la forme. »

Le triple médaillé aux Mondiaux se demande également si les points dans le processus actuel seront tenus en compte. « J’ose croire qu’ils vont considérer une partie des points, a dit le cinquième au classement olympique chez les 81 kg. Mais je peux être complètement dans le champ ; ils sont peut-être en train de décider autre chose au moment où on se parle. »

Au-delà de tout ça, Valois-Fortier s’inquiète de l’épidémie de coronavirus. « Les Jeux sont reportés, mais la crise de la COVID-19 n’est pas encore passée. C’est quand même assez préoccupant. Ce serait juste vraiment le fun de ne pas se rendre à des niveaux d’alerte et de morts comme en Europe de l’Ouest. C’est assez dramatique. J’essaie d’aider la « cause » le plus possible en restant chez nous. »