(Londres) Si le Comité international olympique est réticent face à un report des Jeux olympiques de Tokyo, c’est qu’une telle décision est « un casse-tête très complexe », a expliqué à l’AFP l’ancien responsable du marketing du CIO, Michael Payne.

Agence France-Presse

Si une annulation complète des Jeux en raison de la propagation du nouveau coronavirus était tout à fait dans les pouvoirs du CIO, elle n’a jamais été envisagée, a assuré celui qui, en presque vingt ans en poste, a transfiguré l’image du CIO et ses finances en ouvrant grand la porte aux commanditaires.

Sept ans de planification à l’eau

Mais, sous ses allures de choix raisonnable, un report serait « un casse-tête très complexe » car il faudrait « tout changer soudainement après sept ans de préparation du plus grand évènement sportif au monde », a assuré Payne, joint par téléphone depuis l’Espagne.

Et rien ne se fera sans l’accord du pays-hôte, le Japon, a-t-il souligné.  

« Les Japonais ont freiné autant qu’ils ont pu en espérant que les tenir en juillet serait possible. Pour les Japonais, repousser les Jeux aurait fait perdre la face et du crédit politique (au premier ministre Shinzo) Abe parce que c’était en grande partie son projet ».

La décision canadienne fait boule de neige

Mais la pression des comités olympiques canadien et australien, ainsi que de la très influente Fédération internationale d’athlétisme, en faveur d’un report, laisse penser que même les minces espoirs nippons de voir les JO se dérouler encore en 2020 risquent d’être déçus.

« La dernière chose que vous voulez, c’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête du genre : “est-ce qu’ils vont bien avoir lieu ? ». Que plusieurs équipes réclament qu’ils soient remis à 2021 va renforcer le CIO pour convaincre les Japonais que ça ne marchera pas en octobre ».

Payne a également assuré qu’il était faux de croire que les détenteurs des droits de diffusion ou les commanditaires avaient les cartes en main sur cette décision.

« Rien n’est moins vrai », a-t-il assuré. « Le CIO ne consulte pas les commanditaires ou (la chaîne américaine) NBC avant le vote pour choisir le prochain pays hôte. L’idée selon laquelle le CIO fasse ce qui convient le mieux aux commanditaires, ce n’est juste pas comme ça que ça marche », a-t-il conclu.