(Washington) Donald Trump a jeté un pavé dans la mare jeudi en suggérant de reporter d’un an les Jeux olympiques prévus cet été au Japon, à cause de la pandémie de coronavirus.

Camille CAMDESSUS
Agence France-Presse

Face à la vague d’annulations et de reports dans le monde du sport, des championnats de basketball et de hockey américain, de football italien, de tennis, la question du maintien des Jeux olympiques est sur toutes les lèvres.  

Grâce aux rayons d’un soleil radieux passant à travers un miroir parabolique, la flamme olympique a bien été allumée jeudi sur le site des premiers Jeux à Olympie donnant le top départ symbolique de cet événement sportif… mais sans public.  

Le matin même, la Grèce déplorait son premier mort du coronavirus.

Depuis plusieurs semaines, l’hypothèse d’une annulation des JO prévus au Japon du 24 juillet au 9 août, suivis fin août-début septembre des Jeux paralympiques revient régulièrement sur la table.  

« Impensable », a d’ores et déjà tranché la gouverneure de Tokyo Yuriko Koike.

PHOTO KAZUHIRO NOGI, AFP

Yuriko Koike

Depuis le début des JO modernes, ni les boycotts (en 1980 à Moscou et 1984 à Los Angeles), ni les virus Sras (en 2003) ou zika (avant les JO de Rio-2016) n’ont eu raison des Jeux, tradition immuable organisée tous les 4 ans.

Seules les guerres mondiales ont entraîné l’annulation des JO prévus en 1916 à Berlin ou en 1940 à Sapporo (hiver) et Tokyo (été), et 1944 à Cortina d’Ampezzo (hiver) et Londres (été).

Donald Trump — qui n’a aucune responsabilité sportive internationale — a voulu donner son avis sur la question.  

« Peut-être, et c’est juste mon idée, peut-être les retarder d’un an, si c’est possible », a proposé le président depuis la Maison-Blanche, quelques heures seulement après avoir pris le monde de court en fermant les États-Unis à une large partie de l’Europe.  

Rassembler « dans la paix »

« C’est dommage… parce qu’ils ont vraiment construit des bâtiments magnifiques », « mais je préfère ça à des stades vides partout », a insisté le président américain.

Organiser à huis clos les Jeux, pour lesquels plus de 11 000 sportifs étaient attendus et 7,8 millions de billets devaient être vendus, semble difficilement envisageable.  

Mais les effets d’une annulation pourraient se faire encore plus lourdement sentir sur l’économie japonaise.

La consommation est déjà en crise depuis des mois dans le pays. Et avec l’explosion de la pandémie de nouveau coronavirus cette année, le Japon se retrouve privé de touristes de Corée du Sud et de Chine continentale, qui représentaient à eux seuls près de la moitié des 31,9 millions de visiteurs étrangers dans le pays en 2019.

Le ministère nippon du Tourisme avait tablé sur 600 000 spectateurs étrangers pour les Jeux de Tokyo.

« Ils ont vraiment fait un super boulot. Les installations sont incroyables », a regretté Donald Trump.

Comme pour balayer tout doute, le Comité international olympique (CIO) a assuré à l’AFP qu’avec l’allumage de la flamme olympique, son « engagement total » pour la réussite des Jeux était confirmé.

Les organisateurs nippons répètent que les Jeux seront organisés comme prévu et le Comité international olympique (CIO), qui aura le dernier mot, continue d’affirmer qu’aucune discussion sur une éventuelle annulation n’a été engagée et qu’il s’en tiendra aux recommandations de l’OMS.

Et pour le comité d’insister sur son objectif : rassembler le monde « dans la paix »… et en bonne santé.