Serena Williams a frôlé l'humiliation mardi à Roland-Garros où elle a failli se faire éliminer pour la première fois au premier tour d'un tournoi du Grand Chelem, par la Tchèque Klara Zakopalova, 100e mondiale.

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Alors que, malgré la pluie et le vent, la journée a été calme pour les favoris, l'Américaine est passée à deux doigts de la pire défaite de sa vie, qui aurait été la deuxième seulement face à une joueuse aussi mal classée, depuis son premier match professionnel... en 1995 aux qualifications du tournoi de Québec.

Se déplaçant très mal, prise régulièrement à contre-pied, elle s'en est essentiellement sortie (6-3, 6-7 (5/7), 6-4) grâce à son service et son mental. Mais elle n'aura rien fait pour se rassurer après un printemps déjà désolant.

Battue au premier tour de ses trois tournois de préparation, dont une fois par Zakopalova, elle a d'abord étalé son manque de confiance en laissant échapper cinq balles de match à 6-3, 5-3.

Profitant de l'aubaine, Zakopalova, 27e mondiale en 2006 lorsqu'elle s'appelait encore Koukalova, son nom de jeune fille, a alors poussé Serena au bord du gouffre en obtenant plusieurs balles de 3-1 dans le troisième set.

Djokovic à l'économie

Au bord de la galère, Serena a rétabli la situation de justesse pour hurler son soulagement à sa neuvième balle de match. Partie disputer un double avec sa soeur Venus dans la foulée, elle savait qu'une montée en régime était indispensable au deuxième tour face à l'Espagnole Virginia Ruano Pascual.

Si elle n'y parvient pas, le Roland-Garros 2009 s'annonce compliqué pour l'Américaine, surtout que les autres têtes d'affiche présentent pour l'instant une santé resplendissante. A l'image de Jelena Jankovic et Svetlana Kuznetsova, qui ont déroulé face à une opposition à peine plus modeste.

Chez les hommes aussi, les favoris ont fait vite, peut-être encouragés par les gros nuages de pluie qui ont interrompu les matches pendant deux heures.

Le plus rapide a été Novak Djokovic, qui a profité de l'abandon de l'Equatorien Nicolas Lapentti au milieu du deuxième set (6-3, 3-1) dans un match qui lui apporte peu d'enseignements mais un supplément de fraîcheur.

Son deuxième tour contre le qualifié russe Sergiy Stakhovsky devrait lui permettre de continuer en mode économie. Ce qui n'est pas du luxe pour le N.4 mondial, parfois fragile sur le plan physique. Pour y remédier, il travaille depuis un mois avec l'ancien préparateur physique de Thomas Muster.

Monfils espère

Juan Martin Del Potro, cinquième joueur mondial, a également préservé toute son énergie (6-3, 6-3, 6-1) contre Michaël Llodra. Solide sur toutes les surfaces, l'Argentin pourrait en embêter plus d'un dans un tournoi où il n'a encore jamais dépassé le deuxième tour mais où il se dit à l'aise.

Gaël Monfils a déjà prouvé qu'il se sentait comme un poisson dans l'eau à la Porte d'Auteuil où il a atteint les demi-finales en 2008. Incertain à cause d'un problème au genou, il avait d'abord besoin de se rassurer. Chose faite face au modeste Américain Bobby Reynolds (6-2, 6-3, 6-1) et même mieux que ça.

«J'étais bien mieux que je ne l'imaginais. Cela laisse espérer de bonnes choses», a dit le N.10 mondial, qui n'avait plus joué depuis le 14 avril.

Son compatriote Jo-Wilfried Tsonga, classé un rang plus haut, a remporté sa première victoire à Roland-Garros face à un autre Français, Julien Benneteau, quart de finaliste en 2006 (6-4, 3-6, 6-3, 6-4).

«Je suis aux anges», a déclaré Tsonga après avoir «ressenti le poids de l'importance de ce tournoi». Il aura pourtant besoin de toute sa décontraction au deuxième tour face au robuste Argentin Juan Monaco.