Hier matin, quelques minutes après s'être difficilement débarrassée de la Roumaine Monica Niculescu, 6-4, 4-6, 6-3, en première ronde des Internationaux de France à Roland-Garros, Aleksandra Wozniak mesurait tout le poids de son nouveau statut.

Michel Marois LA PRESSE

Même si elle affrontait une rivale moins bien cotée, elle a dû faire appel à toutes ses ressources.

En pleine récupération, la tête encore remplie des images de son match, Aleksandra Wozniak a confié : «Je suis contente d'être passée au travers de ce match, cette fille-là m'a poussée à la limite. Au fond, je savais que ce ne serait pas facile. On est à Roland-Garros et tout le monde donne son maximum. Avec les conditions difficiles, mon expérience de ce niveau m'a vraiment aidée.»

Aleksandra ne s'attendait pas à devoir disputer un match si difficile, à devoir se battre pendant plus de deux heures. «Avec le vent et la pluie, les conditions étaient très difficiles, a raconté la 24e joueuse mondiale. J'ai pensé deux ou trois fois qu'on devrait arrêter le match, mais je me suis accrochée. Niculescu m'a surprise. Elle jouait bien tous les coups, en variant la longueur et la force des balles. Elle était très difficile à lire et ça m'a pris un bout de temps à m'habituer.»

Après une solide première manche, Wozniak a perdu un peu patience en deuxième manche. Elle s'est ensuite laissée mener 3-1 au début de la troisième manche, avant de montrer pourquoi elle est désormais aux portes du top 20 mondial.

Retrouvant la parfaite maîtrise de son jeu, la Québécoise a aligné cinq jeux consécutifs, brisant le service de sa rivale sans céder un point dans le sixième jeu, et elle s'est imposée de façon décisive.

«J'ai souvent changé de stratégie pour tenter de la déstabiliser. Elle a longtemps été régulière et très patiente, de sorte que ce n'était pas facile pour moi de rester patiente.» Aleksandra Wozniak a d'ailleurs commis 32 fautes directes, dont une majorité en deuxième manche, mais sa puissance et sa détermination ont eu raison du jeu posé de sa rivale.

Une qualifiée au deuxième tour

Au deuxième tour, demain, Wozniak affrontera la Croate Petra Martic, 196e au classement WTA et issue des qualifications, qui a battu hier l'Italienne Mara Santangelo, 6-4, 6-4. «Je me suis entraînée avec elle une fois au début de la saison, se rappelle Wozniak. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, sinon que ce sera encore un match dans lequel je devrai tout donner.»

Âgée de 18 ans, Martic est une grande droitière (5'11) qui n'est professionnelle que depuis juillet 2008. Elle fait ses débuts dans un tournoi du Grand Chelem. «L'expérience de ce premier match va sûrement m'aider, a estimé Aleksandra Wozniak. Je vais m'appliquer à rester patiente, tout en démontrant de l'agressivité quand ce sera nécessaire. On verra bien...»

Un oeil sur le classement

Wozniak devra remporter son prochain match pour être assurée de conserver son rang au classement de la WTA. Si elle le fait, elle pourrait avoir une belle occasion de progresser, dans le tournoi et au classement mondial.

L'Italienne Flavia Pennetta, 14e favorite, la seule joueuse mieux classée qu'elle dans sa partie du tableau, a en effet été surprise par l'Américaine Alexa Glatch (116e) en première ronde. Glatch affrontera l'Espagnole Lourdes Dominguez Lino (87e) pour obtenir le droit d'affronter la gagnante du match Wozniak-Martic au troisième tour. Bref, Wozniak est sur papier la plus solide du groupe, la seule aussi à avoir déjà atteint le deuxième tour à Roland-Garros.

Si on se projette plus loin, en deuxième semaine du tournoi par exemple, on peut rêver d'un huitième de finale contre Serena Williams, encore que l'Américaine se soit très difficilement qualifiée, hier, face à la Tchèque Klara Zakopalova, 6-3, 6-7 (5), 6-4, après avoir gaspillé pas moins de huit points de match.

Mais revenons sur terre et concentrons-nous sur le match de demain. En principe, Aleksandra Wozniak aura bien récupéré de son match d'hier. Elle a bénéficié de quelques jours de repos avant Roland-Garros, profite de la présence de son père Antoni (qui est aussi son entraîneur) et, malgré la pression, conserve une formidable bonne humeur. «C'est un gros tournoi, rappelle Wozniak, qui en est déjà à ses troisièmes Internationaux de France. Il faut être prête à se battre pour chaque balle, chaque point, et c'est ce que je vais faire.»