Pour la deuxième fois d'affilée, Rafael Nadal s'est laissé entraîner dans un marathon en cinq sets par l'Allemand Philipp Petzschner, samedi à Wimbledon, avant d'arracher sa place en huitième de finale au prix d'une dépense d'énergie qu'il pourrait payer par la suite.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Sa campagne sur terre battue, aussi triomphale qu'exténuante, est-elle en train de lui passer la facture? On ne peut s'empêcher de se poser la question après l'avoir vu appeler le soigneur au quatrième set pour se faire masser au-dessus du genou droit.

«Ca me préoccupe un peu. J'avais déjà mal au tour précédent», a avoué le No 1 mondial, vainqueur 6-4, 4-6, 6-7 (5/7), 6-2, 6-3 après 3 h 45 min de bagarre.

Poursuivi depuis longtemps par ces problèmes de genoux responsables, entre autres déconvenues, de son forfait l'année dernière à Wimbledon, l'Espagnol refuse d'envisager un nouvel abandon. Mais il a d'ores et déjà décidé de jouer la prudence pour la suite de la saison.

Après Wimbledon, il suivra le même traitement déjà appliqué avec succès ce printemps à son genou gauche plutôt que d'aller jouer le quart de finale de Coupe Davis contre la France à Clermont-Ferrand (centre de la France).

Même si les deux sont probablement liés, il n'y a pas que le physique du Majorquin qui inquiète. Son tennis aussi.

Servant mal en deuxième balle, Nadal s'est laissé trop souvent agresser par Petzschner. Il a aussi raté pas mal d'occasions, les passings ne sortant de sa raquette qu'au compte-goutte. Sur herbe, cela ne pardonnera pas contre des adversaires plus cotés, on pense avant tout au Suédois Robin Soderling, qui brûle de prendre sa revanche en quart de finale.

14 victoires en 5 sets

L'Espagnol affrontait certes un joueur taillé pour lui poser des problèmes: gros service (25 aces), volonté de conquête du filet, prise de risque maximale en coup droit. Comme le Néerlandais Robin Haase, qui avait lui aussi mené 2 sets à 1 au tour précédent, Petzschner avait des armes pour embêter Nadal.

Il n'empêche que l'Allemand ne pointe qu'à la 44e place à l'ATP, n'a jamais connu la deuxième semaine d'un Grand Chelem et venait de peiner pour sortir en cinq sets les 53e et 76e mondiaux.

Bien sûr, le Majorquin reste cette bête de combat contre laquelle il n'est pas raisonnable d'espérer l'emporter en cinq sets. Sur 17 matchs de ce type, il en a remporté 14 depuis le début de sa carrière. Petzschner le savait et a craqué, on l'aurait parié, sur son dernier jeu de service à 4-4.

Mais le parcours de Nadal, pas plus d'ailleurs que celui de Federer, lui aussi sévèrement ballotté lors des deux premiers tours, ne ressemble pas pour le moment à celui d'un futur vainqueur.

Jamais il n'avait dû disputer autant de sets pour se frayer un chemin jusqu'en deuxième semaine d'un Grand Chelem. En seulement deux matchs, il en a déjà cédé quatre fois plus que lors des six premières étapes de son parcours triomphal d'il y a deux ans, conclu par une finale d'anthologie contre Federer.