Le tennis espagnol a étalé tout son luxe vendredi au Masters 1000 de Monte Carlo en plaçant trois représentants en demi-finale pour encercler le Serbe Novak Djokovic.

Jacques Klopp AGENCE FRANCE-PRESSE

Après les victoires en février de Juan Carlos Ferrero à Costa Do Sauipe et Buenos Aires, et de David Ferrer à Acapulco, le coup d'envoi de la saison européenne sur terre battue confirme l'écrasante supériorité de l'Espagne sur la surface et sa domination sur le tennis mondial en général.

Seul le Serbe Djokovic, trop fort pour David Nalbandian (6-2, 6-3), peut désormais encore empêcher un nouveau triomphe ibère sur le Rocher où le quintuple tenant du titre, Rafael Nadal, n'a laissé aucune chance à Ferrero (6-4, 6-2), alors que Ferrer a battu l'Allemand Philipp Kohlschreiber (7-5, 7-6) et que Fernando Verdasco a dominé Albert Montanes (6-3, 6-7, 6-0).

«C'est une grande responsabilité de représenter le reste du monde», a plaisanté Djokovic qui, avant de défier Verdasco, a promis de se mettre à la langue de Cervantes «vu le nombre d'entre eux qu'il me reste à rencontrer».

Voir trois Espagnols coloniser le dernier carré sur le Rocher pour la première fois de l'histoire résulte de la combinaison de deux facteurs: leur aisance naturelle sur terre battue et leur énorme force collective du moment.

Que les Espagnols devancent la concurrence sur ocre n'a rien de nouveau. Elevés sur la surface, ils retrouvent leurs repères dès qu'ils posent un pied dessus, ce qui offre un avantage considérable à ce stade de la saison.

Ils maîtrisent les glissades et les déplacements, savent rester patients, font très peu de fautes pour finir par user physiquement leurs adversaires.

Neuf Espagnols dans le Top 50

A ces facultés traditionnelles s'ajoute le fait que l'Espagne est tout simplement la meilleure nation de tennis du moment. En Coupe Davis, elle vise cette année une troisième victoire de suite, ce qui n'a jamais été réalisé depuis l'abolition en 1972 du Challenge Round.

Ses chances d'y parvenir sont excellentes, vu la formidable richesse de son réservoir. Posséder 13 joueurs dans les 100 premiers du classement ATP et surtout 9 dans le Top 50 et 4 dans le Top 20 ouvre des perspectives sans fin.

Il suffit alors que quelques poids lourds manquent à l'appel, comme Federer, Del Potro, Davydenko et Soderling cette année à Monte Carlo, pour que des Espagnols comme Montanes s'engouffrent dans la brèche.

Ferrer, opposé à Nadal samedi, est un joueur très solide, capable dans un bon jour de battre tout le monde. Verdasco a pris une autre dimension depuis sa participation active à la victoire espagnole en finale de la Coupe Davis 2008, suivie d'une demi-finale à l'Open d'Australie. Après neuf échecs, il a enfin franchi les quarts de finale dans un Masters 1000.

Quant à Nadal, il est considéré comme le meilleur joueur de tous les temps sur terre battue. Il visera ce week-end un sixième titre historique à Monte Carlo après avoir passé avec mention son premier test face à Ferrero, l'un des trois joueurs, avec Federer et Soderling, à avoir réussi à le battre sur terre battue depuis cinq ans.