Rafael Nadal et Andy Murray auront dimanche deux obstacles de taille à franchir avant de rêver à une rencontre chic et choc en quarts de finale de l'Open d'Australie.

Jacques Klopp AGENCE FRANCE-PRESSE

Tous aux abris! À Melbourne, les casques sont de sortie car ça va mitrailler sec avec les deux plus redoutables lance-pierres du circuit, le Croate Ivo Karlovic, opposé à Nadal, et l'Américain John Isner, adversaire de Murray.

À eux deux, ils auraient fait une excellente paire de pivots dans la NBA. Avec 2,08 m, Karlovic, «le géant de Salata», représente le sommet et se décrit lui-même comme «un point de repère» pour ses amis dans la foule.

Isner, «la tour de Greensboro», suit juste derrière avec 2,06 m et déteste lui aussi les voyages en avion. Dans un sport où il faut beaucoup courir et se baisser, la taille ne représente pas que des avantages. Mais elle offre un avantage de taille: au service, Karlovic et Isner sont quasiment injouables.

Gaël Monfils, battu par Isner au troisième tour vendredi, peut en témoigner. «Isner et Karlo, ils font 2,10 m, leur balle te passe au-dessus», a constaté le Français d'1,92 m, lobé sur un deuxième service d'Isner.

Un coup d'oeil sur les statistiques le confirme: après trois tours, Karlovic est en tête du classement des aces frappés avec 93 missiles, suivi d'Isner, 81. Et encore, ce n'est rien: l'année dernière, le Croate a servi 78 aces dans un seul match lors d'une rencontre de Coupe Davis épique contre Radek Stepanek.

Méfiance

Karlovic est également le joueur qui a le meilleur pourcentage de jeux remportés sur son service en 2009: 92%. Isner est quatrième avec 89%. Même le grand Roger Federer en conclut: «C'est le genre de joueur que tu n'as pas envie de croiser toutes les semaines.»

Car s'ils sont en forme, il faut s'attendre à jouer beaucoup de tie-breaks, où tout peut arriver. «Tant que je tiens mon service, je suis dans le coup», résume Isner. Andy Roddick l'a appris à ses dépens en perdant deux tie-breaks et le match face à Isner lors du troisième tour du dernier US Open.

Nadal et Murray ont donc raison de se méfier, même s'ils sont sans doute les meilleurs relanceurs du monde et qu'ils sont invaincus face à ces deux arbres qui savent aussi jouer au tennis, sans quoi ils ne seraient jamais montés au 28e (Isner) et 39e (Karlovic, ancien 14e) rang mondial.

«Isner est en pleine confiance, il vient de gagner son premier tournoi (à Auckland) et est peut-être le meilleur serveur du circuit», embraye Murray.

«C'est toujours compliqué contre Karlovic car les matches se décident sur quelques points», explique Nadal qui livre la recette du succès: «Rester concentré au maximum pour profiter des quelques opportunités qu'on peut avoir.»