(Paris) La vue de sièges vacants dans le stade principal de Roland-Garros, en particulier pendant les demi-finales du simple des Internationaux de tennis de France, a déçu la directrice du tournoi, Amélie Mauresmo.

« Nous ne sommes pas satisfaits », a avoué Mauresmo, ajoutant qu’elle avait « un certain nombre d’idées » pour éviter pareille situation à l’avenir, mais qu’elle ne souhaitait pas encore les partager.

Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle pense que les personnes qui ont des billets ne les utilisent pas toujours, Mauresmo a répondu : « Qui sait ? Je ne suis pas dans leur tête. »

« On ne peut pas obliger les gens à aller dans les tribunes », a ajouté le président de la Fédération française de tennis, Gilles Moretton.

Lors de la conférence de presse annuelle de fin de tournoi, Mauresmo et Moretton ont annoncé que plus de 650 000 spectateurs s’étaient rendus à Roland-Garros au cours des trois dernières semaines, y compris lors des qualifications avant le début du tableau principal, le 26 mai.

Moretton a indiqué qu’un bilan de l’ensemble de l’évènement sera dressé dans quelques semaines.

« Tout n’a pas été parfait. Nous voulons nous améliorer », a-t-il admis.

Un sujet qui a été soulevé l’année dernière, mais qui n’a pas changé cette fois-ci, est la façon dont la programmation est gérée. Entre autres, on observe un déséquilibre entre les matchs féminins et masculins dans les sessions nocturnes d’un match, qui ont été utilisées pour la première semaine et demie des tableaux de simple au cours de chacune des trois dernières années.

En 2024, il n’y a eu aucun match féminin et 11 duels masculins en session nocturne pendant les heures de grande écoute en Europe. Il n’y a eu qu’un seul match féminin en séance nocturne en 2022 et 2023.

« La génération et la profondeur du talent dont nous sommes actuellement témoins dans ce sport sont incroyables. Les fans veulent voir l’excitation et l’émotion que génère le tennis féminin sur les plus grandes scènes et dans les meilleurs créneaux horaires », a déclaré la WTA, l’organisme qui chapeaute le tennis féminin, dans un communiqué.

« Pour continuer à développer la valeur de notre produit combiné, il est essentiel d’avoir un programme de matchs équilibré qui présente à la fois le meilleur du tennis masculin et du tennis féminin », ajoute le communiqué.

Mauresmo, une ancienne joueuse classée numéro 1 qui a remporté deux titres du Grand Chelem en simple, a noté qu’une personne de la WTA est présente dans la salle lorsque le programme de chaque jour est déterminé.

« Je n’ai pas vu de pression pour avoir un match féminin le soir », a-t-elle fait remarquer.

Mauresmo a précisé que sa plus grande préoccupation concernant les matchs féminins en soirée est que, en partie parce qu’ils utilisent un format au meilleur des trois manches – par opposition au meilleur des cinq manches utilisé pour les duels masculins du Grand Chelem – ils pourraient être trop courts pour être considérés comme valant le prix de l’entrée.

Elle a indiqué qu’elle ne souhaitait pas programmer deux matchs en séance nocturne – un pour les femmes et un pour les hommes – car le jeu se poursuivrait alors trop tard.

Avancer le début de la séance nocturne de 20 h 15 (heure locale) n’est pas une option, car les fans n’arriveraient pas à 19 h, par exemple, « compte tenu de la culture que nous avons à Paris », a expliqué Mauresmo.

Le directeur général de la Fédération française de tennis, Stéphane Morel, a ajouté que le temps nécessaire pour vider le stade après la fin de la session de jour, puis pour laisser entrer ceux qui ont des billets pour la session de soirée, est trop long pour un début plus tôt.

« Rien n’est coulé dans le béton. Les choses peuvent changer », a souligné Mauresmo.

« C’est un seul match que nous jouons en séance nocturne et nous devons donc faire des choix. C’est pourquoi, cette année, nous voulions que seuls les hommes jouent en soirée. »