Nick Kyrgios est le joueur de l’heure sur le circuit masculin. Il a remporté 12 de ses 13 derniers matchs, avec un titre à Washington (son premier depuis 2019) et une finale à Wimbledon.

Publié le 9 août
Michel Marois
Michel Marois La Presse

« Je sens vraiment que je suis l’un des meilleurs joueurs au monde présentement, je joue vraiment du très bon tennis », a estimé l’Australien dimanche dernier après sa victoire en finale à Washington. Un rare aveu de confiance de la part d’un joueur plus réputé pour ses colères et son comportement erratique, aussi bien sur les courts qu’à l’extérieur.

Ancien numéro un mondial chez les juniors, Kyrgios avait fait des débuts tonitruants chez les professionnels, avec notamment des victoires à ses premiers matchs face à Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic. Mais il n’a jamais pu afficher la constance de ces champions, ni leur force mentale.

« J’ai été dans des endroits très sombres mentalement, mais je crois avoir commencé à retourner la situation », a-t-il d’ailleurs reconnu.

Plusieurs personnes m’ont aidé dans ce cheminement, mais j’ai moi-même montré une sérieuse force de caractère pour persévérer, traverser les temps difficiles et continuer d’offrir de bonnes performances.

Nick Kyrgios

C’est chez lui, à l’Omnium d’Australie, que Kyrgios a amorcé cette « renaissance » au début de l’année. Champion du double avec son compatriote Thanasi Kokkinakis, le joueur de 27 ans a enchaîné les victoires (28-7 en simple cette saison) et grimpé au classement mondial. Il est maintenant 37e, un bond de 100 places depuis la mi-février.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Nick Kyrgios

« Ma motivation est plus grande, c’est certain, a-t-il reconnu mardi en point de presse. Je réalise qu’il y a plusieurs personnes qui croient en moi, que je peux les inspirer avec mon jeu, mes performances. En Australie, j’ai un peu décidé de me réinventer, décidé de rappeler aux gens que je suis aussi un très bon joueur de tennis, un joueur capable de gagner des tournois.

« Cela dit, ce n’est pas simple. Je n’ai pas d’entraîneur. Personne n’est là à Sydney pour me conduire au court, pour m’aider à préparer mes entraînements, mes séances au gym. J’essaie de bien travailler, de bien manger, de me reposer aussi, mais c’est difficile. Et je suis souvent en voyage alors que ma mère est à l’hôpital, que mon père ne va pas bien non plus, que mon frère vient d’avoir un bébé…

« C’est difficile d’être australien, car on ne peut pas rentrer à la maison régulièrement. Les gens ne voient pas bien des choses. Ils me voient gagner, perdre, lancer mes raquettes et ce genre de choses, mais ils ne voient pas les défis que nous affrontons sur le circuit et dans nos vies personnelles. »

Contre Medvedev

Cette semaine, le principal défi de Kyrgios est de récupérer physiquement et mentalement de ses exploits récents. Aussi champion en double à Washington (avec l’Américain Jack Sock), il n’est arrivé à Montréal que tôt lundi matin.

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

Sebastián Báez figure au 32e rang de l’ATP.

Malgré la fatigue, l’Australien a bien amorcé l’Omnium Banque Nationale, mardi, en prenant la mesure du jeune Argentin Sebastián Báez 6-4 et 6-4.

Je suis vraiment épuisé et endolori en ce moment. Je ne suis arrivé à mon hôtel que vers 3 heures du matin lundi et je ne me suis pas entraîné. Je suis donc à la fois heureux et surpris de ma performance. Sebastián a la meilleure saison de sa carrière, il fait partie du top 35, joue très bien.

Nick Kyrgios

« Je suis donc content d’avoir pu offrir ce que tout le monde attendait : un match Kyrgios-Medvedev au prochain tour », a affirmé l’Australien.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Nick Kyrgios

Kyrgios affrontera en effet le numéro un mondial, Daniil Medvedev, au deuxième tour. « Je ne suis pas aussi frais mentalement et physiquement que je le voudrais, mais il devrait aussi être fatigué – j’espère – après avoir gagné au Mexique la semaine dernière ! 

« Je vais me reposer, voir le physio, me préparer de mon mieux afin de lui offrir une bonne opposition. Espérons qu’il fera plus chaud qu’aujourd’hui afin que les balles puissent être un peu plus rapides.

« Et ce ne serait pas un mauvais résultat de perdre contre Medvedev, c’est ce que la plupart des joueurs font ! »