(Melbourne) Denis Shapovalov a subi l’élimination en quarts de finale des Internationaux d’Australie, s’inclinant 6-3, 6-4, 4-6, 3-6, 6-3 aux mains de Rafael Nadal.

Mis à jour le 25 janvier
Stephanie Myles La Presse Canadienne

Mais le Canadien a plié bagage avec fracas.

Shapovalov a jugé que Carlos Bernardes et ses collègues arbitres de chaise d’être « corrompus », affirmant que Nadal avait bénéficié d’un traitement de faveur lors d’un match disputé par une chaleur et une humidité accablantes.

Le joueur de 22 ans a certainement eu l’impression qu’il devait affronter plusieurs adversaires.

« Physiquement, je me sens bien. Émotionnellement, c’est déchirant de perdre celui-là. J’avais vraiment l’impression d’avoir la victoire sur ma raquette, a analysé Shapovalov lors de sa conférence de presse d’après-match. Aux troisième, quatrième, cinquième manches, j’avais l’impression d’être le meilleur joueur, j’avais plus d’occasions. Juste un mauvais jeu pour moi (dans la cinquième manche). »

Shapovalov a estimé que Bernardes donnait une latitude démesurée à Nadal sur le temps entre les services et la durée de ses pauses entre les manches.

En fait, les règles de 2022 pour la « pause toilette » et un changement de vêtements combinés autorisent jusqu’à cinq minutes à partir du moment où le joueur arrive et entre dans l’emplacement hors du terrain. Nadal n’a donc pas particulièrement outrepassé les règles.

« Je pense que je me suis mal exprimé quand j’ai dit qu’il était corrompu, a ajouté Shapovalov. Mais je reste sur ma position. Je pense que c’est injuste la façon dont Rafa s’en tire. »

Shapovalov a reconnu que Nadal à lui seul était un défi suffisant sans que la foule applaudisse les premiers services manqués du Canadien et que l’arbitre accorde à Nadal ce qu’il considérait comme un traitement privilégié.

Nadal mis à mal

À la fin de la quatrième manche, alors que Shapovalov était en feu, Nadal a fait venir le médecin et le soigneur sur le terrain pour une consultation. On lui a donné des comprimés pour calmer des nausées.

« Au début du match, je jouais très bien et je sais à quel point c’est difficile d’affronter un joueur comme Denis. (Plus tard) il a servi à merveille, et surtout avec sa deuxième balle. Je pense que j’ai eu mes chances au début de la troisième manche. Je ne les ai pas saisies. Et puis j’ai commencé à me sentir un peu plus fatigué et il m’a mis de la pression », a commenté Nadal.

Lorsque Shapovalov l’a poussé à un cinquième set décisif, Nadal a quitté le terrain pour un changement de vêtements — et une évaluation médicale. Ils ont pris sa pression artérielle et ont vérifié sa condition physique, a-t-il dit.

Avec tout cela, il a fallu exactement sept minutes avant que le jeu ne reprenne.

L’élan de Shapovalov a clairement été brisé même si c’était conforme aux règlements.

Et le Canadien a noté qu’aux Internationaux d’Australie l’année dernière, il s’était vu refuser une pause-toilette parce qu’il avait déjà demandé une pause médicale.

« Où est la ligne ? […] Je respecte tout ce que Rafa a fait et je pense que c’est un joueur incroyable. Mais il doit y avoir des limites, des règles établies. C’est tellement frustrant en tant que joueur. Vous avez l’impression que vous ne jouez pas seulement contre le joueur ; vous jouez contre les arbitres, vous jouez contre tellement plus », a affirmé Shapovalov.

Nadal a estimé que Shapovalov se trompait en affirmant que le vainqueur de 20 titres du Grand Chelem avait eu droit à un traitement de faveur.

Il a attribué cela à la jeunesse.

« Honnêtement, je suis désolé pour lui. Je pense qu’il a joué un grand match. Bien sûr, c’est dur d’accepter de perdre un match comme celui-là. Surtout que je me sentais vulnérable à un certain moment et probablement qu’il l’a noté, mais j’ai réussi à gagner le match, n’est-ce pas ? a dit Nadal.

« Il est jeune. J’ai aussi fait beaucoup d’erreurs quand j’étais plus jeune, et il comprendra probablement plus tard, après avoir réfléchi de la bonne manière, qu’il n’avait probablement pas raison aujourd’hui. »

Mauvais début de Shapo

Le résultat aurait-il été différent si Shapovalov avait pris un meilleur départ ? Peut-être.

Alors que les conditions torrides étaient les mêmes pour les deux, Nadal, de 13 ans l’aîné de son rival, en a clairement ressenti les effets.

Mais Shapovalov, 14e tête de série, était un peu à plat en début de match.

« C’était les nerfs. Je ne me sentais pas à l’aise. C’était mon premier match depuis un moment au Rod Laver (Arena), il était définitivement plus à l’aise que moi. Je ne servais pas très bien, j’avais du mal avec les retours. Le rythme n’y était pas, a analysé Shapovalov. Mais oui, je suis content de la façon dont j’ai pu me battre et revenir. J’ai définitivement trouvé mon jeu en fin de troisième manche et au quatrième. »

À ce moment-là, Nadal utilisait les changements de côté sur le court en se passant le boyau d’air climatisé au visage et en mettant une serviette glacée autour du cou.

« Je n’ai plus 21 ans », a-t-il reconnu.

À certains moments, Nadal n’a même pas couru certaines balles de Shapovalov qui étaient pourtant à sa portée.

Mais à la fin, il a dit que son service — qui avait été un handicap pendant une grande partie du match, avec des problèmes avec son lancer de balle et 11 doubles fautes — l’avait finalement sauvé.

Le champion 2009 est donc de retour en demi-finales. Et avec les deux demi-finales disputées vendredi cette année (traditionnellement l’une était jouée jeudi, l’autre vendredi), il bénéficiera de deux jours de repos. Il sera confronté à l’Italien Matteo Berrettini, qui a vaincu le Français Gaël Monfils 6-4, 6-4, 3-6, 3-6, 6-2.

Le Québécois Félix Auger-Aliassime a rendez-vous avec le Russe Daniil Medvedev, deuxième tête de série, mercredi soir (3 h 30, HNE), le vainqueur se qualifiant également pour les demi-finales de vendredi.