(Paris) Les organisateurs des Internationaux de tennis de France ont défendu leur approche « pragmatique » dans la saga impliquant la détentrice de quatre titres du Grand Chelem en carrière, Naomi Osaka.

Samuel Pétrequin Associated Press

Ils ont déclaré dimanche qu’ils avaient tenté d’amorcer un dialogue avec la Japonaise en plusieurs occasions avant qu’elle décide de se retirer du tournoi pour se refaire une santé mentale.

« Nous avons fait la bonne chose », a martelé le président de la Fédération française de tennis (FFT), Gilles Moretton, en conférence de presse à l’occasion de la dernière journée du tournoi.

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Le président de la Fédération française de tennis, Gilles Moretton

Osaka s’est retirée de Roland-Garros et a écopé d’une amende de 15 000 $ pour s’être absentée d’une conférence de presse après sa victoire au premier tour.

Elle a mentionné avoir vécu des épisodes d’anxiété avant de rencontrer les membres des médias, et a révélé avoir traversé plusieurs phases de dépression ces dernières années.

« Ce que nous avons fait avec les autres tournois du Grand Chelem — il fallait le faire, a dit Moretton. Nous avons pris la bonne décision, même si vous croyez que nous aurions dû nous taire… au sujet de Naomi. »

Amélie Oudea-Castera, la directrice générale de la FFT, a dit que les organisateurs « ont vraiment tenté d’amorcer un dialogue avec Naomi, de plusieurs façons différentes, notamment en bordure des terrains d’entraînement, et par voie écrite ».

Oudea-Castera a confié que les organisateurs avaient écrit à la Japonaise en privé avant la sortie publique des quatre tournois du Grand Chelem, qui lui ont distribué une amende et l’ont prévenue que d’autres sanctions pourraient être imposées si elle gardait le cap en s’absentant des conférences de presse.

Oudea-Castera a ajouté que les organisateurs avaient seulement effleuré le thème des règlements avec Osaka.

Les joueurs de tennis ont l’obligation de participer aux conférences de presse, s’ils en reçoivent la directive. Ils peuvent écoper d’une amende allant jusqu’à 20 000 $ s’ils s’en absentent.

« Si vous avez remarqué, l’amende de 15 000 $ n’est pas le montant maximal prévu [pour ce genre d’écart de conduite], a souligné Oudea-Castera. C’était voulu. Nous voulions la limiter à 15 000 $ parce que nous voulions lui passer un message. Nous voulions adopter une approche progressive, si jamais elle continue de ne pas remplir ses obligations. »

Oudea-Castera a cependant admis que les dirigeants du tennis doivent « en faire plus » pour aider les joueurs qui sont affectés par des problèmes de santé mentale, et elle a ajouté que les quatre tournois majeurs « développeront une initiative conjointe sur cet enjeu ».

Osaka a déjà dit qu’elle souhaitait prendre une pause de son sport, et Moretton a indiqué que l’ex-joueuse de tennis française Nathalie Dechy avait reçu des nouvelles favorables de la Japonaise âgée de 23 ans, qui est no 2 mondiale.

« C’est ce qui est le plus important », a conclu Moretton.