Très touché par la pandémie, qui a forcé l’annulation de la plupart des compétitions au pays, tout en perturbant les activités de ses centres d’entraînement, Tennis Canada a dévoilé lundi la nouvelle structure qui supervisera le développement de l’élite au pays.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

L’annonce du départ à la « retraite » de Louis Borfiga, il y a quelques mois, a amené l’organisme à se réorganiser. Sans surprise, Guillaume Marx et Sylvain Bruneau, les principaux adjoints de Borfiga au Centre national de tennis, occuperont des rôles clés dans la relance.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Louis Borfiga

Marx dirigera le Centre national, les centres d’entraînement régionaux, situés à Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary, ainsi que le programme de tennis masculin professionnel.

Bruneau prendra entièrement en charge le tennis féminin professionnel et de transition, tout en poursuivant son travail d’entraîneur auprès de Bianca Andreescu. Jocelyn Robichaud (développement des entraîneurs) et Janet Petras (directrice des programmes) occuperont également des postes d’importance.

« Nous sommes très reconnaissants pour le travail accompli par Louis au cours des 15 dernières années », a souligné lundi en visioconférence Hatem McDadi, vice-président principal du développement de l’élite chez Tennis Canada, qui a supervisé le processus de réorganisation.

« Son expertise et son expérience nous ont permis d’atteindre de nouveaux sommets. Nous savons que nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers si nous voulons continuer à avoir du succès. C’est pourquoi nous mettons en place aujourd’hui une équipe intégrée de leaders éprouvés, à laquelle s’ajouteront de nouveaux experts, qui travailleront étroitement avec tout notre personnel et avec nos partenaires dans le but d’atteindre notre plein potentiel en tant que nation de tennis. »

Deux nouveaux postes stratégiques sont créés : celui de chef du développement des 15 ans et moins (relève), ainsi que celui de chef de la science et de la médecine du sport. McDadi a confirmé lundi que le processus de sélection et d’embauche des titulaires de ces postes était en cours.

Borfiga, qui va assurer la transition dans un rôle de consultant jusqu’à son retour en France, en septembre, s’est dit optimiste pour l’avenir du tennis canadien. « Je vais partir avec le sentiment que le développement du tennis est entre bonnes mains. Guillaume, Sylvain, Jocelyn sont prêts à prendre plus de responsabilités. »

Préserver les acquis

Marx, qui est aussi venu de France pour accepter un poste à Tennis Canada en 2006, a joué un rôle essentiel dans la progression fulgurante de Denis Shapovalov et de Félix Auger-Aliassime. Il a d’ailleurs été l’entraîneur de ce dernier jusqu’à l’automne 2020.

« Montréal est certainement devenu une ville d’adoption pour ma famille et moi. J’ai eu la chance d’être aux premières loges pour observer le changement de culture qui s’est opéré dans la dernière décennie pour le tennis canadien.

« Je me souviens que Louis [Borfiga] avait dit en 2007 que ça prendrait 10 ans avant qu’on voie les résultats du travail de développement au Centre national et partout au pays. Ça semblait long, 10 ans, mais on y est et les résultats sont là ! »

Je compte bien tout faire pour que nous puissions continuer de connaître autant de succès sur la scène internationale.

Guillaume Marx

À court terme, Marx estime qu’il faut se concentrer à préserver les acquis de l’ère Borfiga. En privant Tennis Canada des revenus de la Coupe Rogers, la pandémie a beaucoup retardé les programmes de développement, en plus d’obliger Tennis Canada à procéder à des mises à pied.

« Louis nous a inculqué une culture de gagnants qu’il va falloir entretenir et transmettre à tous nos joueurs, a-t-il dit. Il va aussi falloir ramener nos entraîneurs, en embaucher d’autres, afin d’offrir à nos joueurs le meilleur encadrement possible.

« L’objectif est toujours d’obtenir du succès au plus haut niveau, en Grand Chelem, en Coupe Davis, en Coupe Billie Jean King. Nous voudrions aussi avoir plus de joueurs et de joueuses dans le top 100. »

Sylvain Bruneau, qui est actuellement en Europe, où il prépare Bianca Andreescu pour le tournoi de Roland-Garros, ne participait donc pas à la visioconférence de Tennis Canada.

Dans un communiqué, il s’est dit « heureux de pouvoir continuer de [s]’investir et contribuer aux succès du développement du tennis féminin au pays ».

« Déjà, depuis mes débuts chez Tennis Canada, j’ai pu voir une très belle évolution et j’ai eu la chance d’accompagner et de soutenir de grandes athlètes. Nous avons une belle relève qui s’annonce et nous avons certainement de grandes ambitions pour les années à venir. »

Borfiga a assuré que Bruneau continuerait d’accorder la priorité à son rôle auprès d’Andreescu, tout en s’acquittant de ses autres tâches.