Impressionnante dans les moments-clés, Leylah Annie Fernandez a remporté un premier titre en carrière sur le circuit de la WTA, dimanche soir, au Mexique.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

La Québécoise a dominé la Suissesse Viktorija Golubic, 6-1 et 6-4, en finale du tournoi 250 de Monterrey.

Au terme du point final, elle a célébré. Mais elle n’a pleinement mesuré ce qui venait de se passer que cinq minutes plus tard, a-t-elle raconté lors de la visioconférence en trois langues – elle parle français, anglais et espagnol – avec les médias après le match.

Soit lorsqu’elle a aperçu les dignitaires et les trophées en direction du court.

« Je me suis assise, j’ai pris quelques profondes respirations et j’ai réalisé que j’avais gagné. »

Puis, l’émotion a pris le dessus.

L’an dernier, à Acapulco, elle s’était inclinée en finale, battue en trois manches par la Britannique Heather Watson. Cette expérience l’a grandement servie dimanche soir.

« Avant le match, je parlais avec mon père, je me souvenais des émotions que j’avais ressenties l’an dernier, de la déception. Il m’a simplement dit d’utiliser cela comme carburant pour aujourd’hui et je l’ai fait, a noté la joueuse de 18 ans. J’ai pu calmer mes nerfs, mes émotions plus facilement. »

L’année passée, j’étais un peu frustrée de mes erreurs, mais cette fois, j’ai pu juste penser sur le moment d’essayer d’exécuter mon plan de jeu le plus possible et ça a marché.

Leylah Annie Fernandez

La Montréalaise n’a pas perdu une seule manche cette semaine. Elle passera ce lundi du 88e au 72e rang mondial.

Opportuniste

Au nombre des grands clichés du sport, on compte celui voulant que le pointage final ne représente pas l’allure d’un match. On ne pourra l’utiliser cette fois.

Ce sont deux manches bien différentes qu’a enlevées la Montréalaise.

La première, elle l’a survolée. En 35 minutes et des poussières. N’empêche que le résultat final s’est peut-être joué dès le long premier jeu de 16 points qu’elle a remporté malgré deux doubles fautes – dont l’une comme on en voit rarement chez les pros – et une balle de bris. Le ton était donné.

Le reste de ce set, elle l’a complètement dominé. Ça s’est joué où ? Partout. Au service, en retour. Et mentalement aussi, alors qu’elle sauvera les trois autres balles de bris contre elle dans cette manche.

Mais à la reprise, Golubic est apparue plus offensive et a diminué le nombre de fautes, a fait remarquer Fernandez en conférence de presse.

Davantage ce à quoi on était en droit de s’attendre.

Car bien que la Suissesse était 102e mondiale et issue des qualifications, elle a déjà flirté avec le top 50 (51e en 2017). Mais, plus important encore, elle connaît un fort début de saison.

Classée 138e au début de l’année, elle a été défaite en finale au tournoi WTA 250 de Lyon au début du mois. Et, en incluant les tournois ITF (niveau inférieur) et les qualifications des Internationaux d’Australie, Golubic s’est présentée contre Fernandez avec un dossier de 23-4 en 2021. En théorie, pas une proie facile, donc.

Sauf que la Québécoise, une fois de plus, a fait montre d’aplomb dans les moments cruciaux. Et à 4-4, elle a brisé Golubic avant de fermer les livres de belle façon.

« Pendant le dernier point, je ne savais pas comment elle a pu retourner les volées, mais c’était un beau point, a commenté la vainqueure. Je suis tellement contente d’avoir pu le gagner. »

Surtout que le dernier jeu – les deux derniers points, en particulier – est le moment où elle s’est sentie le plus nerveuse, a-t-elle dit. Ça n’a pas trop paru.

Deux vols, puis un match

Leylah Annie Fernandez a maintenant une fiche de 8-4 en 2021.

Cette victoire, elle était triste de ne pouvoir la souligner avec ses proches. Ce n’est pas un début de saison facile.

J’espère pouvoir célébrer bientôt ce trophée avec ma famille à la maison et avoir un bon souper tous ensemble.

Leylah Annie Fernandez

Ce gain était son 20e en carrière en tableau principal sur le circuit de la WTA, le premier ayant été enregistré à Québec en 2018, contre sa compatriote Gabriela Dabrowski.

L’année suivante, elle gagnait Roland-Garros junior, devenant la première Canadienne à mettre la main sur un Grand Chelem junior depuis Eugenie Bouchard en 2012.

Fernandez ne compte pas s’arrêter là, bien sûr. Rappelons qu’elle s’est très ambitieusement fixé l’objectif d’atteindre le top 10 dès cette année.

D’ailleurs, elle commençait déjà à tourner la page à peine une heure après ce premier titre.

« Je suis contente, mais maintenant, je dois penser à comment je peux améliorer mon jeu, a-t-elle indiqué aux journalistes. J’espère pouvoir gagner un deuxième titre bientôt. »

Dimanche soir, elle sautait déjà dans un avion, avant d’en prendre un autre lundi matin en direction de Miami… où elle devrait jouer dès lundi soir un match de qualification pour ce tournoi de catégorie 1000. Elle est la deuxième favorite du tableau de qualification.

Dans un autre ordre d’idées, nous ne sommes qu’en mars et il s’agissait déjà d’une troisième finale canadienne en 2021, après Félix Auger-Aliassime à Melbourne et Eugenie Bouchard à Guadalajara. Le tennis canadien se porte bien, disait-on.