Bianca Andreescu renouera avec la compétition la semaine prochaine, près de 16 mois après son dernier match. En santé, assure-t-elle.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

En arrivant sur le podium vers 21 h 40, heure de Montréal, pour la conférence de presse, Bianca Andreescu a commencé par saluer l’auditoire avant d’ajouter : « Ça fait longtemps, très longtemps… »

La Canadienne n’a pas joué depuis octobre 2019, alors qu’une blessure au genou gauche l’a forcée à l’abandon après une manche contre Karolína Plíšková, aux Finales de la WTA, en Chine.

Elle comptait renouer avec la compétition cette semaine, mais le coronavirus a modifié ses plans. Arrivée à Melbourne à bord d’un avion dans lequel au moins un passager avait été déclaré positif à la COVID-19, elle s’est retrouvée en confinement strict pendant 14 jours.

Comment a-t-elle occupé ses journées ?

« Beaucoup de Xbox [Call of Duty], je dois dire ! On peut faire du conditionnement physique par Zoom, du shadow tennis, mais pas sans arrêt. La Xbox m’a fait décrocher, a-t-elle raconté. J’ai aussi interagi avec les fans ; ce n’est pas comme en personne, mais que pouvions-nous y faire ? J’ai beaucoup lu, médité, fait mon travail de visualisation, comme d’habitude. »

Puis, elle a regardé de ses matchs de 2019, ajoutera-t-elle plus tard, ce qu’elle n’aime pas faire habituellement. Pour retrouver un certain état d’esprit. « Et ça m’a inspirée, finalement. »

Certains joueurs se sont plaints de leurs conditions, suscitant l’ire d’une partie de la population qui sortait d’un confinement sévère de plusieurs mois. Pas elle. Au contraire, l’Ontarienne a apprécié ce temps libre.

De toute façon, elle avait auparavant goûté à la quarantaine au Canada, elle en avait donc déjà l’expérience.

« Bien sûr, j’ai eu de mauvaises journées et je me demandais : “Pourquoi moi ?” Mais je me disais que je m’entraînais depuis cinq mois et que c’était peut-être une bonne chose que mon corps se repose un peu. Et ma tête aussi », a-t-elle expliqué.

Son équipe lui manquait, cependant. Et le court, évidemment.

Prudence

Quand elle est sortie de l’hôtel pour la première fois en deux semaines, ses yeux ont eu besoin de quelques instants d’adaptation.

« Je pouvais seulement voir 10 pieds devant moi ! », dit-elle.

Elle a retrouvé son entourage, sauf son entraîneur Sylvain Bruneau – déclaré positif à la COVID-19 à son arrivée sur le sol australien –, à qui il restait un jour de confinement à respecter.

« Il était la pièce manquante du puzzle ce jour-là », a souligné la huitième joueuse mondiale, également huitième favorite de ces Internationaux d’Australie.

Le coach se sent bien, assure-t-elle. Et, heureusement, personne d’autre dans l’équipe n’a été infecté.

Au sortir de cette quarantaine, Andreescu s’était inscrite au tournoi Grampians Trophy, où elle devait tenir le rôle de favorite. Elle s’est désistée quelques jours plus tard. Ce qui a fait craindre le pire à certains fans, qu’elle s’est empressée de rassurer par l’entremise des réseaux sociaux.

Elle a réitéré que son groupe et elle avaient pris cette décision simplement parce qu’elle n’avait pas eu suffisamment de temps d’entraînement. Elle et 71 autres joueuses et joueurs malchanceux avaient été confinés strictement.

Les 184 autres – dont aucun à bord de l’avion n’a été déclaré positif – observaient également une quarantaine de 14 jours, mais avaient droit à cinq heures d’entraînement quotidien.

Quant à sa santé, Andreescu a affirmé à maintes reprises qu’elle était au point. Qu’elle s’entraîne depuis cinq mois. Et qu’elle sera simplement reconnaissante de revenir enfin au jeu.

« J’ai réellement hâte d’y être, a-t-elle répété. Je serai sans doute plus nerveuse que d’habitude, mais je ne pense pas avoir beaucoup de pression sur les épaules. Oui, je suis classée, mais je n’ai pas joué depuis si longtemps. »

N’empêche, son esprit combatif n’a pas disparu. « Je ne sais pas comment ça se passera, mais j’ai confiance en mes habiletés. »

Andreescu n’a plus joué de tournoi majeur depuis son sacre à New York, en 2019, contre Serena Williams. Cette année-là, elle avait également remporté Indian Wells et la Coupe Rogers, passant du 152e au 5e échelon mondial – elle a atteint le 4e en cours de saison –, malgré des blessures qui l’avaient gardée sur la touche par moments.

Lorsque les activités de la WTA ont recommencé, à l’été 2020, après une pause causée par la pandémie de COVID-19, elle a choisi de demeurer à l’écart, renonçant ultérieurement au reste du calendrier pour veiller à sa santé et à son entraînement.

La Canadienne s’est beaucoup ennuyée des courts, on l’a dit.

De quoi d’autre ? Elle réfléchit longuement.

« De beaucoup de choses. De voyager dans les plus beaux endroits du monde. Jouer dans les plus grands tournois. Manger la meilleure nourriture », énumère-t-elle. Avant de conclure : « Et de gagner aussi. »