(Melbourne) Les fumées toxiques provenant de gigantesques incendies dans le sud de l’Australie ont perturbé mercredi l’Open de tennis à Melbourne pour la deuxième journée consécutive. Les matchs de qualification ont été retardés, ce qui renforce les interrogations sur le maintien du premier Grand Chelem de l’année.  

Agence France-Presse

Les rencontres ont débuté avec une heure de retard, vers 13 h locales (2 h GMT), dans des conditions meilleures, mais toujours brumeuses.  

La qualité de l’air de la ville était « très mauvaise » à 9 h, soit un peu moins dégradée que mardi où elle était qualifiée de « dangereuse » par l’Agence pour la protection de l’environnement de l’État de Victoria (EPA). La Slovène Dalila Jakupovic avait alors dû abandonner au premier tour des qualifications, après avoir souffert de violentes quintes de toux sur le court.

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Un spectateur porte un masque lors d’une séance d’entraînement au Melbourne Park, en Australie

« Les conditions au Melbourne Park sont surveillées constamment », a déclaré la Fédération australienne de tennis, chargée de l’organisation du premier tournoi majeur de la saison qui doit débuter le 20 janvier et se terminer le 2 février.

Pluies espérées

Les décisions concernant la reprise du jeu seront prises en concertation avec l’équipe médicale du tournoi, les services météorologiques et des scientifiques de l’EPA, a précisé la Fédération, pressée de prendre des mesures ces dernières semaines en raison de la dégradation de l’air provoquée par les incendies mortels qui ravagent le pays depuis septembre et s’approchent des grandes villes.

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Photo satellite de l’est de l’Australie prise le 31 décembre 2019

Le ciel pourrait toutefois offrir un répit aux joueurs puisque le bureau météorologique de l’État de Victoria prévoit des orages dans la journée de mercredi qui pourraient être accompagnés de pluies diluviennes.  

Mardi, les autorités avaient conseillé aux habitants de Melbourne de « rester à l’intérieur portes et fenêtres fermées », mais les organisateurs avaient maintenu les matchs en dépit également de la chaleur de l’été australien.

Outre Jakupovic, la Canadienne Eugenie Bouchard avait souffert de douleurs à la poitrine, vraisemblablement dues à des difficultés respiratoires, et l’Australien Bernard Tomic a déclaré avoir eu du mal à respirer.

Plusieurs joueuses et joueurs ont critiqué la décision de faire jouer des matchs dans ces conditions, comme l’Ukrainienne Elina Svitolina ou le Français Gilles Simon.

Toits rétractables et courts intérieurs

« Pourquoi devons-nous attendre quelque chose de grave pour faire quelque chose ? », a tweeté l’Ukrainienne, 5e joueuse mondiale et finaliste du dernier Masters, en accompagnant son message d’un graphique avec les données météo du jour à Melbourne.

L’ancienne N.1 mondiale Maria Sharapova, qui participait à un tournoi exhibition à Kooyong, en banlieue de Melbourne, a préféré elle aussi ne pas aller au bout de son duel avec l’Allemande Laura Siegemund (6-7 (4/7), 5-5), d’un commun accord avec son adversaire, en raison des conditions de jeux « extrêmes ».

Le patron de l’Open d’Australie Craig Tiley a balayé les critiques, affirmant que « tout le monde a reçu un courriel », expliquant que toute décision était prise après consultations d’experts.

Tiley avait affirmé la semaine passée qu’une annulation de l’Open d’Australie, ce qui serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale, était peu probable, alors que le N.2 mondial Novak Djokovic, président du Conseil des joueurs au sein de l’ATP, avait estimé que cette question devait être posée.

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Le patron de l’Open d’Australie Craig Tiley

Le complexe où se déroule l’Open d’Australie dispose de trois courts dotés d’un toit rétractable ainsi que de huit courts en intérieur qui seraient de fait moins touchés par une pollution atmosphérique.

Depuis le début des feux dévastateurs en septembre, au moins 28 personnes et 1 milliard d’animaux sont décédés en Australie, plus de 2000 maisons ont été détruites et une zone de 100 000 kilomètres carrés (10 millions d’hectares) – plus grande que la superficie de la Corée du Sud – est partie en fumée.

Le bilan humain est passé de 27 à 28 morts mercredi, les autorités ayant confirmé qu’un pompier décédé fin novembre lors d’un accident de la route était en train de lutter contre un incendie.