On s’y attendait un peu depuis quelques semaines. Félix Auger-Aliassime a confirmé jeudi qu’il ne travaillerait plus avec l’entraîneur Guillaume Marx. Après six années d’une collaboration très fructueuse, le joueur de 20 ans a estimé qu’un changement était nécessaire.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Pour l’instant, il va continuer de travailler avec l’entraîneur français Frédéric Fontang, qui collaborait déjà avec Marx, et tous les autres membres de son équipe. On peut toutefois penser qu’un autre entraîneur va intégrer le groupe au cours des prochaines semaines.

Dans un message publié sur son compte Twitter, Auger-Aliassime a assuré que la collaboration avec Marx se terminait « dans l’intégrité et le plus grand respect. Au cours des six dernières années, j’ai eu la chance de travailler avec un entraîneur passionné et dévoué entièrement à ma carrière et à la réussite de mon projet ». Après avoir reconnu que « c’est en grande partie grâce à lui que je suis rendu à ce stade de ma carrière », Auger-Aliassime a assuré Marx de sa reconnaissance éternelle.

De toute évidence, le divorce n’est pas acrimonieux. En fait, comme le soulignait jeudi Louis Borfiga, le directeur du Centre national de Tennis Canada : « C’est même plutôt étonnant qu’ils aient travaillé ensemble aussi longtemps. Guillaume a fait un travail extraordinaire avec Félix qu’il a pris quand il avait 14 ans et qu’il a amené au top 20 mondial. C’est très rare dans le tennis d’aujourd’hui. »

Borfiga a quand même été surpris par l’annonce, mais considère qu’il s’agit d’une étape normale dans le développement et la carrière d’un athlète. « Félix est rendu à l’âge où il prend ses décisions lui-même, sans avoir à consulter tous les gens autour de lui. »

Auger-Aliassime, qui réside maintenant à Monaco, assume depuis plusieurs mois tous les frais liés à sa carrière. Il est donc entièrement libre de travailler avec l’équipe de son choix.

Ce que je comprends, c’est qu’il avait envie d’entendre un autre discours, une autre voix, comme beaucoup d’autres joueurs l’ont fait avant lui.

Louis Borfiga, directeur du Centre national de Tennis Canada

« Sans que cela remette en question la compétence de Guillaume. Il va peut-être entendre la même chose, mais d’une manière différente, avec une autre attitude qui le mettra plus à l’aise et lui permettra peut-être de franchir un autre pas », a expliqué Borfiga.

Atteindre la prochaine marche

Battu au premier tour du Masters de Paris en début de semaine, Auger-Aliassime a maintenu une fiche de 23 victoires et 17 défaites cette saison, avec notamment trois finales, toutes perdues, à Cologne, Marseille et Rotterdam. Toujours à la recherche d’un premier titre sur le circuit ATP après six finales, Auger-Aliassime a sans doute estimé qu’il commençait à plafonner, d’où sa volonté d’apporter un changement à son équipe.

La saison tire à sa fin et plusieurs entraîneurs réputés sont ou seront disponibles. Il ne fait aucun doute que plusieurs d’entre eux voudront travailler avec le joueur canadien et ce serait étonnant qu’il n’ait pas déjà reçu des propositions.

« Aujourd’hui, c’est encore tout frais dans la tête de Félix et de son entourage, de son père, de Fred Fontang aussi », a souligné Louis Borfiga.

Pour l’instant, il y a quand même une certaine continuité et il faudra voir s’ils vont décider d’ajouter une nouvelle personne dans leur équipe. Ce sera leur décision.

Louis Borfiga

De son côté, Guillaume Marx va pouvoir reprendre ses fonctions avec les joueurs du Centre national.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Guillaume Marx, qui a travaillé pendant six ans avec Félix Auger-Aliassime, reprendra ses fonctions avec les joueurs du Centre national de Tennis Canada.

Responsable du développement de l’élite masculine à Tennis Canada, l’entraîneur français a supervisé l’éclosion de ce qu’on a appelé la « génération dorée », avec notamment des joueurs comme Auger-Aliassime et Denis Shapovalov. Une victoire en Coupe Davis junior et plusieurs titres dans les tournois juniors du Grand Chelem ont été suivis par l’accession des deux jeunes joueurs au top 20 mondial.

« Tennis-Canada ne peut se permettre de se priver d’un entraîneur pareil, avec toute son expérience, a insisté Louis Borfiga. Son poste n’est en aucun cas en danger et nous allons l’employer pour le bien du tennis canadien. »