(Paris) « Les conditions sont probablement les plus difficiles que j’ai jamais connues à Roland-Garros », a décrit vendredi Rafael Nadal, en quête d’un extraordinaire treizième sacre sur la terre battue parisienne qui lui permettrait d’égaler le record de couronnes en Grand Chelem (20) établi par Roger Federer.

Agence France-Presse

Q : Vous restez sur une défaite en quart de finale à Rome la semaine dernière pour votre retour sur terre battue. Dans quel état d’esprit arrivez-vous à Paris ?

R : « C’est une situation très étrange pour tout le monde. La situation ici est complètement différente de celle de Rome. À Rome, les conditions de jeu étaient bonnes. Ici, elles sont très, très difficiles. Il fait tellement froid. Neuf degrés (la température vendredi matin, NDLR)… C’est une situation extrême pour jouer un tournoi en extérieur, avec de la pluie presque chaque jour, le froid, le vent… Après, ça fait deux jours que je m’entraîne ici, et j’ai fait de bons entraînements, j’ai des sensations positives. Je vais continuer à travailler dur, essayer de me concentrer sur ce que je fois faire pour être prêt. »

Q : Comment vivez-vous les restrictions hors du court liées à la COVID-19 ?

R : « Ce qui nous manque le plus, c’est le climat ! Un climat adapté, des conditions de jeu un peu plus raisonnables pour un tournoi sur terre battue. À neuf degrés, le corps souffre un peu. Sinon, ce qui manque le plus, c’est l’ambiance joyeuse qu’on aime tous, pas que dans le tennis, dans la vie en général. Après, tout ce qui se passe hors du court a un impact minime sur ce qui se passe sur le court. Que je loge dans un autre hôtel, c’est comme ça, ça ne va pas me faire gagner ou perdre le moindre point. Qu’on ne puisse pas sortir dîner, c’est comme ça. C’est un moment qui nous permet de sortir un peu de la routine du tennis d’habitude, mais on ne peut pas en ce moment. »

Q : Novak Djokovic a estimé à Rome que vous étiez plus vulnérable sur terre battue cette année à cause du manque de préparation et des conditions. Qu’en pensez-vous ?

R : « C’est 100 % vrai. La situation est particulière. Les conditions sont probablement les plus difficiles que j’ai jamais connues à Roland-Garros pour plein de raisons. Il fait très froid. Les conditions de jeu sont lentes. La balle a changé, elle est complètement différente. Très lente, lourde. Quand il fait chaud, elle l’est déjà, alors là, avec le froid, c’est comme une pierre, mais il faut s’y adapter. Bien sûr ma préparation a été plus courte que d’habitude. Mais je suis là pour me battre et jouer avec l’intensité la plus élevée possible, pour m’entraîner avec la bonne attitude, pour me donner une chance. Mon premier objectif, c’est d’être compétitif lundi. Je connais très bien cet endroit. Il faut être patient, positif, essayer de trouver de bonnes sensations jour après jour. Je sais que ça va être un gros challenge de bien jouer ici. Mais je l’ai fait dans le passé. »

Q : Comment imaginez-vous adapter votre jeu aux conditions ?

R : « On ne peut pas nager à contre-courant, il faut faire avec les conditions, ne pas aller contre. Je ne peux pas changer mon jeu drastiquement du jour au lendemain. Je ne vais pas dire que j’adore la balle si ce n’est pas le cas. Est-ce que j’aime cette balle ? Non. Mais je vais jouer avec cette balle, on va tous jouer avec cette balle. Celui qui aura la capacité de s’adapter aura plus de chances de succès, et je fais les choses du mieux que je peux pour me donner ces chances-là. Si je n’étais pas ici pour essayer de relever le défi d’aller jusqu’au bout, je ne serais pas là. Les conditions ne sont pas idéales, c’est vrai, ma préparation aurait pu être meilleure, c’est vrai aussi, mais il faut savoir gérer les situations comme elles se présentent. C’est ce que j’essaie de me répéter et de mettre en pratique jour après jour. Je ne vais pas grossir les problèmes. Au contraire, je vais essayer de les minimiser avec une attitude positive pour que les choses se passent bien. »

Propos recueillis en conférence de presse