(New York) La Japonaise Naomi Osaka, qui avait annoncé son retrait du tableau du tournoi de Cincinnati, pour protester contre les tirs de la police sur l’Afro-Américain Jacob Blake, s’est dite finalement prête à jouer sa demi-finale vendredi, a-t-elle annoncé jeudi.

Agence France-Presse

« Comme vous le savez, je me suis retirée du tournoi hier pour soutenir la lutte contre l’injustice raciale et la violence policière continue. J’étais (et je suis) prête à donner le match à mon adversaire », a-t-elle écrit dans un communiqué.

Cependant, après mon annonce et de longues consultations avec le circuit féminin WTA et la fédération américaine de tennis (USTA), j’ai accepté à leur demande de jouer vendredi. Ils ont proposé de reporter tous les matchs à vendredi et dans mon esprit, cela apporte plus d’attention au mouvement.

Naomi Osaka

Dans la foulée du boycottage de cette demi-finale, prévue contre la Belge Elise Mertens, l’USTA organisatrice du tournoi de Cincinnati a en effet décidé d’interrompre le jeu toute la journée de jeudi pour reprogrammer les matchs vendredi, repoussant de facto les finales dames et messieurs à samedi.

« En tant que sport, le tennis prend collectivement une position contre l’inégalité raciale et l’injustice sociale qui une fois de plus ont été mises au premier plan aux États-Unis. L’USTA, les circuits ATP et WTA ont décidé de reconnaître ce moment en interrompant le jeu », avait justifié l’instance.

De son côté, Osaka, suivant le mouvement de boycottage des Milwaukee Bucks de leur match de séries éliminatoires NBA contre Orlando, avait justifié son choix ainsi : « En tant que femme noire, j’ai l’impression qu’il y a des questions beaucoup plus importantes qui nécessitent une attention immédiate, plutôt que de me regarder jouer au tennis ».

« Je ne m’attends pas à ce que quelque chose de radical se produise si je ne joue pas, mais si je peux engager une discussion dans un sport majoritairement blanc, je considère que c’est un pas dans la bonne direction », avait ajouté la 10e mondiale, née de mère japonaise et de père haïtien.