Que ce soit l’an prochain ou plus tard, la Coupe Rogers sera à nouveau disputée et les amateurs sont impatients de retrouver la nouvelle génération de champions canadiens.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

« On a hâte de revoir tous nos jeunes, lance Eugène Lapierre, avec enthousiasme. On a beau tenir le meilleur tournoi, avoir des gradins remplis, voir que les joueurs étrangers sont heureux, ça nous aide de voir que ces succès aident à produire des athlètes qui font rêver les jeunes, ici au Canada, mais aussi partout dans le monde. Nos athlètes sont actuellement parmi les plus populaires partout où ils jouent.

« Denis [Shapovalov], Félix [Auger-Aliassime], Bianca [Andreescu] sont toujours très en demande partout où ils vont et ça nous aide énormément pour notre positionnement sur la scène internationale. »

Auger-Aliassime, qui vient de célébrer son 20e anniversaire, sera à New York dans quelques jours pour préparer la reprise des activités sur le circuit masculin. Et chez les femmes, il y a Leylah Annie Fernandez qui cogne aux portes du top 100 mondial alors qu’elle n’a que 17 ans. Elle aussi sera des Internationaux des États-Unis.

Les deux Québécois regrettent évidemment l’annulation de la Coupe Rogers.

« C’est dommage que le tournoi n’ait pas lieu cette année, a souligné Auger-Aliassime, il y a quelques jours, en entrevue. Pour moi, c’est toujours une date importante au calendrier, particulièrement quand c’est à Montréal. Bien sûr, cela amène plus de pression, un peu plus de nervosité aussi, mais par contre, l’engouement et l’appui du public sont tellement forts. »

Les joueurs qui pratiquent des sports d’équipe peuvent jouer à la maison toutes les semaines ou aux deux semaines ; nous, on n’a qu’un tournoi à la maison chaque année, alors c’est sûr qu’on l’attend impatiemment.

Félix Auger-Aliassime

« Moi, j’ai vécu l’un des meilleurs moments de ma carrière en termes d’émotions l’été dernier à Montréal ; de ne pas pouvoir les vivre cette année, de ne pas revenir jouer à Montréal avant 2022, c’est dommage. Cela dit, c’est normal dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons présentement, et le plus important est que tout le monde soit en sécurité. »

Fernandez attend 2021 avec impatience

PHOTO PEDRO PARDO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Leylah Fernandez

Leylah Annie Fernandez était sur une formidable lancée quand la pandémie a interrompu les activités sur le circuit féminin. Confinée en Floride, où elle vit avec sa famille, la Québécoise a continué de s’entraîner et elle a repris la compétition cette semaine à Lexington. Elle aurait préféré que ce soit chez elle.

« Le tournoi féminin devait avoir lieu à Montréal et j’étais très déçue quand j’ai appris la nouvelle de l’annulation, a-t-elle raconté il y a quelques jours en entrevue. Je suis restée maussade pendant plusieurs heures après ça ! »

Je comprends évidemment la situation, mais c’est quand même dommage. J’espérais que ce soit encore les femmes qui visitent Montréal l’année prochaine et j’ai été très contente quand j’ai appris que ce serait le cas.

Leylah Annie Fernandez

« Je me souviens d’avoir vécu une expérience incroyable il y a deux ans dans les qualifications [elle s’était inclinée au dernier tour dans un long match de 2-6, 6-3, 6-4, devant la Britannique Katie Boulder]. L’environnement était incroyable avec tous ses spectateurs qui m’encourageaient et j’ai déjà très hâte de revivre ça. »

Après avoir progressé de 90 places au classement en quelques semaines au début de l’année, Fernandez se croit prête à reprendre son élan. « J’ai pu m’entraîner avec Vika Azarenka, Shelby Rogers, Magda Linette et quelques joueuses du top 100. J’ai aussi pu disputer quelques matchs de démonstration. Ça m’a donné une bonne idée de mon niveau actuel et ça me donne beaucoup de confiance.

Fernandez est revenue au jeu cette semaine à Lexington et elle a surpris l’Américaine Sloane Stephens, ancienne championne en Grand Chelem, au premier tour. Maintenant 110e mondiale, la Québécoise sera la seule Canadienne du tableau en simple à New York, où elle disputera les Internationaux des États-Unis pour la première fois.

« Mes objectifs sont les mêmes et j’aimerais entrer dans le top 100 d’ici la fin de l’année. Je veux jouer à New York, en Europe par la suite, mais on va y aller une étape à la fois. Le plus important est de rester en santé, de bien terminer la saison et d’être prête pour 2021. »