(Montréal) Le 19 décembre 2018, Aleksandra Wozniak tirait un trait sur sa carrière professionnelle. Quelque 18 mois plus tard, elle a toujours le tennis dans la peau.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Celle qui a déjà occupé le 22e rang mondial au classement de la WTA ne songe toutefois pas à un retour à la compétition. Mais partager sa passion, plus que jamais.

Ainsi, du 20 au 26 juin prochains, la femme de 32 ans accueillera une vingtaine de passionnés de tennis pour son premier camp Aleksandra-Wozniak, sur les terrains qui portent maintenant son nom, à Blainville.

« Quand la ville de Blainville m’a honorée en m’intronisant au Panthéon des sports de la ville, il y avait une autre belle surprise pour moi : renommer à mon nom les terrains où j’ai appris à jouer. C’est ce qui m’a inspirée à lancer ce camp pour tous les niveaux de joueurs, qu’ils soient enfants ou adultes, a déclaré Wozniak en entrevue avec La Presse canadienne. Je voulais partager mon plaisir et ma passion pour le sport. »

PHOTO RYAN REMIORZ, PRESSE CANADIENNE

L'ex-No canadienne Aleksandra Wozniak, annonçant sa retraite après 13 ans de compétition le 19 décembre 2018 à Montréal.

L’idée a plu : une quarantaine de personnes se sont inscrites à ce camp, quelques-unes venant d’aussi loin que la Gaspésie ou Ottawa. Les gens ont pris une semaine de vacances pour pouvoir y participer. La COVID-19 est venue tout chambouler. Elle a dû diviser le groupe en deux, puisque les entraîneurs sont limités à quatre joueurs par court. Elle doit trouver les dates pour la deuxième semaine de ce camp, question d’accommoder le plus de gens possible.

« Je suis une personne qui cherche à tout faire pour qu’on réussisse, alors c’est certain que je vais tenter de trouver la meilleure date possible pour le reste des gens. On s’ajuste et on s’adapte. On doit faire attention : nous n’avons pas le choix. Au moins, ce n’est pas annulé. Je suis contente qu’on puisse aller de l’avant avec ce camp. »

Elle ne sait toujours pas si ce camp reviendra l’an prochain, car un autre gros projet se dessine : l’Académie Aleksandra-Wozniak qui verra le jour à l’automne, à Bedford, en Montérégie.

« Ça fonctionne bien, nous avons plusieurs inscriptions, souligne la lauréate 2009 du prix Bobbie-Rosenfeld, remis à l’athlète féminine au pays par La Presse canadienne. J’ai même des universités qui s’inscrivent présentement, comme des entraîneurs européens qui veulent y venir avec leurs athlètes. Nous offrirons des formules incluant logis et repas et nous sommes en négociations avec trois commanditaires qui vont s’associer à l’académie pour créer de nouveaux champions et championnes. »

Comme si elle n’avait pas assez de projets en branle, Wozniak, qui a passé la dernière année comme directrice de marketing pour une compagnie québécoise de vêtements thérapeutiques, a aussi complété sa licence d’entraîneur de Tennis Canada. La reverra-t-on sur le circuit professionnel ?

« J’aimerais bien le faire de façon ponctuelle, quelques semaines par année, pas de janvier à novembre comme lorsque je jouais, admet-elle. J’aime mieux partager ma passion avec plus de gens par le truchement de l’académie. »

Elle trouve même le temps d’endosser des produits, comme le gel énergétique à base de sirop d’érable Reboost, dont elle est la porte-parole en compagnie d’une vingtaine de sportifs québécois.

« J’aurais voulu le connaître plus tôt ! Vasek Pospisil utilisait du sirop à même la canne l’an dernier ! C’est surtout un produit qui permet au corps de garder ses réserves de glucose pendant de longues périodes. Le tennis peut parfois demander trois heures d’efforts soutenus. En plus, c’est 100 % pur et québécois, alors, j’appuie ça. »

Un appui sans commune mesure

Difficile de parler à Aleksandra Wozniak sans lui demander son opinion sur Tennis Canada et la flopée de jeunes Canadiens à l’assaut des classements mondiaux. Aurait-elle aimé profiter de tout l’appui dont disposent les jeunes joueurs d’aujourd’hui ?

« Ça s’est tellement développé et beaucoup amélioré, surtout sur la façon dont ils encadrent les joueurs, a-t-elle souligné. C’est complètement différent. J’étais la seule Québécoise dans le top-50 à voyager sur le circuit à l’époque, Milos (Raonic) commençait sa carrière. Il y a plusieurs joueuses canadiennes qui sont beaucoup mieux encadrées que dans mon temps : l’appui financier pour leurs entraîneurs, leurs hôtels, des per diem, etc. Ils ont beaucoup plus de moyens maintenant. C’est bon de voir qu’en raison de cet encadrement, nous avons plus de joueurs sur les circuits professionnels maintenant. »

En quelque sorte, elle croit avoir participé à cet essor.

« Je pense que comme Louis Borfiga (vice-président au développement de l’élite à Tennis Canada) j’ai été une pionnière pour le tennis professionnel canadien. Je pense que ça a contribué à ce que d’autres joueuses visent le tennis professionnel. »