Président des Internationaux de tennis junior de Repentigny, Benoit Delisle savait depuis deux jours que l’évènement n’aurait pas lieu en 2020. Mais dans les faits, il s’en doutait depuis un mois, soit depuis que le coronavirus a été identifié comme étant une pandémie.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Après l’annulation plus tôt cette semaine du volet féminin de la Coupe Rogers de 2020 à Montréal, Tennis Canada a annoncé des décisions semblables pour deux autres tournois qui devaient avoir lieu au Québec cet été.

En plus des Internationaux de Repentigny, qui devaient se dérouler du 30 août au 5 septembre et qui accueillent plusieurs des futures étoiles du tennis depuis plus de 30 ans, Tennis Canada a aussi annoncé l’annulation du Challenger de Granby, prévu du 18 au 26 juillet.

Ces décisions ont été prises « en raison de la situation exceptionnelle provoquée par la pandémie de COVID-19 », a précisé Tennis Canada dans un communiqué. Elles surviennent moins d’une semaine après l’annonce du gouvernement du Québec d’interdire la tenue d’évènements sportifs jusqu’au 31 août.

« On s’y était préparé. On ne peut pas dire que j’ai fait le saut », a admis Delisle, qui craignait un tel dénouement à cause de l’étendue internationale du tournoi dont il est le président depuis 15 ans.

« On reçoit quand même une trentaine de pays en moyenne. On a beaucoup d’Asiatiques, et on a des joueurs qui viennent de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Je m’étais déjà fait à l’idée. Je ne crois pas que les frontières vont être ouvertes comme on le veut. On va dire d’ici la fin de l’année, ç’a été mon premier “feeling” de dire ça. Ce qui est international, ça va être difficile pour 2020 », estime-t-il.

Cette annonce fait d’autant plus mal que les deux évènements allaient vivre des étapes importantes de leur histoire. Le tournoi de Granby devait célébrer son 25e anniversaire cet été, et celui de Repentigny, son 35e.

« L’annulation de notre tournoi a des répercussions importantes pour notre organisation. Dans les prochaines semaines, nous concentrerons nos efforts à entreprendre des démarches dans le but d’obtenir des aides financières qui nous aideraient à couvrir nos dépenses récurrentes pour ainsi limiter les dommages », a déclaré le président du comité organisateur du Challenger de Granby, Alain Faucher.

Quant au tournoi de Repentigny, auquel ont participé de nombreux Canadiens comme Bianca Andreescu, gagnante en 2015, Eugenie Bouchard, qui a triomphé en 2011, ainsi que Milos Raonic et Félix Auger-Aliassime, il coïncidait avec le 350e anniversaire de la Ville de Repentigny.

D’ailleurs, comme l’a confié Delisle, le logo du tournoi était formé du chiffre 35 et d’une balle de tennis qui faisait lien avec le 350e anniversaire de la Ville. Un brunch avait également été organisé le matin de la finale des Internationaux de tennis de France, en juin.

« On préparait notre 35e anniversaire, ce qui est quand même quelque chose d’important pour nous. Nous, on commence tout de suite, il y a un évènement qui se termine, on se fait un petit bilan et ça repart tout de suite. C’est un assez gros tournoi pour que l’on s’en occupe pendant neuf mois par année », a noté Delisle.

« Normalement, on commence à faire produire des articles, du linge, des tentes, en mars. Et comme les problèmes de la COVID-19 avaient commencé en Asie avant ça, on s’est dit on va attendre pour voir comment ça se passe. On a été chanceux parce qu’on n’a à peu près rien comme dépenses majeures d’encourues. »

Au fil des ans, les Internationaux de tennis junior de Repentigny ont non seulement attiré de futures étoiles du tennis comme Simona Halep, Ana Ivanovic, Martina Hingis, du côté féminin, ainsi que Andy Murray, Jo-Wilfried Tsonga, Andy Roddick et Jim Courier, du côté masculin, ils bénéficient d’un soutien indéniable dans la région.

« C’est un évènement couru. Nous avons 200 bénévoles. Certains sont là depuis les premières années. Ça va manquer à beaucoup de monde. Chez nous, c’est quand même l’évènement le plus important. Un évènement de neuf jours, international, on s’entend qu’il n’y en a pas des tonnes dans la région. »