(Montréal) Gagner l’omnium de tennis de Stockholm n’a certes pas la même importance que la conquête d’un tournoi du Grand Chelem, mais ça n’empêchait pas Denis Shapovalov, lundi, de continuer de ressentir une grande satisfaction au lendemain de son premier triomphe en carrière sur le circuit de l’ATP. Surtout qu’il est survenu à une période de l’année qui s’annonce fébrile pour le jeune ontarien, avec des événements de prestige au calendrier au cours des prochaines semaines.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Avant de vaincre le Serbe Filip Krajinovic en deux manches, Shapovalov n’avait encore jamais participé à une finale d’un tournoi de l’ATP malgré sept présences en demi-finales. Pour cette raison, il ne savait pas trop à quoi s’attendre de lui-même sur le terrain.

Or, le résultat l’a enchanté, et pas seulement au tableau indicateur.

« Le simple fait d’être sur le court en finale était extraordinaire », a déclaré Shapovalov lors d’une conférence téléphonique lundi midi.

« Parce que je n’avais jamais été plus loin que des demi-finales, je ne savais pas ce que j’allais ressentir à l’idée de participer à une première finale depuis un certain temps, et à une première finale de l’ATP. J’ai approché le tout avec excitation et, en toute honnêteté, je n’étais pas nerveux du tout. Je suis heureux d’avoir eu cette attitude et je pense que ça va accroître ma confiance dans le futur sachant que j’ai déjà un titre à mon actif. Aussi, je sais que je pourrai jouer de façon plus détendue et être prêt et emballé par ce genre de matchs. »

Shapovalov présente un dossier de 31-24 cette année au circuit de l’ATP. Après avoir gagné sa place dans le top 20 grâce à une présence en demi-finales du tournoi de Miami, fin mars, il a connu un passage à vide pendant l’été, subissant notamment l’élimination dès le premier tour à Roland-Garros et à Wimbledon. Son triomphe à Stockholm lui a permis de gravir sept échelons et passer du 34e au 27e rang au classement mondial, lundi matin.

Après une semaine productive en Suède, Shapovalov a parlé comme un joueur qui a gravi un nouvel échelon dans sa carrière.

« Depuis Montréal, je joue avec une énergie différente. J’ai l’impression d’avoir retrouvé cette étincelle en moi et j’ai joué du très bon tennis, entre autres pendant la tournée asiatique. Il y a eu un peu de malchance ici et là, comme le fait d’affronter Novak Djokovic tôt dans un tournoi ou ma défaite contre (David) Goffin en deux bris d’égalité. Malgré cela, j’avais l’impression que le niveau de mon jeu était au bon endroit la semaine dernière. Mes services étaient bons et je me déplaçais bien », a-t-il analysé.

Un format inconnu

PHOTO NOEL CELIS, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Félix Auger-Aliassime

Peu de temps avant que Shapovalov ne livre ses états d’âme, Tennis Canada avait annoncé qu’il avait été sélectionné au sein de l’équipe dans le cadre des Finales de la Coupe Davis qui se dérouleront du 18 au 24 novembre à Madrid, en Espagne.

L’équipe sera complétée par le Québécois Félix Auger-Aliassime, l’Ontarien Milos Raonic et le Britanno-Colombien Vasek Pospisil.

« Je crois que nous avons une très forte équipe, autant en simple qu’en double. Nous pouvons tous nous tirer d’affaire dans l’une ou l’autre de ces disciplines, et je pense que nous avons une bonne occasion d’aller loin et de finir parmi les meilleures équipes », estime l’Ontarien de 20 ans, qui en sera à une septième présence en Coupe Davis.

C’est la première fois cette année que la Coupe Davis se déroule selon la formule d’un tournoi à la ronde. Les 18 pays qualifiés pour les Finales ont été répartis au sein de six groupes. Le Canada figure dans le groupe F, avec les États-Unis et l’Italie.

Shapovalov avoue ne pas trop savoir à quoi s’attendre.

« C’est difficile de donner une opinion. Je n’ai pas joué dans un format comme celui-là depuis la Coupe Davis junior. Ça s’était bien passé, mais évidemment, le niveau est différent avec des matchs plus difficiles tous les jours.

« Au premier abord, a-t-il ajouté, il semble qu’il faudra jouer beaucoup de matchs, et c’est une bonne chose de pouvoir compter sur quatre joueurs capables de jouer en simple et en double, ce qui nous permettra d’établir une rotation et de bien appliquer notre stratégie. »

Deux semaines auparavant, Shapovalov aura participé au tournoi NextGen, réservé aux meilleurs joueurs de 21 ans et moins qui ne sont pas déjà qualifiés pour les Finales de l’ATP. Comme à la Coupe Davis, Shapovalov retrouvera Auger-Aliassime, qui a eu sa part d’échecs au cours des récentes semaines.

Shapovalov s’est porté à la défense de son jeune ami.

« Je pense que son jeu est tout à fait correct. C’est du tennis, c’est un sport. Tous les joueurs ont des hauts et des bas. Il occupe le 18e rang et je ne suis pas d’avis qu’il connaît une période difficile. C’est tout à fait normal. Les tournois sont très difficiles, surtout de nos jours. Je suis persuadé que tout va bien chez lui. Il a un très bel avenir devant lui et il est un joueur incroyable. Je ne suis nullement inquiet. »