(Paris) Dans un match à l’image de sa carrière, Andy Murray a fait preuve de force de caractère pour renverser Stanislas Wawrinka en trois sets (3-6, 6-4, 6-4) et s’offrir son premier tournoi depuis mars 2017, dimanche à Anvers.

Olivier LEVRAULT
Agence France-Presse

Dimanche en début de soirée, le temps s’est arrêté pour Andy Murray. L’Écossais se tient la tête entre les bras. Il vient de gagner à 32 ans le 46e titre de sa carrière. Mais bien plus qu’un titre, Murray a su vaincre ses problèmes physiques pour revenir au niveau qui est le sien, après des mois de galères, en venant à bout d’un top 20 mondial : Stan Wawrinka.

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Murray-Wawrinka, un duel de revenants entre deux triples vainqueurs de tournois du Grand Chelem, entre un ex-numéro 1 (Murray) et un ex-numéro 3 mondial (Wawkrinka), qui n’avaient plus gagné depuis 2017. Murray restait sur une victoire à Dubaï en mars de cette année-là. Wawrinka à Genève, en mai. Depuis, des blessures, à la hanche pour Murray et au genou pour Wawrinka, avaient compromis leur carrière.

Dimanche, c’est finalement le Britannique qui a le mieux joué au long des 2 heures et 27 minutes d’une valse renversante.

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Andy Murray et Stanislas Wawrinka

Au premier set pourtant, le fossé a d’abord semblé trop grand entre Murray, actuel 243e joueur mondial, et Wawrinka, 18e au classement ATP. Avec un bris d’entrée, Wawrinka s’est tranquillement envolé vers la première manche.

Épatant Murray

Logique car, dans le jeu, il n’y avait pas photo entre le Suisse bien en place, sûr de ses coups, et l’Écossais trop souvent à contretemps. Une situation qui s’est tenue jusqu’à ces deux balles de 4-1 au deuxième set pour Wawrinka, sauvées par Murray, au cran.  

De retour sur le circuit depuis quatre mois après une nouvelle opération à la hanche en janvier, Murray a alors épaté par son état de forme et d’esprit.  

L’Écossais, plus à l’aise, plus confiant et en réussite notamment sur ses services, a brisé dans la foulée pour recoller à 3-3 avant d’égaliser à un set partout.

De quoi ressusciter les anciennes joutes en quatre ou cinq sets en Grand Chelem. La 3e manche ? Une succession de bris, une bataille digne de l’affiche entre ces deux mastodontes du circuit, qui ont écarté en demi-finales la jeunesse (Ugo Imbert pour Murray, Jannik Sinner pour Wawrinka).

Avec un bris réussi de plus que son adversaire (3 contre 2) dans cette 3e manche, Murray a donc renoué avec son histoire. Lui qui avait annoncé la fin très probable de sa carrière en janvier dernier, revient sur le devant de la scène.  

De quoi rêver d’un retour au premier plan pour 2020, année de Jeux olympiques ? Il n’y a qu’un pas à franchir pour le double champion olympique.