(Toronto) Partout au pays, des Canadiens et Canadiennes de tout âge et de tout horizon ont été éblouis par la victoire historique de Bianca Andreescu samedi.

David Paddon
La Presse canadienne

L’athlète de 19 ans de Mississauga, en Ontario, est devenue la première canadienne à remporter un titre du Grand Chelem, en affrontant la prolifique Serena Williams aux Internationaux des États-Unis.

Même le premier ministre Justin Trudeau et le célèbre comédien Christopher Plummer ont félicité la jeune joueuse de tennis.

« Tu as écrit une page d’histoire et tout le pays est très fier de toi », a tweeté Justin Trudeau.

De son côté, Christopher Plummer n’a pu regarder que le début du match, car il devait assister à la première mondiale de son film « Knives Out » au Festival international du film de Toronto.

« Quel est le score ? » a-t-il demandé lorsqu’il s’est présenté sur le tapis rouge. En tant que Canadien, j’aimerais dire « Va la chercher, Bianca” ».

Le match final lors d’un des tournois les plus prestigieux du sport a vu une jeune joueuse en début de carrière battre Serena Williams, une vétérante qui a une illustre feuille de route.

Cet affrontement s’est avéré un défi spécial pour les organisateurs et les participants d’un tournoi local à Edmonton, prévu bien avant le choc Andreescu-Williams. Il n’y avait aucune télévision disponible au Saville Community Sports Centre, où le tournoi avait lieu, et il n’y avait pas de connexion internet non plus.

Les spectateurs dans les gradins baissaient les yeux vers leur cellulaire pour regarder les derniers développements à New York, puis ils les levaient pour suivre le match devant eux.

Plutôt que d’être inspirée à prendre une raquette de tennis, au moins une joueuse a décidé de placer la sienne au sol.

« Une jeune fille d’environ 10 ou 11 ans a demandé à ce qu’on change son match. Comment pouvions-nous lui dire non parce qu’elle voulait regarder Bianca », a mentionné le directeur du tournoi, Chad Miller, notant qu’il enregistrait la finale à Flushing Meadows.

L’adolescente est particulièrement populaire auprès de la communauté roumaine au Canada.

Adrian Ardelean, un animateur de radio roumain résidant à Montréal, regardait le match d’Andreescu à un bar local afin de recueillir des réactions pour son émission hebdomadaire du dimanche.

« Nous sommes plusieurs Roumains et nous sommes tous partisans de Bianca parce qu’elle détient des racines roumaines, a-t-il dit. Sa carrière a explosé et nous espérons qu’elle sera en mesure de continuer. »

Pendant ce temps, Pierre Paquin, qui réside au Mont-Tremblant, tentait de trouver un endroit pour regarder le match à Montréal en compagnie de son épouse Michèle. Ils ont finalement trouvé un bar qui diffusait la finale.

« C’est fantastique. C’est surprenant compte tenu d’où elle était il y a un an, a-t-il affirmé. Mais pour l’avoir vu jouer, ce n’est pas surprenant. »

La victoire d’Andreescu lui a permis de se hisser dans le top-5 du classement de la WTA. Elle a commencé l’année au 178e rang mondial.

Jordan Kupinisky, un amateur de tennis qui a amené ses deux fils à la soirée organisée par Tennis Canada pour regarder le match à Toronto, a déclaré que c’était tout simplement « incroyable » pour la prochaine génération de voir une Canadienne aller aussi loin dans un championnat de classe mondiale.

« Mon fils était à la Coupe Rogers cette année, en tant que chasseur de balles, et il a pu la rencontrer. Et c’était incroyable », a déclaré Jordan Kupinisky.

Justin Kupinisky, 13 ans, a ajouté : « Nous avons pu voir son éthique de travail et à quel point elle travaillait fort pour en arriver à cette étape. »

La capacité d’Andreescu à surmonter les blessures et à progresser rapidement dans le monde ultra-compétitif du tennis a été soulignée par de nombreuses personnes qui l’ont regardé repousser Serena Williams.

Mario Meffe, de Vaughan, en Ontario, qui a regardé le match avec ses trois filles — âgées de 12, 10 et 7 ans — a souligné à quel point Andreescu s’était battue pour remporter ses matchs.

« Cela va motiver davantage d’enfants à prendre une raquette et à commencer à jouer. »

Anahita Behpour, de Toronto, âgée de 17 ans, a déclaré que même si elle ne jouait pas au tennis, elle se sentait inspirée à faire de son mieux, « autant dans le sport qu’à l’école ».

Le travail acharné de Binaca Andreescu lui a également valu des supporteurs de haut niveau dans le monde du sport.

« Ce soutien incroyable pour Serena à Flushing Meadows… mais vous devriez entendre tout le pays exploser au nord de la frontière », a tweeté le patineur artistique Scott Moir.

Mikael Kingsbury, le skieur acrobatique qui a remporté le trophée Lou Marsh du meilleur athlète canadien l’année dernière, a également tweeté son soutien.

« Yo @Bandreescu_ lorsque tu voudras venir prendre le #LouMarsh je l’ai à Montréal… il est à toi maintenant », a-t-il écrit.