(New York) L’entraîneur de Bianca Andreescu voit des similitudes entre la Canadienne de 19 ans et Kim Clijsters, l’ancienne étoile du tennis belge. Et il n’est pas le seul.

La Presse canadienne

Si l’on considère que Clijsters a remporté 41 titres, dont quatre en Grand Chelem, pris part à quatre autres finales de tournois majeurs et a occupé le premier rang au monde en simple et en double, il s’agit d’une comparaison dont Andreescu peut être fière.

« Ça me fait sourire, et ç’a fait sourire Bianca, aussi, lorsque je lui en ai fait la mention, il y a peut-être trois ans de cela — bien avant que je commence à travailler avec elle — qu’il existait de grandes similitudes entre son jeu et celui de Clijsters », a raconté Sylvain Bruneau mardi.

« De la façon qu’elle frappe la balle — pas complètement à plat — la technique au coup droit et un peu au revers, sa façon de contourner la balle et de frapper son coup droit dans le milieu du court », a d’abord énuméré Bruneau.

« Le fait qu’elle coupe la balle, surtout au coup droit lorsqu’elle est déportée sur les côtés. Clijsters faisait ça mieux, bien sûr. Mais je pense qu’il y a beaucoup de similitudes”, a-t-il ajouté.

Lindsay Davenport a affronté Clijsters 17 fois pendant sa carrière. L’ex-numéro un mondiale, aujourd’hui analyste au réseau spécialisé Tennis Channel aux États-Unis, voit également des parallèles. »

« Je crois que Bianca fait usage d’un peu plus de variété que Clijsters, mais je le vois dans sa façon de se déplacer pour son coup droit”, a mentionné l’Américaine. Kim était une experte pour bouger en diagonale. Ce pouvait être quelques pieds ; ce pouvait être quelques pouces — peu importe ce dont elle avait besoin pour frapper la balle tôt. »

« Si elle voyait qu’elle avait du temps, elle avançait dans le court. C’est quelque chose que je vois également chez Bianca. Si elle voit qu’elle a le moindrement un peu de temps, elle ajuste ses pieds pour frapper la balle plus rapidement. Et elle assez rapide pour se défendre et elle est très rusée », a ajouté Davenport.

Si des murmures circulaient sur les chances d’Andreescu avant le début des Internationaux des États-Unis, après son retour après une longue absence pour cause de blessure et son triomphe, à la maison, lors de la Coupe Rogers au début d’août, ceux-ci se sont amplifiés.

« Si l’on tient compte du fait qu’elle a gagné deux tournois de grande importance sur surface dure cette année, il serait normal de sentir une certaine effervescence quant à son rendement ici », a reconnu Bruneau, en faisant aussi allusion à sa victoire à Indian Wells, en mars.

« Maintenant, elle a gagné quatre matchs et joué du bon tennis. Mais c’est du nouveau pour elle. Elle a très peu d’expérience en tournois du Grand Chelem, et encore moins pendant la deuxième semaine d’un Grand Chelem. »

Mercredi soir à 19 h, Andreescu affrontera Elise Mertens, une compatriote de Cijsters, en quarts de finale du simple féminin.

Avec seulement sept joueuses toujours en lice — à la suite de la défaite de Johanna Konta contre Elina Svitolina mardi après-midi — plusieurs grandes pointures du tennis féminin ont été éliminées. C’est le cas de la championne en titre Naomi Osaka, de la Roumaine Simona Halep, victorieuse à Wimbledon, et de l’Américaine Sloane Stephens, gagnante du tournoi en 2017, qui se trouvaient toutes dans la même section du tableau qu’Andreescu.

La Canadienne n’a pas eu besoin de vaincre une seule de ces joueuses en cours de route. Dans sa section du tableau, il ne reste plus que Mertens, la Suisse Belinda Bencic (13e tête de série) et la Croate Donna Vekic (23e). Bencic et Vekic s’affronteront mercredi, elles aussi.

Est-ce que Andreescu peut gagner les Internationaux des États-Unis, un exploit qui était à toutes fins pratiques inimaginable en janvier, alors qu’elle ne se classait même pas dans le top-150 ?

« Oui, bien que vous ne savez jamais comment une joueuse va réagir lorsqu’elle arrivera sur le court. Mais elle n’a jamais montré de signes de défaillance et ne s’est jamais demandé’Qu’est-ce que je fais ici ? », a noté Davenport.

« La tâche serait difficile si elle devait affronter Serena (Williams), qui serait en quête d’un septième titre (des Internationaux des États-Unis). Mais il semble qu’Andreescu ne soit jamais trop effrayée lorsqu’elle aborde un match. »

Davenport a aussi loué le côté compétitif de la Canadienne.

« Elle m’impressionne beaucoup. Je ne pense pas que beaucoup d’adolescentes possèdent ce genre de variété. Et souvent, lorsque des joueuses ont autant de variété, elles ne savent pas, à un si jeune âge, comment mettre tous les éléments ensemble. Et elle est une’batailleuse de rue’. Plusieurs adolescentes vont parfois s’écrouler. Avec elle, ça n’arrive pas. »

Andreescu jouera de nouveau en soirée

Bianca Andreescu aura de nouveau le statut de tête d’affiche, mercredi, aux Internationaux des États-Unis.

La jeune vedette canadienne disputera un deuxième match consécutif en soirée au stade Arthur Ashe pour son quart de finale contre la Belge Elise Mertens.

Mais cette fois, Andreescu jouera en début de soirée, soit à partir de 19h. Lundi, son match contre l’Américaine Taylor Townsend n’a commencé que vers 22h30, et n’a pris fin qu’après minuit, après l’affrontement précédent entre Rafael Nadal et Marin Cilic.

Mercredi, ce sera au tour de Nadal de jouer après le match Andreescu-Martens.

Il s’agit du troisième match consécutif d’Andreescu, âgée de 19 ans, dans le principal stade du centre de tennis de Flushing Meadows. Le stade Arthur Ashe peut accueillir un peu moins de 24 000 personnes.

L’Ontarienne, 15e tête de série, en est à sa première présence aux Internationaux des États-Unis. Elle est la première Canadienne à atteindre les quarts de finale en simple du dernier tournoi majeur de la saison depuis Patricia Hy-Boulais en 1992.

Andreescu a fait un bond impressionnant au classement cette année, remportant les tournois d’Indian Wells, en Californie, et de Toronto.