(New York) Il y a un an, alors qu’elle était classée à l’extérieur du top-200, Bianca Andreescu s’est difficilement taillée une place aux qualifications des Internationaux de tennis des États-Unis. Elle a été éliminée en première ronde et a raté les deux mois suivants en raison de maux de dos.

Stephanie Myles
La Presse canadienne

L’Ontarienne de 19 ans, championne du tournoi de la Coupe Rogers, est de retour à New York à titre de 15e joueuse mondiale et 15e tête de série, et est perçue par plusieurs comme une joueuse pouvant connaître du succès dans un tableau féminin sans grande favorite.

« À la suite de mon triomphe à Toronto, je ressens beaucoup de confiance, a déclaré Andreescu vendredi. J’aime jouer sur surface dure. Je suis ici aux Internationaux des États-Unis à New York et c’est un moment auquel je rêvais.

“Je suis anxieuse de voir ce qui va arriver lors de ces deux prochaines semaines. »

Andreescu disputera son match de premier tour mardi contre Katie Volynets, une Américaine de 17 ans classée 407e au monde, qui a hérité d’un laissez-passer des organisateurs.

Le programme de la journée de mardi prévoit aussi le duel très attendu entre les deux jeunes étoiles canadiennes Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime, 18e tête de série, ainsi que les matchs de première ronde de Brayden Schnur, contre le Français Benoit Paire, et de Vasek Pospisil, face à Karen Khachanov.

La veille, Milos Raonic, classé 21e, doit se mesurer au Chilien Nicolas Jarry tandis que Eugenie Bouchard tentera de mettre fin à une série de dix défaites alors qu’elle croisera le fer avec la Lettone Anastasija Sevastova, 12e tête de série.

« Il nous faut oublier Toronto et nous concentrer sur ce qui est devant — le tournoi du Grand Chelem à New York », a rappelé Sylvain Bruneau, l’entraîneur d’Andreescu.

Le fait que l’adolescente ait été invitée aux conférences de presse d’avant-tournoi — à sa première présence aux Internationaux des États-Unis — démontre à quel point elle a gagné des galons.

Trois des quatre autres femmes — Naomi Osaka, Ashleigh Barty et Simon Halep — ont gagné des tournois du Grand Chelem en 2019 et ont occupé le premier rang du classement mondial. L’autre, Sloane Stephens, est la dernière Américaine à avoir remporté le simple féminin des Internationaux des États-Unis, il y a deux ans.

Le nombre d’amateurs ayant assisté à sa séance d’entraînement jeudi soir est une autre preuve de l’attrait d’Andreescu.

« Le défi dans tout ça vient du fait que nous avons gravi les étapes si rapidement, brûlé en fait », a noté Bruneau.

« Nous devons apprendre rapidement parce que la progression n’a pas été graduelle. Elle n’a pas eu le temps de s’habituer à son nouveau statut, de gérer les attentes. Nous devons faire attention de ne pas abandonner la formule qui a bien fonctionné jusqu’à maintenant. Mais comme je lui dis continuellement, tu peux en parler autant que tu veux, mais il n’y a rien de mieux que de le vivre. »

Volynets, 18 mois plus jeune qu’Andreescu, a mérité sa place après avoir remporté les grands honneurs du tournoi national réservé aux moins de 18 ans.

Les deux jeunes joueuses ont croisé le fer une fois auparavant. Andreescu a défait Volynets 6-2, 7-6 (7) en deuxième ronde d’une compétition de catégorie 125K à Newport Beach, à la fin de janvier. Andreescu a éventuellement gagné le tournoi.

« Elle est une féroce compétitrice. Elle rejoint beaucoup de balles. Pour cette raison, je ne m’attends pas à ce que ce soit facile, a mentionné Andreescu. Aussi, je sais qu’elle est Américaine, mais j’espère obtenir l’appui des spectateurs aussi. »

Un meilleur soutien

Contrairement au début de l’année 2019, Andreescu est entourée de toute une équipe multidisciplinaire. Il y a Bruneau, la préparatrice physique Virginie Tremblay, le partenaire de frappe Hugo de Feo et une physiothérapeute/ostéopathe, Kirstin Bauer, une Autrichienne qui a rejoint le groupe après les Internationaux de France, où Andreescu n’a joué qu’un match avant de se retirer.

À l’arrière-scène se trouvent aussi un psychologue sportif et un médecin.

« Il y a des coûts d’impliqués, bien sûr. Mais lorsque vous atteignez un certain niveau, vous réalisez que c’est la norme au tennis. Les meilleurs ont une équipe autour d’eux. Ça rend les choses plus faciles », a expliqué Bruneau.

« C’est vraiment différent. Si je remonte à l’époque où nous avons commencé (à des tournois de moindre envergure au Japon, en mars 2018), c’était elle et moi, et personne d’autre », a-t-il ajouté.

Andreescu s’est donné du temps pour s’occuper d’un problème à l’aine qui a surgi vers la fin de son étonnant parcours jusqu’au titre à la Coupe Rogers. Ensuite, elle s’est attardée à sa préparation pour sa première présence dans le tableau principal des Internationaux des États-Unis.

« Depuis deux semaines et demie, je me suis bien préparée physiquement et mentalement. Je me sens très bien », a-t-elle assuré.