(Montréal) Les amateurs de tennis auront droit à un duel entièrement russe lors de l’une des deux demi-finales de la Coupe Rogers au stade IGA.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

Karen Khachanov, qui a évincé Félix Auger-Aliassime la veille, a poursuivi sur sa lancée en disposant d’Alexander Zverev, champion de la Coupe Rogers à Montréal en 2017, en deux manches de 6-3, vendredi après-midi.

Le Russe a ainsi fait fi du parti pris de la foule montréalaise pour l’Allemand — pour des raisons évidentes — pour mettre la table à un match du carré d’as contre son compatriote, Daniil Medvedev. Khachanov, qui fait partie de la nouvelle génération de tennismen surdoués à 23 ans, n’a toujours pas remporté de titre en 2019.

« Ce n’est jamais facile de jouer contre un ami. Nous avons grandi ensemble, et avons participé aux mêmes tournois depuis l’âge de 12 ou 13 ans. Nous nous connaissons très bien, alors ce sera difficile — même si nous savons à quoi nous attendre de l’autre. Ce sera intéressant », a confié Khachanov, qui présente une fiche de 1-1 en carrière contre Medvedev.

La patience de Zverev a été mise à rude épreuve pendant le match. La septième raquette mondiale a d’ailleurs conclu la rencontre avec un impressionnant total de huit doubles fautes, contre aucune pour le no 9. Il a également été brisé à cinq reprises, et n’a pu convertir la moindre des deux balles de bris contre Khachanov.

« Je crois qu’il n’a pas joué son meilleur match, de toute évidence, mais d’un autre côté, je considère avoir suivi mon plan de match à la lettre ; j’étais très solide en fond de terrain, a souligné le principal intéressé. Il a raté de nombreux coups, et c’est la raison pour laquelle il a perdu son sang-froid. Quand tu rates tes coups et que tu perds, tu n’es jamais heureux. Peu importe contre qui tu joues. »

Tout ça a culminé avec l’accès de colère de Zverev pendant le neuvième jeu de la première manche.

Alors qu’il était au service et tirait de l’arrière 3-5, l’Allemand s’est rapidement retrouvé en déficit 15-40 à la suite d’une double faute. Il a alors fracassé sa raquette contre le sol, avant de sauter dessus à pieds joints pour l’anéantir. Zverev l’a ensuite offerte à un jeune spectateur en bordure du court.

L’Allemand de six pieds, six pouces n’était pas au bout de ses peines. Après une brève averse qui a interrompu le jeu pendant environ 10 minutes à la deuxième manche, il a montré à plusieurs reprises des signes d’impatience face à son jeu erratique, avant de finalement baisser pavillon après 74 minutes.

Medvedev, facilement

Un peu plus tôt en après-midi, Medvedev a été le premier joueur à accéder au carré d’as après avoir signé une victoire expéditive de 6-3, 6-1 en seulement 56 minutes contre la deuxième tête de série Dominic Thiem.

« Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi facile, bien sûr, a dit Medvedev dans un très bon français. Je suis très content d’avoir joué à ce niveau-là, car ça m’a rendu la tâche très facile, sans compter que j’ai préservé beaucoup d’énergie. J’ai aussi gagné en confiance, donc je suis très content. »

Medvedev, le neuvième joueur mondial, convoite un deuxième titre cette saison sur le circuit de l’ATP, après avoir conquis celui de l’Omnium de Sofia, en Bulgarie, le 10 février.

Pour sa part, Thiem connaissait jusqu’ici une séquence de six matchs sans défaite, au cours de laquelle il a notamment remporté l’Omnium Generali à Kitzbühel la semaine dernière.

L’Autrichien âgé de 25 ans a ainsi encaissé sa première défaite en trois affrontements contre Medvedev en carrière. Après la rencontre, il a justifié sa baisse de régime par la fatigue accumulée.

« Avec tous les voyages et le peu de temps pour faire la transition, avec aussi deux matchs difficiles hier et il y a deux jours, je pense que les piles étaient à plat aujourd’hui, a confié Thiem. Je n’étais pas à 100 %. Cela ne suffisait pas pour un quart de finale dans un Masters 1000, surtout contre un joueur comme Daniil qui est en pleine forme et qui joue très bien en ce moment. »