Félix Auger-Aliassime en portait lourd sur les épaules cette semaine à Wimbledon et la pression a finalement eu raison de lui, hier, au troisième tour. Le joueur de 18 ans s’est incliné 6-4, 7-5 et 6-3 devant le Français Ugo Humbert (66e), 21 ans, un joueur en gros progrès cette saison.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

« L’une de mes plus dures journées cette année », a-t-il résumé, visiblement dépité, en conférence de presse quelques instants après sa défaite.

Alors qu’il avait été impressionnant de calme lors des deux premiers tours, trouvant toujours les solutions quand la situation devenait plus compliquée, Auger-Aliassime a cette fois été complètement incapable de trouver son rythme après une première manche désastreuse ponctuée de pas moins de 17 fautes directes.

Il avait pourtant pris l’avantage 5-2 dans la deuxième manche et semblait avoir retrouvé son calme, mais la machine s’est à nouveau déréglée et Humbert a remporté sept jeux d’affilée, pour effacer son déficit et prendre l’avantage d’un bris dans la troisième manche. Dépassé par les évènements, étonné par le niveau de jeu de son adversaire gaucher, le Québécois a continué de laisser filer les points avec des fautes inhabituelles, terminant le match « en chute libre », comme il l’a expliqué devant les journalistes.

« L’ensemble du match a été vraiment mauvais pour moi ; même quand je menais en deuxième manche, je ne me sentais pas en contrôle, je sentais que le match pouvait m’échapper à tout moment », a reconnu le 19e favori, qui disputait son premier match dans l’un des deux grands stades de l’All England Club.

Je ne me suis jamais senti bien sur le court. C’est difficile à décrire, à expliquer, mes nerfs ont craqué, au point même que c’en était embarrassant.

Félix Auger-Aliassime

« [Humbert] a été solide tout au long du match, alors que moi, je n’ai jamais su trouver des solutions pour aller de l’avant. Vraiment, c’était embarrassant, très dur. Bien des choses n’ont pas fonctionné [hier]. J’étais dans un mauvais état d’esprit, je me sentais hyper fragile et tout était compliqué. »

Une belle occasion ratée, puisque Humbert va maintenant affronter le Serbe Novak Djokovic, numéro un mondial et champion en titre, lundi, au quatrième tour. « J’ai senti Félix tendu et ça m’a donné de la force, a expliqué le Français en conférence de presse. Et plus le match avançait, plus je me relâchais. À la fin, ce n’était que du bonheur. Je n’aurais jamais rêvé me retrouver en deuxième semaine à Wimbledon, et contre Novak ! »

Moins euphorique, on s’en doute, Auger-Aliassime, lui, va sans doute prendre quelques jours de congé avant de reprendre l’entraînement. « Je vais prendre le temps de comprendre ce qui n’a pas fonctionné, mais ça montre encore que je dois retourner travailler, qu’il y a plein de choses que je dois améliorer pour apprendre à gérer des matchs comme celui-là, pour apprendre à gérer des tournois comme ça. »

Le 21e mondial est inscrit au tournoi d’Atlanta à compter du 22 juillet, puis à celui de Washington la semaine qui précède la Coupe Rogers.

Première semaine satisfaisante

Milos Raonic sera encore de la deuxième semaine du tournoi de Wimbledon, une habitude pour celui qui avait atteint la finale en 2016. Le Canadien a encore été expéditif, hier, au troisième tour, en prenant la mesure du jeune Américain Reilly Opelka, 7-6 (1), 6-2 et 6-1.

Devant un adversaire de 6 pi 11 po, Raonic a offert sa meilleure performance du tournoi avec 33 coups gagnants et seulement sept fautes directes. Souverain au service, il a remporté 93 % de ses premières balles.

En trois matchs, Raonic n’a encore cédé aucune manche et il n’a pas paru gêné par les maux de dos qui ont contrarié sa saison jusqu’ici. « Je suis vraiment heureux de cette première semaine, a-t-il expliqué en entrevue. J’ai joué de façon très efficace, sans gaspiller une seule minute d’énergie, avec des victoires rapides en trois manches. Et je me suis amélioré, jouant mieux de match en match, ce qui me donne confiance pour la suite du tournoi. »

« J’aurai maintenant deux journées pour me reposer et tenter de régler quelques petits détails qui clochent encore dans mon jeu, de façon à jouer encore mieux dans les matchs à venir. »

Mon corps réagit bien. Il y a bien eu quelques petites douleurs, mais nous réussissons à “contenir tous les incendies”. Et je me sens de mieux en mieux à mesure que les matchs s’enchaînent, ce qui est toujours un très bon signe pour moi.

Milos Raonic

Raonic affrontera lundi au quatrième tour l’étonnant Argentin Guido Pella (26e), qui a surpris hier le quatrième favori Kevin Anderson, 6-4, 6-3, 7-6 (4).

« Je ne l’ai jamais affronté et ne le connais pas beaucoup, a expliqué le Canadien. Il avait déjà bien joué ici l’an dernier et fait très bien cette année encore. Ce sera difficile, il a de bonnes mains, il est très habile, très agile. Ce sera important pour moi d’éviter les longs échanges, de l’empêcher de trouver un bon rythme afin d’imposer mon jeu, mon rythme et de dominer les échanges. »

De son côté, l’Argentin a convenu que c’était l’un des moments les plus importants de sa carrière. « Gagner à Wimbledon sur le court central contre le 4e favori, c’est vraiment incroyable. Contre des joueurs comme Anderson ou Raonic, la clé est de retourner un maximum de services, tout en étant offensif chaque fois qu’on en a l’occasion. »

« C’est ce que je vais essayer de faire lundi et, si je réussis, je sais que j’aurai des chances de rivaliser avec Milos, peut-être pas de gagner, mais au moins de lui prendre une manche ou deux. »

Dabrowski et Xu continuent

La Canadienne Gabriela Dabrowski et sa partenaire chinoise Xu Yifan se sont qualifiées aisément pour le troisième tour en double avec une autre victoire expéditive de 6-2, 6-1 sur l’Australienne Aryna Rodionova et l’Ukrainienne Kateryna Kozlova. Les quatrièmes favorites devraient avoir la tâche plus difficile lors de leur prochain match, lundi, contre les Chinoises Yingying Duan et Saisai Zheng, les 13es favorites. C’est probablement aussi lundi que Dabrowski et le Croate Mate Pavić disputeront leur premier match en double mixte. Troisièmes favoris et exemptés du premier tour, ils devront se méfier de l’Américaine Bethanie Mattek-Sands et du Britannique Jamie Murray, champions en titre des Internationaux des États-Unis. Chez les hommes, Vasek Pospisil et l’Australien Matthew Ebden ont été éliminés au deuxième tour, 7-5, 6-4, 7-6 (3), par l’Américain Rajeev Ram et le Britannique Joe Salisbury, 12es favoris et récents finalistes au Queen’s.