Félix Auger-Aliassime s’est arrêté au deuxième tour, hier au Masters de Monte-Carlo, quand il s’est incliné, 6-1 et 6-4, devant le troisième joueur mondial Alexander Zverev.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Disons-le franchement, le joueur de 18 ans affrontait un adversaire particulièrement coriace sur la terre battue. Zverev a en effet disputé trois des quatre dernières finales de tournois Masters 1000 sur cette surface, avec des titres à Madrid (2018) et à Rome (2017).

Avec ses puissants services, ses retours incisifs et son excellent jeu défensif, l’Allemand impose une pression soutenue à ses adversaires, et Auger-Aliassime a vite réalisé que la tâche serait ardue, d’autant plus que le match était disputé sur le court Rainier III dans le cadre somptueux de la principauté de Monaco.

PHOTO YANN COATSALIOU, AGENCE FRANCE-PRESSE

Alexander Zverev

Brisé d’entrée de jeu, mené 1-2, le Québécois a vu son rival remporter 16 des 18 points suivants, avec notamment deux bris de service à zéro, et il s’est retrouvé en arrière, une manche à zéro, en à peine 30 minutes.

La deuxième manche a été beaucoup plus disputée et Auger-Aliassime a même pris l’avantage 3-2, avec un bris, mais il a perdu ses trois jeux suivants au service en raison surtout d’un nombre très élevé de fautes directes.

On parlait des talents de Zverev à la relance et le jeu de l’Allemand a exposé les limites actuelles de celui d’Auger-Aliassime. Ce dernier a encore eu des ennuis au service, avec seulement 49 % de premières balles réussies et moins de la moitié de points gagnés (46 %) sur ces coups.

Et le Québécois n’a réussi que neuf coups gagnants (contre pas moins de 33 fautes directes), pas assez pour espérer vaincre un joueur du top 3. Encore un peu à court de patience à 18 ans, Auger-Aliassime a souvent tenté de forcer l’issue avec des coups près des lignes. Le problème, c’est que Zverev ne lui laissait qu’une toute petite marge d’erreur et cela a fini par le rattraper.

Malgré la défaite, Auger-Aliassime va encore progresser au classement mondial pour atteindre un nouveau sommet, près du 30e rang.

Encore une fois cette semaine, plusieurs têtes d’affiche ont salué les progrès d’Auger-Aliassime. Avant le match, Zverev n’avait pas manqué de souligner : « Il a été l’un des meilleurs jeunes cette saison avec une demi-finale à Miami, une finale à Rio. Je suis heureux pour lui, car il est l’un des types les plus humbles et gentils que je connaisse. Il est encore jeune, mais dès ses débuts, il a montré ces qualités et c’est très positif. »

De son côté, Rafael Nadal a déclaré qu’Auger-Aliassime était peut-être, de tous les joueurs de la nouvelle génération, celui qui irait le plus loin. « C’est bon signe, bien sûr, s’il dit de bonnes choses à mon sujet, a réagi le Québécois. C’est déjà excitant de l’entendre parler de moi, car j’avais l’habitude de le regarder à la télé et que la distance entre lui et moi est tellement grande !

« Je dois travailler fort, continuer de le faire, comme [Nadal] l’a sûrement fait quand il avait mon âge. Il a toujours travaillé avec acharnement et il a remporté tous ces grands titres. Maintenant, c’est à moi de travailler aussi fort ! »

Le prochain tournoi d’Auger-Aliassime sera celui de Barcelone, à compter de lundi prochain.

Nadal oublie la douleur

Nadal a justement disputé hier son premier match sur la terre battue rouge de Monte-Carlo, le premier d’une série de tournois préparatoires à Roland-Garros. Un mois après avoir dû déclarer forfait en demi-finale à Indian Wells en raison de douleurs aux genoux, l’Espagnol espère pouvoir tenir le coup sur sa surface de prédilection.

« Je ne peux prétendre ne ressentir aucune douleur, mais je n’y pense pas, a-t-il expliqué en point de presse après une victoire expéditive de 6-1 et 6-1 contre son compatriote Roberto Bautista Agut. « Cela fait longtemps que les joueurs professionnels jouent en dépit des douleurs, parce que ça fait partie du sport au plus haut niveau et qu’on finit par s’y habituer.

« [Hier], j’ai été en mesure de bien me déplacer et de jouer avec confiance. Maintenant, j’ai besoin de jouer des matchs, de passer des heures sur le court… et de gagner, car la victoire procure de l’énergie positive, de la confiance dans son jeu, dans son corps. Et c’est ce dont j’ai besoin en ce moment. »

Nadal, qui a remporté 57 titres sur la terre battue au cours de sa carrière, un record, vise un 12e titre à Monte-Carlo cette année.