Bianca Andreescu est la plus jeune des huit finalistes au Championnat de la WTA, mais la Canadienne n’est pas la moins ambitieuse. Après une saison exceptionnelle, ponctuée par un véritable sacre aux Internationaux des États-Unis, la joueuse de 19 ans va disputer le dernier tournoi de l’année aux côtés des meilleures joueuses des 12 derniers mois.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Actuellement quatrième mondiale, Andreescu est cinquième favorite à Shenzhen et elle se retrouve dans le même groupe que la Tchèque Karolína Plíšková (2e), la Roumaine Simona Halep (4e) et l’Ukrainienne Elina Svitolina (8e). Cette dernière est la championne en titre et les trois joueuses totalisent neuf participations à la finale. L’autre groupe réunit l’Australienne Ashleigh Barty (1re), la Japonaise Naomi Osaka (3e), la Tchèque Petra Kvitová (6e) et la Suissesse Belinda Bencic (7e).

Après le tirage des groupes, Andreescu a convenu que ce ne sera pas facile. 

Toutes les joueuses qui sont ici ont connu une bonne saison et elles sont toutes excellentes. J’ai vraiment hâte de voir ce que je pourrai faire contre elle et j’espère que ce sera de bonnes choses…

Bianca Andreescu

La Canadienne n’a subi que cinq défaites cette saison, contre pas moins de 48 victoires. Et elle n’a subi qu’une défaite en neuf matchs contre les joueuses du top 10. Elle a d’ailleurs battu Plíšková et Svitolina cette saison, alors qu’elle disputera demain son premier match contre Simona Halep.

« Simona, je ne l’ai jamais affrontée, mais j’ai grandi en l’admirant et ce sera très excitant d’enfin me retrouver sur un court avec elle », a souligné celle dont les parents sont nés en Roumanie et qui y a vécu quelques années quand elle était enfant. « J’ai joué contre Svitolina et Plíšková cette année et je sais un peu à quoi m’attendre de leur part. »

Comme elle l’a admis, Andreescu n’était encore qu’une négligée quand elle a battu ses deux rivales cette saison, à Indian Wells et à Toronto. Ce ne sera pas le cas cette semaine.

Plíšková a même estimé qu’elle était l’une des favorites : « [Andreescu] n’a pas joué beaucoup de tournois [en raison d’une blessure], mais elle a pratiquement toujours gagné quand elle a joué. Elle est sur une poussée irrésistible, joue avec beaucoup de confiance en elle et croit qu’elle peut battre toutes ses adversaires. Elle sera vraiment difficile à vaincre cette semaine, d’autant que la surface devrait convenir parfaitement à son jeu. »

Mieux que Bouchard ?

Andreescu est seulement la deuxième Canadienne à disputer la finale du circuit féminin depuis que le tournoi est réservé à huit joueuses. En 2014, au terme de sa « saison de gloire », Eugenie Bouchard s’était qualifiée pour la finale de Singapour, mais elle y avait subi un brutal « retour à la réalité ».

Battue, 6-1 et 6-1, dans son premier match contre Serena Williams, Bouchard avait aussi été corrigée par Simona Halep (6-2 et 6-3) et par Ana Ivanović (6-3 et 6-1).

PHOTO GREG BAKER, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Eugenie Bouchard a participé au championnat 
de la WTA en 2014.

Il sera donc difficile pour Andreescu de faire pire, mais elle devra quand même évoluer à son meilleur niveau devant des joueuses qui ont l’habitude de cette compétition et qui seront motivées par les sommes en jeu.

La championne pourrait rafler jusqu’à 4,725 millions et grimper jusqu’au deuxième rang du classement mondial si elle remporte le titre. Chaque joueuse devra affronter les trois autres joueuses de son groupe et les deux premières de chaque groupe seront qualifiées pour les demi-finales.

Le programme de Bianca Andreescu

Lundi (demain) : contre Simona Halep, 20 h (8 h HE)
Mercredi : contre Elina Svitolina (à déterminer)
Vendredi : contre Karolína Plíšková (à déterminer)
Samedi : demi-finale (si qualifiée)
Dimanche : finale (si qualifiée)

Dabrowski en double

PHOTO DAN HAMILTON, USA TODAY SPORTS

La Canadienne Gabriela Dabrowski sera des finales de la WTA, en double, en compagnie de Xu Yifan.

La Canadienne Gabriela Dabrowski sera aussi des finales de la WTA cette semaine à Shenzhen. Sa partenaire Xu Yifan et elle sont les quatrièmes favorites en double et elles sont dans un groupe avec les duos Barbora Strýcová/Hsieh Suwei (2e), Barbora Krejčiková/Kateřina Siniaková (6e) et Samantha Stosur/Zhang Shuai (7e). Finaliste à Wimbledon, championnes à Nuremberg, Dabrowski et Xy en seront à leur troisième participation à la finale de fin de saison.

À côté de Hong Kong...

Avec une bourse totale de 14 millions, la finale de la WTA est le tournoi le plus richement doté de l’histoire du circuit la WTA. La championne touchera davantage que le champion de l’ATP, ce qui a valeur de symbole, alors que les femmes luttent encore pour obtenir des bourses comparables à celles des hommes. C’est d’ailleurs le facteur financier qui a été déterminant dans le transfert de la finale de Singapour à Shenzhen, où le tournoi sera disputé pour les 20 prochaines années. La ville du sud-ouest de la Chine est toutefois la voisine immédiate de Hong Kong. Au cours des derniers mois, c’est tout près du site des compétitions qu’avaient lieu les exercices de contrôles des foules de la police chinoise. Après les récents démêlés de la NBA avec les autorités chinoises, la WTA et les joueuses se sont bien gardé d’aborder les questions politiques jusqu’ici. La présidente du circuit, Micky Lawler, a d’ailleurs affirmé : « Nous n’avons que de bonnes relations avec la Chine. Ils ont été de très bons partenaires. La raison pour laquelle nous aimons travailler dans le sport, c’est parce qu’il ne doit toucher que les relations humaines positives. » Les responsables du tournoi ont quand même révélé que la sécurité serait renforcée toute la semaine près du Centre sportif de la baie de Shenzhen, juste en face de Hong Kong.