L'Espagnol Rafael Nadal avait choisi de ne pas disputer de tournoi entre Roland-Garros et Wimbledon mais cela ne l'a pas empêché de réussir une transition en douceur sur gazon mardi face à l'Israélien Dudi Sela.

Ludovic Luppino AGENCE FRANCE-PRESSE

Son compatriote Feliciano Lopez a battu le record de participations consécutives en Grand Chelem qu'il partageait avec Roger Federer.

La journée a été marquée par quelques surprises: l'élimination de l'une des favorites, la Tchèque Petra Kvitova, lauréate en 2011 et 2014, et l'abandon du finaliste de Roland-Garros, l'Autrichien Dominic Thiem sur blessure.

Nadal se remet au vert avec succès

Sevré de titre à Londres depuis 2010, le numéro 1 mondial vise un troisième doublé Paris-Londres en Grand Chelem. Une prouesse réalisée par un seul joueur, le Suédois Björn Borg. Cette quête a débuté sans encombre (6-3, 6-3, 6-2) pour le Majorquin de 32 ans, à l'aise sur le gazon du Court central, lui qui n'avait plus joué en compétition depuis son 11e sacre à Roland-Garros le 10 juin.

Le trentenaire Sela (127e mondial) ne représentait toutefois pas une grande menace: il n'avait remporté qu'un seul de ses six derniers matchs, tous disputés sur le circuit Challenger (2e division). Mais le champion espagnol, qui n'a plus dépassé les huitièmes de finale à Wimbledon depuis sa dernière finale en 2011, avait chuté en majorité face à des joueurs classés au-delà de la 100e place mondiale ces dernières années: le Tchèque Lukas Rosol (100e) en 2012 (2e tour), le Belge Steve Darcis (135e) en 2013 (1er tour), l'Australien Nick Kyrgios (144e) en 2014 (huitièmes de finale), l'Allemand Dustin Brown (102e) en 2015 (2e tour)... Raison de plus de se méfier.

«Un premier tour en Grand Chelem n'est jamais simple, surtout à Wimbledon et en particulier quand on joue son premier match sur gazon», a souligné Nadal. La suite s'annonce un peu plus ardue face au Kazakh Mikhail Kukushkin, demi-finaliste à Eastbourne vendredi.

Lopez ôte un record à Federer

L'homme aux vingt trophées majeurs vient se faire chiper un record par un joueur de sa génération, Feliciano Lopez, qui a écarté l'Argentin Federico Delbonis (6-3, 6-4, 6-2). À 36 ans, le Madrilène (70e mondial) compte désormais 66 participations d'affilée en Grand Chelem, une de plus que le maestro helvète. Le secret d'une telle longévité? Pas de grave blessure, un jeu d'attaquant pur qui réduit la durée des échanges et «beaucoup de temps passé en salle de gym», a expliqué l'ancien 12e joueur mondial (meilleur classement en 2015).

«Passé 30 ans, j'ai pris conscience qu'il fallait que je reste vraiment affûté pour continuer d'évoluer au plus haut niveau, face à des adversaires qui ont parfois 10 ou 15 ans de moins que moi... J'ai aussi changé mon régime alimentaire», a expliqué le triple quart-de-finaliste de Wimbledon, qui ne consomme ni coca-cola, ni lait et ne mange que «très peu de pain». Du pain, il en aura toutefois sur la planche au prochain tour face à un autre Argentin, Juan Martin Del Potro (4e mondial).

Une nouvelle déception pour Kvitova

La septième mondiale n'y arrive pas cette année en Grand Chelem, alors qu'elle a déjà conquis cinq titres sur le circuit de la WTA, le dernier lors de la préparation sur gazon à Birmingham. Aux Internationaux d'Australie, elle avait déjà subi un revers d'entrée. Et à Roland-Garros, elle n'avait pas dépassé les huitièmes de finale alors qu'elle avait décroché un titre important sur la terre battue de Madrid quelques semaines auparavant. À Londres, Aliaksandra Sasnovitch (50e) a mis fin prématurément à son parcours (6-4, 4-6, 6-0). La Biélorusse de 24 ans ne représentait pas une grande menace pourtant: elle n'a jamais gagné plus de deux matches consécutifs en Grand Chelem.

D'autres têtes de série sont tombées, notamment l'Autrichien Dominic Thiem (7e), finaliste de Roland-Garros, contraint d'abandonner, apparemment en raison de problèmes de dos, face au Chypriote Marcos Baghdatis, alors qu'il était mené 6-4, 7-5, 2-0. C'est déjà terminé aussi pour l'Italien Marco Cecchinato (29e), invité surprise des demi-finales à Paris et pour le Belge David Goffin (9e), finaliste du Masters.