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Indian Wells: avec cinq Canadiens, Eugène Lapierre voit que le travail rapporte

Eugene Lapierre... (Photo IVANOH DEMERS, archives LA PRESSE)

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Eugene Lapierre

Photo IVANOH DEMERS, archives LA PRESSE

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Michel Lamarche
La Presse Canadienne

Lorsque la conjointe d'Eugène Lapierre a pris connaissance de la composition finale du tableau du simple masculin en prévision de l'Omnium de tennis d'Indian Wells, elle n'a pu s'empêcher de manifester sa déception. Lapierre et le PDG de Tennis Canada ont vu les choses avec une perspective diamétralement opposée.

Lapierre a lui-même raconté l'anecdote, jeudi lorsqu'il a été invité à livrer ses états d'âme devant la présence de cinq Canadiens dans le tableau principal de ce prestigieux tournoi, qui s'est amorcé mercredi.

Selon ce qu'a indiqué Valérie Tétreault, gestionnaire des communications chez Tennis Canada, cette imposante participation masculine est un record de l'histoire du pays dans un tournoi Masters 1000 autre que la Coupe Rogers.

Alors que Milos Raonic et Denis Shapovalov ont eu un accès direct au tableau principal, les trois autres, dont Peter Polansky, ont dû franchir les qualifications.

Le hic, c'est que les deux autres, Vasek Pospisil et Félix Auger-Aliassime vont s'affronter dès le premier tour, probablement vendredi.

Et comme une coïncidence ne vient pas toujours seule, le vainqueur croisera le fer avec Raonic, qui bénéficie d'un laissez-passer directement au deuxième tour à titre de 32e tête de série.

«Ma conjointe trouvait que c'était poche que les choses tombent comme ça, que ça ne devrait pas arriver. Quand j'ai informé mon PDG (Michael Downey) par texto, il a tout de suite réalisé que nous aurions au moins un Canadien en 3e ronde», a relaté Lapierre, en riant, lors d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis Indian Wells.

Il est monnaie courante au tennis de voir deux Américains, deux Français, deux Espagnols livrer bataille. Deux Canadiens, c'est beaucoup plus rare. Raonic et Pospisil se sont affrontés deux fois en carrière, la première en demi-finale de la Coupe Rogers de 2013 à Montréal, la suivante environ un an plus tard à Washington.

Pour Lapierre, ce scénario pourrait bien se répéter compte tenu du talent qui commence à germer au pays. Surtout, ce scénario met en relief le travail qui a été fait au Canada pour promouvoir le tennis.

«On a commencé à avoir des joueurs qui s'illustrent sur la scène internationale. Et on devrait en avoir pendant encore plusieurs années quand on voit aller les jeunes comme Denis et Félix. On a confiance en notre système et on a l'impression que ça va durer.»

Selon Lapierre, le nombre de jeunes de moins de 12 ans qui pratiquent le sport sur une base régulière au Canada est passé de 45 000 à 175 000 entre 2008 et 2015. Tennis Canada veut continuer ce travail.

«La prochaine étape, pour nous, c'est de tenter par tous les moyens de faire en sorte que les plateaux sportifs, 12 mois par année, soient plus accessibles. On s'est mis comme objectif, cette année et dans les cinq prochaines années, de développer le plus possible l'accès à du tennis public intérieur.»

Performances

Maintenant que les Canadiens font partie du tableau principal, il leur reste à jouer des matchs. Dans le cas d'Auger-Aliassime, les attentes de Lapierre sont minimales, voire nulles, car il a déjà réalisé beaucoup, affirme-t-il.

«Il a déjà fait plus que ce que l'on attendait. Un jeune de 17 ans qui se qualifie à un tournoi Masters, peu importe lequel, ça ne doit pas être arrivé souvent. Je pense qu'il n'a aucune pression en entrant dans le tableau principal. Ce serait plutôt normal qu'il perde son match, mais de la manière qu'il joue, on ne sait jamais.»

Lapierre aura aussi un oeil sur Raonic, que les blessures ont fait glisser de la 3e place, vers la fin de 2016, à la 38e.

«J'espère qu'il va montrer à tout le monde qu'il est capable de revenir dans le top-10. Il a le talent pour le faire.»

Pendant que le volet masculin se porte à merveille au Canada, la situation est moins rose du côté des dames. C'est particulièrement vrai pour Eugenie Bouchard, évincée dès le premier tour mercredi, après avoir reçu un laissez-passer des organisateurs.

Cinquième mondiale en 2014, la Montréalaise a amorcé la semaine au 116e échelon du classement mondial, soit sensiblement au même niveau où elle se trouvait en avril 2013.

«C'est la même chose que depuis l'année dernière ou les deux dernières années. On dirait qu'elle joue bien, mais elle n'est pas capable de finir. On ne sait pas vraiment ce que ça va prendre. Ses coups sont là, ses services sont là. Si elle avait les solutions, elle nous les démontrerait. Mais ce n'est pas encore à point.»

Lapierre ne croit pas les théories voulant que Bouchard consacre trop de temps à ses activités extérieures et ne voit aucun lien de cause à effet.

«Ce qu'elle fait en dehors des courts, ça ne me cause aucun problème. Elle a l'air très à l'aise dans cet environnement. Non seulement elle est à l'aise, elle est bonne. C'est une fille de marketing. On dirait qu'elle a ça dans le sang. Je me dis tant mieux pour elle, elle a le charisme pour le faire. C'est la fille la plus suivie dans le sport dans le monde. Les gens l'aiment et aiment la suivre.»




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