Détrompez-vous: Kim Clijsters se considère d'abord une maman, ensuite une joueuse de tennis.

Howard Fendrich ASSOCIATED PRESS

Oui, la Belge est la championne en titre et tête de série numéro 2 des Internationaux des États-Unis, ce qui en fait un choix populaire pour remporter le dernier tournoi du Grand Chelem de la saison, qui s'amorce lundi.

Et oui, elle se sent obligée de promouvoir son sport en offrant de son temps pour aller effectuer un lancer protocolaire avant un match du baseball majeur, comme avant le match de vendredi soir entre les Mets de New York et les Astros de Houston.

Mais rien de tout cela est aussi important aux yeux de Clijsters que sa fille de deux ans et demie, Jada. Qui a oublié la façon dont elle s'est dandinée sur le court central après que maman eut battu la Danoise Caroline Wozniacki pour enlever le titre en 2009?

Il y a des moments où le tennis doit simplement être mis de côté, où la vie familiale a préséance sur sa préparation sur le terrain.

«Il faut trouver l'équilibre et vous écouter, a déclaré Clijsters à The Associated Press. Il y a des jours où je veux passer du temps avec Jada et que je ne veux pas m'entraîner. Je veux m'assurer d'être là pour elle. Heureusement, je suis le genre d'athlète qui ne panique pas si elle ne s'entraîne pas.»

Il y a plusieurs athlètes, explique la Belge de 27 ans, qui ne peuvent déroger à la routine établie par leur entraîneur. De son côté, elle ne se sent pas coupable de prendre un après-midi de congé si c'est ce qu'elle croit devoir faire.

«Je suis plutôt du genre à croire que si je ne le fais pas aujourd'hui, mon jeu ne s'en ressentira pas demain», dit-elle en balayant l'air du bras gauche, où est tatoué le nom de sa fille sur son poignet. «En ce sens, je pense que je m'en fais moins. Je vis le moment présent et vois comment je me sens.»

Avec une raquette dans les mains, Clijsters est à son meilleur sur surface dure. Ses trois titres en 2010 ont été remportés sur cette surface, dont celui à Cincinnati, plus tôt ce mois-ci.

«Je me suis toujours sentie plus à l'aise sur cette surface. Pas seulement cette année, mais aussi quand j'avais 14, 15, 16 ans, alors que je disputais mes premiers tournois en Amérique. Je ne sais pas ce que c'est, mais je trouve que je bouge mieux, que je vois mieux la balle. Tout y est plus facile.»

Clijsters a maintenant remporté ses 14 derniers matchs aux Internationaux des États-Unis, remportant les deux dernières éditions auxquelles elle a pris part, en 2005 et 2009. Elle a raté le tournoi en 2006 en raison d'une blessure au poignet, avant de rater près de deux ans et demie de compétition pour se marier et fonder une famille.

D'un souffle, elle dit ne pas penser à sa fiche de 14-0. Mais dans la phrase suivante, elle ajoute que si elle joue bien, elle peut battre «qui que ce soit».

Clijsters a reçu des traitements pour une crampe près de la hanche gauche dans son dernier match, une défaite en trois sets contre Vera Zvonareva en quarts de finale à Montréal. Mais Clijsters se dit en santé, grâce, en partie, à l'acuponcture.

Si elle est vraiment en mesure de bouger comme elle en est capable, elle devrait se rendre loin au cours des deux prochaines semaines, surtout face à un plateau privé de la triple championne Serena Williams et de la double gagnante Justine Henin, toutes deux absentes en raison de blessures.

«Parce que Serena et Henin n'y sont pas, le tableau féminin est grand ouvert», a indiqué l'analyste de CBS John McEnroe, vainqueur de sept tournois du Grand Chelem. «Kim a fait ce qu'elle devait faire pour être en bonne position pour défendre son titre.»

Puisqu'elle a déjà quitté le tennis une fois, il n'est pas clair pour combien de temps encore elle continuera à défendre ses titres, même pour elle. Clijsters a dit espérer jouer jusqu'aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, où le tournoi de tennis aura lieu au All England Club, site du prestigieux tournoi de Wimbledon.

«Je n'ai jamais joué aux Olympiques et c'est une chose que je voudrais essayer. Mais d'un autre côté, on veut aussi avoir plus d'enfants, dit-elle en riant. Alors nous verrons.»