«C'est incroyable: mon hôtel est sur les Champs Élysées, avec plein de boutiques et de restos chics autour. Il fait beau, je suis en forme, de bonne humeur...»

Michel Marois LA PRESSE

Un an après avoir atteint le troisième tour des Internationaux de tennis de France à Roland-Garros, Aleksandra Wozniak est de retour à Paris. Et la vie est belle pour la jeune femme de 21 ans. En un an, elle a gagné près de 100 places au classement de la WTA et elle pointe actuellement au 24e rang.

Jeudi, en fin de journée, c'est de la «plus belle avenue du monde» qu'elle nous a parlé, après une bonne séance d'entraînement à Roland-Garros. Ces quelques jours de préparation dans des conditions idéales arrivent juste au bon moment pour Aleksandra.

«La vie de joueuse professionnelle n'est pas de tout repos, rappelle-t-elle. On est toujours dans nos valises, entre deux matchs ou deux avions. Et les filles du top 50 sont obligées de prendre part à certains tournois, ce qui m'oblige à voyager encore plus.»

Depuis le début de l'année, elle n'a guère été à la maison. «Après une longue série de tournois en février et mars, je n'ai passé que trois jours chez moi avant de repartir pour l'Europe. Je viens de disputer cinq tournois consécutifs et j'étais épuisée, lundi, quand je me suis inclinée au premier tour de l'Omnium de Varsovie.

«Heureusement, j'ai pu récupérer cette semaine et je me sens en pleine forme pour Roland-Garros. La terre battue est une surface qui me convient bien. C'est plus physique, les mouvements sont très importants, l'endurance aussi. Ce sont des points forts pour moi et je compte bien en profiter.»

Fidèle au rendez-vous

Cette saison, Wozniak a démontré qu'elle savait composer avec la pression des grands rendez-vous.

Avec une qualification au troisième tour du tournoi d'Indian Wells, une finale à Ponte Vedra assortie d'une victoire en demi-finale face à la première favorite, Nadia Petrova, un total de neuf victoires en simple, Wozniak a solidement pris place parmi l'élite du tennis féminin.

Mais le plus dur est devant elle.

«Je joue de plus en plus souvent contre des filles du top 20 et il faut toujours être prête, explique Aleksandra. La semaine dernière, j'étais obligée de disputer le tournoi de Madrid et je suis tombée sur Marion Bartoli. En la battant, j'ai encore gagné une place au classement mondial!»

À Roland-Garros, la Québécoise devra d'abord affronter la Roumaine Monica Niculescu, 59e joueuse mondiale. Si elle gagne, elle retrouvera l'Italienne Mara Santangelo (108e) ou une joueuse issue des qualifications.

Pour maintenir son classement actuel, Wozniak devra atteindre la troisième ronde, comme l'an dernier, et c'est là que les choses se compliqueront. Des affrontements potentiels contre l'Italienne Flavia Pennetta (14e) au troisième tour, puis un huitième de finale face à l'Américaine Serena Williams (deuxième favorite) lui offriraient la chance de grimper au classement mondial et de s'approcher de son prochain objectif.

Un top 20?

Aleksandra se retrouve aux portes du top 20 mondial et c'est de toute évidence son prochain objectif.

«J'ai atteint mon classement actuel en y allant graduellement, en grimpant une marche à la fois, rappelle-t-elle. Je ne me suis jamais laissée abattre par une défaite ou une contreperformance et je reste toujours positive.

«C'est sûr que c'est de plus en plus difficile de grimper à mesure qu'on approche du sommet de classement. Les filles sont meilleures, plus fortes, plus solides. Et celles qui sont derrière arrivent encore plus motivées quand elles nous affrontent.

«Mais j'ai envie d'aller plus haut et je crois vraiment que je peux y arriver...»

À Paris, sur les Champs Élysées, la meilleure joueuse de l'histoire du tennis québécois vit bien éveillée ses rêves d'athlète. Avec son mélange de détermination et d'espièglerie, elle est bien armée pour amorcer une nouvelle étape de sa carrière.