Le tsunami provoqué par le coronavirus qui a emporté la quasi-totalité des événements sportifs jeudi a fait une autre victime, à rebours : la Coupe du monde de ski de fond de Québec.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

L’événement a été annulé en raison du contexte international provoqué par la pandémie de la COVID-19, a confirmé l’entreprise responsable de l’organisation de l’événement.

« Tout nous portait à croire que nous aurions des courses sur les plaines ce weekend, mais la situation, ainsi que le désistement des équipes, ont évolué rapidement au cours des dernières heures. Tout ça mis ensemble, ça fait que nous avons été confrontés à un cas de force majeure, et nous avons pris la décision d’annuler l’événement », a expliqué la productrice déléguée de l’événement chez GESTEV, Marianne Pelchat.

Mme Pelchat a ajouté que GESTEV avait suivi l’évolution au fil de la journée de jeudi, qui a notamment été marquée par les forfaits de l’équipe suédoise et de l’équipe canadienne, au milieu de la nuit, pour des motifs de sécurité.

« À titre de pays hôte de la Coupe du monde de Québec, cette décision n’a pas été facile à prendre pour Nordiq Canada. Cependant, elle a été prise en solidarité avec d’autres équipes dont la Norvège, l’Allemagne, la Suède, la Finlande, la Grande Bretagne, la République tchèque et les États-Unis », a indiqué l’équipe canadienne dans son communiqué.

Ainsi, avant l’annonce officielle de l’annulation de la Coupe du monde de Québec, il ne restait plus que sept équipes en lice, sur les 13 initialement inscrites.

Mardi, l’équipe norvégienne, menée par le triple médaillé d’or olympique Johannes Hosflot Klaebo, avait annoncé qu’elle mettait un terme à saison. De son côté, l’équipe italienne avait indiqué qu’elle alignerait un seul fondeur — Federico Pellegrino — plutôt que les cinq initialement prévus. D’autres équipes ont suivi au cours des heures suivantes, mettant la table pour le retrait de l’équipe canadienne.

Des sprints en style classique masculin et féminin devaient avoir lieu samedi sur les plaintes d’Abraham, suivies le lendemain des sprints en style libre.

Ainsi, les trois dernières étapes de la Coupe du monde de ski de fond ont été annulées au cours des dernières heures, après celles de Minneapolis, au Minnesota, et Canmore, en Alberta.

En conséquence, le Russe Alexander Bolshunov a décroché le globe de cristal, remis au champion du classement général de la Coupe du monde de ski de fond. Chez les dames, c’est la Norvégienne Therese Johaug qui l’a obtenu.

De retour en 2021 ?

D’autre part, Mme Pelchat s’est défendue d’avoir trop tardé à annoncer l’annulation de l’évémement, ce qui aurait pu nuire à la sécurité des personnes impliquées à cause de la COVID-19.

« Nous n’avons jamais cessé de croire à la tenue de notre événement, et nous n’avions pas eu d’indication contraire — entre autres du gouvernement ou de la Direction de la santé publique, a-t-elle d’abord dit. Et comme on l’a vu hier (jeudi), notre événement ne tombait pas sous la règle de non-rassemblement.

« Nous avions obtenu l’autorisation d’aller de l’avant avec notre événement ; un événement extérieur, dans un grand périmètre aux plaines d’Abraham, où il fait froid et où il y a du vent, donc il n’y avait pas de contexte pour avoir des risques élevés », a-t-elle poursuivi.

Quant à savoir quelles conséquences financières auront cette décision pour GESTEV, Mme Pelchat est demeurée floue.

« Il est encore trop tôt pour m’avancer sur un bilan financier. Nous aurons un meilleur portrait de la situation dans les prochains jours, ou les prochaines semaines. C’est sûr que nous sommes dans un contexte de force majeure, donc nous reverrons le budget au moment opportun », a-t-elle évoqué.

Mme Pelchat a ajouté du même souffle que son organisation comptait de nouveau soumettre sa candidature pour l’obtention d’une étape de la Coupe du monde l’an prochain. GESTEV, qui organisait l’événement pour la cinquième année, dispose d’une entente renouvelable chaque année avec la FIS.